La deuxième éditiondu Festival Hantiboum d’Istanbul
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«Հանդիպում» (Hantiboum), ou Rencontre, c’est l’histoire d’un rassemblement, une initiative prise pour réunir les Arméniens d’Istanbul autour de divers événements afin de faire vivre la culture. Le festival porte bien son nom : c’est pour certains Arméniens une occasion de faire un premier pas vers la communauté arménienne, autant qu’une opportunité de faire découvrir la culture arménienne à d’autres communautés. En effet, les événements ont accueilli de nombreux Arméniens d’Istanbul, des Arméniens issus d’autres pays de la diaspora, mais aussi des Turcs, Kurdes et Alévis enchantés par l’initiative.

Si les événements en arménien occidental existent à Istanbul, ils touchent souvent les mêmes groupes d’individus et s’inscrivent dans une pratique limitée. C’est ainsi que l’idée du Hantiboum est née au sein de l’association Yesayan en février 2025 : Mihran Tovmasyan, fils du fondateur de l’association, propose de créer un festival regroupant les événements afin de gagner en visibilité et d’élargir la communauté arménienne. « Et nous, qui aimons tant les rêves, on a dit pourquoi pas ? » raconte Jbid Luys, membre de l’association.

« Çıplak ayaklar » de Mihran Tovmasyan
L’arménien occidental étant central dans l’identité des Arméniens d’Istanbul, la programmation, riche de 45 événements, cherche à promouvoir cet aspect-là de l’arménité tout au long du mois de mars. 18 interventions dans toutes les écoles arméniennes d’Istanbul proposent aux enfants des ateliers ludiques en arménien, animés par des intervenants originaires du monde entier. Multiplier les activités, les méthodes de transmission et les ambiances offre à la langue et à la culture une vitalité et un souffle nouveau qui permettent d’entretenir la flamme de l’arménité. Pourtant, l’arménité est une affaire intergénérationnelle et on ne s’enflamme que mieux en étant nombreux. Les organisateurs ne se sont donc pas ménagés pour cette deuxième édition : la programmation passe de 24 événements en 2025 à 45 en 2026 — concerts, expositions d’art, ateliers interactifs, cinéma, conférences — il y en a pour tous les goûts !

C’est ainsi que la première semaine s’est clôturée avec brio. La soirée de lancement de l’exposition de meydan-ը a rassemblé plus de 200 personnes autour des œuvres d’artistes arméniens. L’Ensemble Kerovpyan a envoûté par ses chants populaires une salle pleine à craquer, tandis que les ateliers de chant modal et de théâtre ont plongé une trentaine de participants dans deux univers dont ils ne voulaient plus sortir. Le concert du collectif Medz Bazar, quant à lui, a été victime de son succès : 450 billets vendus en quelques jours seulement. La queue s’est étalée à perte de vue devant la salle, et ce malgré l’ouverture d’une seconde date ! Le Roxy Club a accueilli, le temps de deux soirées, un groupe pétillant et un public uni par la musique.


Si les membres de l’association Yesayan ont été surpris par l’ampleur que prend le festival, nombreux sont ceux restés sans voix par la qualité des événements. Et bien que l’objectif d’élargir l’étendue de l’arménien occidental soit déjà atteint, la course ne s’arrête pas là. C’est avec grande hâte que le reste du programme est attendu. Et pour les curieux… le festival est documenté en articles et en images sur le site de l’association, yesayan.org. ■
Méliné JOLAKIAN
