Overtchouk : « Tout gaz livré à l’Arménie sera inévitablement d’origine russe »
Sur fond de divergences politiques et d’une tension grandissante entre Erevan et Moscou, et parmi les diverses autres menaces proférées par la Russie, la question d’une rupture de l’approvisionnement en gaz fourni à l’Arménie à des conditions préférentielles, ou d’une hausse excessive de ses tarifs, est devenue plus prégnante ces derniers temps. Dans ce contexte, les hauts responsables russes multiplient les pressions et les mises en garde à l’encontre d’Erevan.
Le vice-Premier ministre russe, Alexeï Overtchouk, a déclaré lors du journal télévisé « Vesti » qu’il n’y aurait jamais d’autre gaz en Arménie que le gaz russe, et qu’en cas d’application des prix du marché, la situation pourrait devenir extrêmement complexe pour le pays.
« Nous connaissons très bien la situation du marché du gaz. Il n’y aura jamais là-bas d’autre gaz que le gaz russe. Toute la question est seulement de savoir d’où l’Arménie recevra le gaz russe et quels intermédiaires elle paiera ». M. Overtchouk a estimé que, dans une telle hypothèse, « une situation très difficile se créerait en Arménie, ce que nous ne souhaitons pas ».
Selon M. Overtchouk, même l’Europe continue aujourd’hui de recevoir du gaz russe, tout comme par le passé. « C’est la raison pour laquelle ils n’ont qu’à regarder la carte. Qu’ils regardent quels types de gazoducs y sont opérationnels, même actuellement, et ils verront immédiatement de qui ils recevront le gaz russe. » Le vice-Premier ministre russe a ajouté qu’il convenait de prendre en compte la taxe d’exportation de 30 %, les tarifs élevés du marché, ainsi que la marge bénéficiaire des sociétés intermédiaires.
Rappelons que la Russie vend son gaz à l’Arménie au prix de 177 dollars les mille mètres cubes, tandis qu’en Europe, son coût s’élève actuellement à près de 600 dollars. Récemment, de hauts responsables russes, sous l’égide du président Vladimir Poutine, ont fréquemment mis l’accent sur cet état de fait, prévenant que si l’Arménie décidait de passer de l’Union économique eurasiatique (UEEA) à l’Union européenne, le tarif du gaz augmenterait. Face à cela, Erevan continue d’affirmer qu’il n’a aucune décision ni intention de quitter l’UEEA.
