À l’approche des élections législatives en Arménie

ընտրութիւններ

Polarisation extrême et tensions selon l’OSCE/BIDDH 

Dans son rapport intermédiaire, le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE souligne que la campagne électorale arménienne se déroule dans un climat d’extrême polarisation. Les lignes de fracture s’articulent autour du processus de paix, de l’orientation géopolitique du pays, des poursuites pénales visant l’opposition, ainsi que des frictions entre le gouvernement et l’Église apostolique arménienne. Dans ce contexte, le Catholicos de tous les Arméniens, Garéguine II, a fermement condamné les « persécutions et les incarcérations infondées » de dignitaires religieux par les autorités.

Nikol Pachinian (Contrat civil) 

Lors de sa campagne, le Premier ministre a fustigé la volonté de l’opposition de renégocier le traité de paix, avertissant qu’une telle démarche conduirait inévitablement à une nouvelle guerre. Il a assuré que tous les dossiers en suspens pouvaient être réglés dans le cadre de l’Union économique eurasiatique (UEE), tout en promettant l’exemption de visas avec l’Union européenne d’ici deux ans maximum. Maniant la menace, M. Pachinian a prédit que Robert Kotcharian et Samuel Karapetian pourraient finir derrière les barreaux, tout en affirmant : « Le jour où le peuple décidera que je dois partir, je me retirerai en silence ».

Robert Kotcharian (Alliance Arménie) 

Le deuxième président de la République a accusé le pouvoir de duper la population et de délaisser la capitale en matière de grands projets. Selon lui, « voter pour Pachinian, c’est voter pour Aliyev ». Sur le plan sécuritaire, M. Kotcharian a martelé la nécessité de s’appuyer sur une armée puissante, un leadership fort et un allié de poids, reprochant au gouvernement d’avoir délibérément saboté les relations avec la Russie.

Gaguik Tsaroukian (Arménie Prospère) et l’arrestation d’Andranik Tevanian 

Le chef du parti Arménie Prospère (BHK), Gaguik Tsaroukian, qui n’a pas encore dévoilé le nom de son candidat au poste de Premier ministre, a promis l’enrichissement de la population en cas d’alternance. En parallèle, Andranik Tevanian, numéro deux sur la liste du parti, a été placé en détention pour deux mois après la levée de son immunité par la Commission électorale centrale. Le Comité d’enquête l’accuse de haute trahison et d’espionnage, affirmant qu’il aurait livré des secrets d’État à une organisation russe. M. Tevanian rejette fermement ces allégations, dénonçant une persécution politique, et bénéficie du soutien de M. Tsaroukian.

Samuel Karapetian (Arménie Forte) 

L’homme d’affaires et milliardaire, actuellement assigné à résidence, a dénoncé la vague continue d’arrestations et le climat de peur instauré par le pouvoir. Il a promis d’exonérer d’impôts les petites entreprises et d’attirer des investissements massifs. Son mouvement politique s’est également illustré par une proposition singulière : transformer la ville d’Etchmiadzine en une cité-État spirituelle autonome, sur le modèle du Vatican.