La menace de Moscou est précise et ciblée
Vahram ATANESSIAN
« 1in.am », Erevan, le 22 juin 2026
En Arménie, l’opposition radicale est représentée par les forces qui avaient formé le « Front de résistance et de développement de l’Artsakh » à Stepanakert en mai 2023, créant de facto une coalition politique largement soutenue par l’Église apostolique arménienne. Le fait que cette coalition ait pris fin avec un coup d’État, la dissolution du Haut-Karabakh et la déportation forcée de la population arménienne suffit à justifier le rejet de cette opposition en Arménie à trois reprises.
L’analyse politique selon laquelle le coup d’État de Stepanakert aurait dû se poursuivre à Erevan est fondamentalement fondée, mais elle n’est accessible qu’à un public averti, ou aux instances publiques. Une diffusion complète des informations à ce sujet est importante, non pas tant pour l’histoire que pour neutraliser les menaces qui pèsent aujourd’hui sur l’État arménien.
Il est indéniable que cela exige une volonté politique, un travail considérable, qui, sans aucun doute, engendrera des difficultés supplémentaires. De plus, cette volonté ne doit pas émaner du seul pouvoir. La majorité politique de l’Assemblée nationale, les partis restés relativement à l’abri de l’influence directe de Moscou et les ONG sont-ils prêts à soutenir le gouvernement dans la prise de mesures résolues pour « neutraliser la mine placée aux fondements » de l’indépendance de l’Arménie ?
« Le maintien au pouvoir du Contrat civil et l’action de Pachinian à la tête du gouvernement comportent certains risques pour la Russie. Même si elle demeure au sein de l’Union économique eurasiatique (UEE), l’Arménie se dirigera inexorablement vers l’Union européenne. Elle sera également poussée dans cette voie par la Turquie et l’Azerbaïdjan, soucieux d’étendre leur influence dans la région du Caucase du sud où l’influence russe et l’équilibre des pouvoirs évoluent rapidement », écrivait « Nezavisimaya Gazeta » trois jours après le sommet russo-turc de haut niveau tenu à Moscou et à Kazan.
Il est naïf d’espérer que la « triple opposition » arménienne cherchera des compromis avec Nikol Pachinian pour le bien de l’État.
De son côté, le gouvernement fera-t-il des concessions ?
Dans tous les cas, la menace de Moscou est précise et ciblée.
