Vers un retour de l’Abkhazie à la Géorgie contre son renoncement à l’UE ?
Vahram ATANESSIAN
« 1in.am », Erevan, le 30 juillet 2026
Le 21 juillet, le gouvernement de Nauru a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. Plus d’une semaine plus tard, le « ministère des Affaires étrangères » de l’Abkhazie a publié une déclaration exprimant ses « regrets » en soulignant que « la République de Nauru subissait depuis des années des pressions constantes de la part de la Géorgie et de ses partenaires occidentaux, et que cette récente décision a été prise dans un contexte de pressions sans précédent ».
Nauru est un « micro-État » situé sur l’île du même nom, dans l’ouest de l’océan Pacifique. Son territoire ne couvre que 21 kilomètres carrés et sa population dépasse à peine les 11 000 habitants, mais il est membre des Nations unies. Nauru a reconnu l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud en 2009 et, en 2017, le président de cet état insulaire a effectué une visite officielle en Abkhazie. Outre la Russie, le Nicaragua, le Venezuela et la Syrie ont également reconnu l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Tout récemment, des informations ont circulé selon lesquelles, à la suite de la chute du régime de Bachar el-Assad, Damas aurait évoqué la possibilité de révoquer la reconnaissance de l’indépendance de l’Abkhazie, mais la Turquie l’aurait exhorté à ne pas se précipiter pour l’instant. Selon certaines informations, des Abkhazes « très influents » figurent dans le cercle restreint du président syrien par intérim, Al-Charaa. Descendants des « Abazines », une population déplacée de force du Caucase vers le territoire de l’Empire ottoman au milieu du XIXe siècle, ils militent pour l’indépendance de leur patrie historique.
Dans ce contexte, le parti au pouvoir en Géorgie s’est engagé dans un nouveau « différent » qui l’oppose à l’Union européenne. Le désaccord porte sur une initiative allemande, également soutenue par l’Italie et la France, visant à modifier le processus décisionnel de l’Union européenne en abandonnant l’exigence de consensus au profit de la règle de la majorité. À ce sujet, Nino Tsilosani, vice-présidente du Parlement géorgien, a déclaré : « Ils n’envisagent pas d’admettre des membres égaux au sein de l’UE. Il semble qu’ils aient l’intention d’accepter des « membres-esclaves », c’est-à-dire des membres sans droits, n’ayant que des obligations. ».
Nika Chitadze, professeur à l’Université internationale de la mer Noire, a déclaré au journal russe « Nezavisimaya Gazeta » que les autorités géorgiennes ont « effectivement interrompu le processus d’adhésion à l’Union européenne et préparent désormais l’opinion publique à une annonce officielle en ce sens ». M. Chitadze estime que cela se produira durant la campagne pour les élections législatives de 2028. Selon le média russe, « bien que le nombre d’eurosceptiques en Géorgie ait effectivement augmenté, 70 % de la population continue de soutenir l’intégration européenne ».
La voie de la Géorgie vers l’adhésion à l’Union européenne est inscrite dans la Constitution actuelle. Lors des élections de 2024, le parti au pouvoir, « Rêve géorgien », visait à obtenir une majorité constitutionnelle au Parlement, ce qui lui aurait permis de modifier les lois constitutionnelles, mais cet objectif est resté hors de portée.
