Aliev va « amnistier » les anciens dirigeants du Haut-Karabakh

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Vahram ATANESSIAN

« 1in.am », Erevan, le 30 mai 2026

Le 26 mai, l’agence azerbaïdjanaise APA a rapporté que la Cour d’appel de Bakou avait reçu l’appel de l’ancienne direction militaro-politique du Haut-Karabakh. Le site Кавказский узел [Kavkazkyi uzel- Le nœud caucasien] a été informé que Ruben Vardanian « avait refusé de faire appel ». Sa famille a expliqué aux médias que Vardanian « ne souhaitait pas légitimer le verdict illégal prononcé contre lui ». Le site web « Gazzetchi » a quant à lui rapporté que Vardanian « n’avait pas été autorisé à rencontrer l’avocat engagé par sa famille ; il lui avait été conseillé de faire part de son mécontentement ou de ses souhaits à l’avocat désigné par le tribunal ». La presse de Bakou n’a pas précisé quand, ni selon quelle procédure la Cour d’appel examinera le recours des anciens responsables du Haut-Karabakh.

Ganymed Zahidov, journaliste exilé et rédacteur en chef du journal « Azadlig », organe du Front populaire d’opposition, a publié sur son compte Facebook une lettre du prisonnier politique Bakhtiyar Hadjiev, dans laquelle ce dernier exhorte les autorités à proclamer une « large amnistie ». Il affirme qu’en la personne de ces prisonniers politiques, le gouvernement pourrait « se trouver des alliés » qui « contribueraient à l’abrogation par les États-Unis du 907e amendement ». Cet amendement, relatif à la « Loi de soutien à la liberté », a été adopté par le Congrès américain en 1992 et partiellement abrogé depuis 2001. En août dernier, le président américain Donald Trump avait suspendu son application pour une année supplémentaire. Toutefois, cet amendement demeure en vigueur et interdit notamment au gouvernement américain de vendre des armes à l’Azerbaïdjan. La presse rapporte que les États-Unis ont discuté de « questions relatives à la démocratie et aux droits de l’homme » avec les autorités azerbaïdjanaises. Des personnalités azerbaïdjanaises en exil citent un présumé « accord » conclu par l’administration Trump avec le président biélorusse, en vertu duquel des centaines de prisonniers politiques auraient été libérés en échange de la levée par les États-Unis de l’embargo sur les exportations d’engrais biélorusses.

Le lobby azerbaïdjanais à Washington œuvre depuis la fin de la « Guerre de 44 jours » à abroger le 907e amendement de la loi de soutien à la liberté, mais n’a pas encore obtenu le soutien nécessaire des parlementaires américains. On peut supposer qu’Aliev « acceptera l’accord proposé ».

L’information concernant l’examen du recours des anciens responsables du Haut-Karabakh semble plausible. La question est de savoir si leur sort sera également lié à l’abrogation du 907e amendement par le Congrès américain.

On notera qu’il y a une dizaine de jours, l’ancien ministre des Affaires étrangères du Haut-Karabakh, David Babayan, par le biais d’un message vocal avait indiqué qu’il n’avait pas reçu le verdict du tribunal à son encontre et qu’il était donc privé de son droit d’appel. Or, ces derniers jours, la Cour d’appel de Bakou a accepté d’examiner son appel ainsi que ceux d’autres personnes, à l’exception de celui de Ruben Vardanian. Juridiquement parlant, il est certes peu probable que la Cour d’appel azerbaïdjanaise réexamine le verdict du tribunal militaire, mais politiquement, cette information est intéressante, d’autant plus qu’elle a été diffusée quasiment simultanément à la visite de travail du secrétaire d’État américain Marco Rubio à Erevan.