Alen Simonian : « La Turquie est devenue l’otage de ses relations avec l’Azerbaïdjan »
Lors d’une conférence de presse accordée aux médias arméniens d’Istanbul, le président de l’Assemblée nationale arménienne a dénoncé l’entrave posée par l’Azerbaïdjan, qui userait de son lobbying et de son influence pour bloquer l’ouverture de la frontière arméno-turque.
« D’un côté, l’Azerbaïdjan négocie avec nous, et de l’autre, il empêche la Turquie d’en faire autant. C’est une situation pour le moins paradoxale. La Turquie est devenue l’otage de ces relations », a déclaré Alen Simonian, selon des propos rapportés par l’hebdomadaire Agos.
Le chef du Parlement estime par ailleurs qu’aucun obstacle majeur n’entrave le processus de normalisation entre Erevan et Ankara : « L’Arménie est prête à ouvrir la frontière, mais la Turquie ne franchit pas le pas. »
Dans ces conditions, qu’attend Ankara ? Les résultats des prochaines élections législatives arméniennes, peut-être ? M. Simonian avoue l’ignorer : « Au départ, ils affirmaient que la frontière resterait fermée tant que la question du Haut-Karabakh ne serait pas réglée. Ensuite, ils ont décrété que ce problème était résolu. Puis, ils ont mis sur la table le traité de paix arméno-azerbaïdjanais. Nous avons négocié, nous sommes tombés d’accord sur 17 points, nous avons paraphé le document et échangé des poignées de main, mais depuis, c’est le point mort. »
Rappelons qu’Alen Simonian s’était rendu à Istanbul pour participer à la 152e Assemblée de l’Union interparlementaire, en marge de laquelle il s’est entretenu avec ses homologues turc, géorgien et azerbaïdjanais. Dans le cadre de ce sommet, le président du Parlement turc avait d’ailleurs suggéré d’intégrer l’Arménie au format trilatéral existant : « Turquie-Géorgie-Azerbaïdjan ».
Cela fait maintenant quatre ans qu’Erevan et Ankara ont amorcé une énième tentative de réconciliation. Pourtant, l’engagement phare des deux parties – à savoir l’ouverture de la frontière, au moins dans un premier temps pour les ressortissants de pays tiers – reste lettre morte. Dès 2023, la partie arménienne avait fait savoir que le poste-frontière de Margara était opérationnel. En début d’année, la presse turque rapportait à son tour que le point de passage d’Alican l’était presque également. En dépit de ces signaux, aucune avancée concrète et tangible n’a été réalisée en vue d’une véritable réouverture.
