Vers la fin des années désastreuses de Netanyahou ?

Կատի Այզընքոթ

Gadi Eisenkot

Le président Herzog confiera dimanche à Gadi Eisenkot la mission de former le prochain gouvernement israélien

Un tournant politique se dessine en Israël. Le président Isaac Herzog a annoncé, samedi 7 novembre, qu’il confierait dès le lendemain à Gadi Eisenkot, principal chef de l’opposition et ancien général, la mission de former un nouveau gouvernement. Une décision qui fragilise davantage la position du Premier ministre sortant, Benyamin Netanyahou, sans pour autant garantir son départ du pouvoir.

Les élections législatives du 27 octobre ont privé la coalition nationaliste et religieuse de Netanyahou de sa majorité parlementaire. Son bloc a obtenu 53 des 120 sièges de la Knesset, contre 48 pour l’alliance de quatre partis conduite par Eisenkot. Les deux formations représentant principalement les citoyens arabes d’Israël ont, quant à elles, remporté 19 sièges.

Lors des consultations menées par le président Herzog, 67 députés se sont toutefois prononcés en faveur d’Eisenkot, contre 46 pour Netanyahou. Sept autres parlementaires se sont abstenus de désigner un candidat.

Ancien chef d’état-major de l’armée israélienne de 2015 à 2019, Gadi Eisenkot est entré en politique en 2022. Son parcours personnel a également marqué l’opinion : son fils et deux de ses neveux ont été tués lors des opérations militaires à Gaza.

Durant sa campagne, le dirigeant centriste a promis de réconcilier une société profondément divisée, de préserver l’indépendance de la justice et de créer une commission nationale d’enquête sur les défaillances sécuritaires ayant précédé les attaques du 7 octobre 2023. Il s’est également engagé à combattre les violences commises contre les Palestiniens par des colons israéliens en Cisjordanie occupée.

Son éventuelle arrivée au pouvoir ne signifierait cependant pas nécessairement une rupture radicale avec la politique militaire israélienne. Opposé, à ce stade, à la création d’un État palestinien, Eisenkot a fait de la fin du pouvoir du Hamas à Gaza l’une de ses priorités. Il compte également parmi les théoriciens de la doctrine militaire dite de « Dahiyé », associée à l’emploi d’une force écrasante lors de la guerre du Liban de 2006.

La constitution d’une majorité s’annonce particulièrement délicate. Si les partis arabes ont soutenu sa candidature, plusieurs formations alliées à Eisenkot refusent de gouverner avec eux. D’autres scénarios, comme un rapprochement avec les partis ultraorthodoxes ou la formation d’un gouvernement d’union nationale, se heurtent également à de profondes divergences politiques.

L’ancien général disposera de 28 jours pour réunir une majorité, avec la possibilité d’obtenir une prolongation de deux semaines.

Ainsi, si la domination politique de Benyamin Netanyahou traverse l’une de ses périodes les plus incertaines, la fin de son long règne demeure suspendue à l’issue de négociations parlementaires qui s’annoncent difficiles.