« L’Azerbaïdjan sera le vassal soit de la Turquie, soit de l’Iran »

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Vahram ATANESSIAN

« 1in.am », Erevan, le 12 août 2026

Le 11 août, le couple au pouvoir en Azerbaïdjan s’est rendu au Nakhitchevan. A cet occasion, Ilham Aliev a « remis un drapeau de combat à l’unité « Commando » inter-armes » et a également assisté à « l’inauguration du mausolée de Momine Khatun, rénové, et du parc qui porte son nom ».

À Nakhitchevan, Aliev a évoqué le « corridor de Zanguezour », soulignant qu’une « liaison directe entre l’Azerbaïdjan et le Nakhitchevan -partie intégrante de son territoire- est un rêve de longue date qui est désormais sur le point de se concrétiser ». Aliev a également déclaré que l’autoroute Horadiz-Aghband est « presque achevée, tandis que la construction de la ligne ferroviaire peut être accélérée à tout moment, en fonction de la réalisation du tronçon situé en Arménie ».

Aliev s’est rendu au Nakhitchevan au lendemain de la publication d’une déclaration conjointe américano-arméno-azerbaïdjanaise marquant l’anniversaire des accords de Washington. Auparavant, il avait adressé un message personnel à Donald Trump et, le lendemain, il avait « échangé des amabilités » avec le président iranien. Bakou et Téhéran ont publiquement affirmé que, durant la guerre, l’Azerbaïdjan s’était « tenu aux côtés du peuple iranien frère ».

Il semble que les parties considèrent comme clos le dossier de l’« attaque de drone en provenance d’Iran » visant l’aéroport du Nakhitchevan le 5 mars. L’Azerbaïdjan a réussi à éviter de participer à une guerre contre l’Iran, une décision qui a probablement suscité la « perplexité » en Israël.

La plateforme Facebook « Iranistics » – qui opère selon toute vraisemblance sous les auspices des autorités azerbaïdjanaises – a estimé, à propos de la visite d’Aliev au Nakhitchevan, que « la dynamique des relations entre l’Iran et l’Azerbaïdjan est appelée à se développer et à se renforcer, car dans la nouvelle architecture régionale, Bakou n’a aucun intérêt à une guerre ou à un chaos impliquant des tiers ; elle privilégie au contraire sa propre stabilité. »

Pour évaluer la « cordialité » entre l’Iran et l’Azerbaïdjan, il faudra probablement attendre l’inauguration du pont sur la rivière Araxe, un projet annoncé il y a plusieurs mois. Si cet événement a lieu et se déroule de manière solennelle avec la participation des deux présidents, on pourra prudemment conclure que Téhéran et Bakou ont surmonté – sinon totalement, du moins en grande partie – le climat de méfiance mutuelle qui perdure depuis des décennies.

Dans ce contexte, la page Facebook de Lazar Jacubov, diplômé de l’Université de Haïfa, attire l’attention : « L’Azerbaïdjan a deux choix : soit devenir le vassal de la Turquie, soit celui de l’Iran, modifiant ainsi du coup le célèbre slogan « une nation, un État » ».