Mgr Bagrat lance un appel depuis sa prison au vice-président américain J.D. Vance : « En Arménie, l’Église est sous le feu des attaques de l’État »
L’archevêque Bagrat Galstanian, chef du mouvement « Lutte sacrée » (Srpazan Paykar), actuellement incarcéré, a adressé un appel depuis l’établissement pénitentiaire « Kentron » (prison du Centre) d’Erevan au vice-président américain J.D. Vance. Cet appel intervient en amont de la visite de M. Vance en Arménie et dans le cadre du Sommet international sur la liberté religieuse qui se tient à Washington.
224 jours en cellule
L’organisation « Christian Solidarity International » (CSI) a publié la lettre de l’Archevêque lors d’une conférence de presse tenue à Erevan le 3 février. Les représentants de l’organisation ont indiqué avoir rendu visite le jour même à l’archevêque, privé de liberté depuis déjà 224 jours. CSI, qui avait mené une mission d’enquête en Arménie en novembre 2025, continue de surveiller la situation des libertés religieuses et des prisonniers politiques dans le pays.
Une campagne coordonnée contre l’Église
Dans sa lettre, Mgr Bagrat souligne que sa détention, motivée uniquement par des paroles non violentes, fait partie d’une campagne plus large visant la direction de l’Église arménienne. Il mentionne les noms de trois autres évêques — l’archevêque Mikaël Ajapahian, l’évêque Mkrtich Proshian et l’archevêque Arshak Khatchatrian — qui ont été « soumis à des persécutions, des arrestations, des interrogatoires et des campagnes de diffamation menées au niveau de l’État sur la base d’accusations forgées de toutes pièces ». Selon l’Archevêque, ces actions visent à marginaliser l’Église en tant qu’institution indépendante et à saper son rôle historique dans la vie de la société arménienne. Il lie tout cela aux dangers menaçant la souveraineté et l’identité nationale de l’Arménie après le nettoyage ethnique et religieux des Arméniens de l’Artsakh.
« « Paix ! Paix ! », alors qu’il n’y a point de paix »
L’Archevêque écrit : « Aujourd’hui, l’Église nationale d’Arménie est de nouveau attaquée. L’Azerbaïdjan insiste sur le fait que l’Église apostolique arménienne est un « obstacle à la paix » et exige, comme condition de la paix, que l’État arménien la prive de sa capacité à jouer son rôle historique dans la vie nationale. » Il cite les paroles du prophète Jérémie : « Ils disent : « Paix ! Paix ! », alors qu’il n’y a point de paix », notant que telle est la situation actuelle en Arménie.
Trois demandes adressées au vice-président américain
L’archevêque Bagrat Galstanian demande au Sommet que les trois exigences principales suivantes soient présentées lors de la visite du vice-président américain J.D. Vance en Arménie et en Azerbaïdjan :
- Faire comprendre clairement au président de l’Azerbaïdjan et au Premier ministre de l’Arménie que les États-Unis n’acceptent pas la persécution continue contre l’Église apostolique arménienne.
- Exiger des deux dirigeants la libération des prisonniers politiques, en particulier les 20 Arméniens pris en otage à Bakou et les 4 clercs et partisans de l’Église emprisonnés en Arménie.
- Impliquer officiellement le Saint-Siège de Saint-Etchmiadzine dans le processus de paix Arménie-Azerbaïdjan en tant que partenaire de dialogue.
À la fin de la lettre, l’Archevêque demande des prières pour lui et les autres prisonniers, soulignant que l’Église arménienne a été la seule institution unissant la nation depuis des siècles et qu’elle a survécu aux persécutions perpétrées par l’Empire ottoman, l’Union soviétique et l’Azerbaïdjan.
