L’Iran « redoute-t-il un mouvement de libération turcique » ?
Vahram ATANESSIAN
« 1in.am », Erevan, le 30 juillet 2026
Le ministère irakien des Affaires étrangères a appelé les « pays voisins » à respecter sa souveraineté. En effet, dans la nuit du 29 juillet, plusieurs bases appartenant à des « milices chiites » opérant en Irak avaient été prises pour cible. Selon des sources israéliennes, il s’agissait en réalité de cantonnements de « groupes armés aux ordres de l’Iran » qui auraient été visés. De son côté, le ministère irakien des affaires étrangères a qualifié les groupes militaires visés par l’attaque «d’unités légales appartenant aux forces de sécurité du pays ». On présume que « cette audacieuse attaque a été menée par l’Arabie saoudite avec le soutien des États-Unis . Un analyste militaire déclare dans le « Jerusalem Post » « qu’au moins quatre ou cinq militaires iraniens auraient été tués en Irak, dont Hapal Pour, un commandant de haut rang du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) » Selon la même source, ce dernier était le « coordinateur en chef des opérations pour les groupes militaires alignés sur l’Iran dans plusieurs provinces irakiennes ». Auparavant, les iraniens avaient annoncé une « opération spéciale contre des terroristes kurdes » sur le territoire irakien. Des responsables militaires iraniens ont annoncé que « cinq postes avancés avaient été pris et une zone tampon établie le long de la frontière » à cette occasion.
Le président américain Trump a proposé à l’Iran « une nouvelle opportunité de règlement diplomatique », bien que des experts militaires estiment qu’il redoutait d’éventuelles « mesures radicales de la part de l’Iran à l’encontre de nations alliées » dans la région.
L’Iran utilisera probablement ces nouvelles frappes de missiles contre des bases des milices chiites en Irak comme un « prétexte légitime » pour cibler des bases américaines dans les pays du golfe Persique.
Les « frappes conjointes saoudo-américaines » contre l’Irak ont fait suite à des négociations turco-irakiennes. La Turquie entend remettre en service d’anciens oléoducs et recevoir « un million de barils de pétrole par jour » depuis l’Irak. Elle prévoit également de construire un corridor de transport baptisé « Route du développement » reliant le port irakien de Bassora à Ceyhan, en guise de contre-mesure au projet de liaison entre l’Inde, la Jordanie, Israël et les ports méditerranéens. Citant des sources « proches du Premier ministre Netanyahu », Le site israélien « Vesty », a rapporté que lors d’une réunion à la Maison Blanche la veille, ce dernier « avait montré une carte au président américain et expliqué que la Turquie contrôlait déjà cinq pour cent du territoire syrien, tandis que la présence israélienne est négligeable en comparaison ».
La « pause » américaine concernant la guerre avec l’Iran, à en juger par les informations en provenance du Moyen-Orient et les commentaires qui les accompagnent, n’écarte pas la menace d’une « guerre régionale ». Bien au contraire, le conflit armé entre l’Iran et les États-Unis pourrait s’étendre à l’ensemble des pays du golfe Persique. Selon certaines sources, les États-Unis envisagent également l’option d’une « fragmentation de l’Iran de l’intérieur ».
Les relations entre Téhéran et Bakou se sont sensiblement dégradées ces derniers jours. Cette dégradation pourrait bien être liée aux inquiétudes des services de renseignement iraniens concernant un « mouvement de libération turcique » en Azerbaïdjan iranien.
