Moscou est mécontent d’Ankara mais évite l’escalade
Vahram ATANESSIAN
« 1in.am », Erevan, le 16 août 2026
Le ministère russe des Affaires étrangères a demandé aux États-Unis et à la Turquie de s’expliquer sur les informations faisant état de livraisons d’armes à l’Ukraine par ces pays.
Selon l’agence « RIA Novosti » Maria Zakharova, porte-parole officielle du ministère russe des Affaires étrangères, a déclaré le 15 août : « Il ne s’agit pas seulement des pertes humaines et des destructions que les autorités de Kiev cherchent à aggraver, mais aussi des graves dommages causés à nos relations bilatérales avec Washington et Ankara ».
La semaine dernière, le département d’État américain a officiellement informé le Congrès que des systèmes de lance-roquettes multiples (MLRS) et des missiles balistiques ATACMS seraient fournis à l’Ukraine à partir des stocks d’armes américains situés en Turquie, par l’intermédiaire d’entreprises privées turques, américaines et bulgares. Maria Zakharova a déclaré au sujet de l’accord entre les États-Unis, la Turquie et l’Ukraine : « Fournir des armes aux nazis ukrainiens tout en tenant un discours axé sur la paix érode inévitablement la confiance mutuelle ».
La fourniture d’armes et de renseignements à l’Ukraine par Washington n’est pas une nouveauté. Par conséquent, la cible des « reproches » concernant « l’érosion de la confiance mutuelle » et de la « rhétorique pacifique » est, selon toute vraisemblance, la Turquie. On peut déduire des propos de Mme Zakharova que Moscou cherche à éviter les complications avec Ankara, mais ne peut faire abstraction de faits patents.
Le sort du système de missiles S-400 constitue un enjeu majeur des relations russo-turques. Les États-Unis ont exigé que la Turquie les leur vende, mais une telle démarche nécessite l’accord de la Russie. Il est possible qu’une fois cet accord obtenu, la Turquie « s’abstienne » de fournir à l’Ukraine l’armement américain actuellement sur son sol.
Quoi qu’il en soit, le ton prudent du ministère russe des Affaires étrangères indique que la Russie n’a pas l’intention de tendre outre mesure ses relations avec la Turquie.
