Les présidents des États-Unis et de l’Iran signent un accord de cessez-le-feu
Trump n’exclut pas une reprise des frappes
Des responsables américains et iraniens indiquent que le président des États-Unis, Donald Trump, et le président de l’Iran, Massoud Pezechkian, ont signé numériquement un accord-cadre mettant fin à la guerre entre les deux pays.
Selon l’agence Reuters, il s’agirait du tout premier document signé conjointement par les présidents américain et iranien depuis la Révolution islamique de 1979 en Iran.
Washington et Téhéran ont également publié le texte du mémorandum d’entente. Toutefois, le président Trump a menacé de reprendre les frappes contre l’Iran si Téhéran ne respectait pas ses engagements.
« Nous les réduirons en cendres sous les bombes s’ils violent l’accord », a déclaré Donald Trump lors d’une conférence de presse en marge du sommet du G7 en France, avant d’ajouter : « Je ne veux pas que cela se produise. Je veux qu’ils respectent l’accord. »
Selon le locataire de la Maison-Blanche, il ne serait « pas juste » que Téhéran ne possède pas de missiles balistiques. Auparavant, Trump avait pourtant promis de détruire entièrement l’arsenal de missiles balistiques de l’Iran.
Depuis Téhéran, Mohammad Ghalibaf, chef de la délégation des négociateurs iraniens, a commenté le mémorandum conclu : « Tout ce que nous cherchions à obtenir par des opérations militaires, nous l’avons obtenu plusieurs fois par les négociations », a-t-il déclaré à la télévision d’État.
Le document, composé de 14 points, contourne plusieurs questions clés, telles que l’avenir du programme nucléaire iranien, laissant ce point à un futur accord global. Un délai de négociation de 60 jours a été fixé, dont le coup d’envoi sera donné vendredi en Suisse.
Selon le document, Washington et Téhéran déclarent un « cessez-le-feu immédiat et permanent » sur tous les fronts de la guerre, y compris au Liban. Les parties s’engagent à ne pas déclencher de nouvelle guerre ou d’opérations militaires l’une contre l’autre et à s’abstenir de recourir à la force ou à la menace de son utilisation.
Les deux parties s’engagent également à respecter l’intégrité territoriale et la souveraineté de chacune et à ne pas s’ingérer dans leurs affaires intérieures respectives.
Washington et Téhéran conviennent de négocier un accord final dans un délai de 60 jours. Ce délai peut être prolongé par consentement mutuel.
Les États-Unis doivent lever entièrement le blocus des ports iraniens dans un délai de 30 jours.
Concernant le détroit d’Ormuz, Téhéran s’engage à assurer, pendant 60 jours et sans droits de douane, la libre circulation des navires commerciaux du golfe Persique vers la mer d’Oman et vice versa. Le mémorandum précise que l’Iran discutera avec Oman, ainsi qu’avec d’autres États riverains du golfe Persique, de la future gestion du détroit d’Ormuz et des services maritimes.
Pour la reconstruction et le développement économique de l’Iran, les États-Unis élaboreront avec leurs partenaires régionaux un programme d’au moins 300 milliards de dollars.
Washington devra également lever les sanctions imposées à Téhéran selon un calendrier convenu. Dans l’intervalle, le département du Trésor américain suspendra temporairement les restrictions sur les exportations de produits pétroliers iraniens.
Les États-Unis rendront également accessibles les fonds et actifs iraniens gelés ou restreints. Les modalités devront être convenues séparément par les deux parties.
L’Iran réaffirme qu’il ne se dotera pas de l’arme nucléaire. Concernant les matières enrichies, Téhéran s’engage, sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à diluer au minimum ses stocks.
Jusqu’à la conclusion de l’accord final, l’Iran maintiendra le statu quo de son programme nucléaire, tandis que Washington n’imposera pas de nouvelles sanctions et ne déploiera pas de troupes supplémentaires dans la région.
Les parties établiront enfin un mécanisme conjoint pour superviser la mise en œuvre des dispositions de ce mémorandum.
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Il est manifeste que cet accord fait la part belle à l’Iran, de la première à la dernière ligne. Donald Trump paie là le prix fort d’une offensive aussi inopportune qu’absurde. Toute la question est désormais de savoir si le président américain, mû par un ego maladif et de multiples complexes, parviendra à digérer ce camouflet. Ou risque-t-il, à l’inverse, aveuglé par la soif de revanche, de s’enferrer dans une fuite en avant encore plus irrationnelle et périlleuse ?
