Poutine met en garde Aliev par ses petits rappels
Vahram ATANESSIAN
1in am, Erevan, le 21 août 2026
« Vladimir Vladimirovitch n’en aura peut-être pas l’occasion de le faire [lui-même], mais celui qui lui succédera rappellera certainement certaines choses à l’Azerbaïdjan ». Selon Fouad Gahramanli, administrateur du groupe Facebook « Novy Kurultay », Margarita Simonian a fait cette déclaration au sujet des relations russo-azerbaïdjanaises à laquelle le blogueur azerbaïdjanais a réagi avec un certain sarcasme : « Comment faut-il comprendre cela ? Simonian ne croirait donc pas à l’immortalité de Vladimir Poutine ? »
L’expert géorgien Gela Vasadzé a également commenté de son côté la récente « escalade » dans les relations russo-azerbaïdjanaises. Revenant sur le contexte de la procédure pénale engagée par le parquet azerbaïdjanais à l’encontre de trois journalistes russes[1], M. Vasadzé a affirmé avec assurance que Moscou avait « testé la réaction de Bakou et reçu en retour une réponse ferme ». Quant à la raison sous-jacente, l’expert géorgien a avancé une « hypothèse de travail », suggérant que Moscou chercherait à contrer « la proposition faite par Aliev à l’Arménie concernant la fermeture de la centrale nucléaire de Metzamor, la création d’un système énergétique unifié et l’exportation de pétrole et de gaz d’Asie centrale vers l’Europe via l’itinéraire TRIPP ».
Depuis la région du Nakhitchevan, Aliev avait évoqué la fermeture «à plus ou moins court terme» de la centrale nucléaire arménienne de Metzamor, la création d’un « système énergétique unifié » avec l’Arménie et le développement d’autres infrastructures via le TRIPP. Il s’était rendu dans la région à la suite d’une déclaration conjointe arméno-américano-azerbaïdjanaise marquant le premier anniversaire des accords conclus à Washington, ainsi que d’un entretien téléphonique et d’une lettre personnelle adressés au président américain Donald Trump. L’« hypothèse de travail » soufflée par l’expert géorgien est claire : la Géorgie nourrit des « réserves » à l’égard du TRIPP, craignant de perdre son monopole sur le transit entre l’Asie centrale, le Caucase du Sud et l’Europe. Plus spécifiquement, cela tient également à l’importance politique du maintien de l’unique liaison terrestre entre l’Arménie et la Russie[2]. Il est manifeste que la Russie perçoit le TRIPP avec hostilité.
On ne sait pas exactement ce que Margarita Simonian sous-entend lorsqu’elle affirme que « Poutine pourrait ne pas s’en charger [lui-même], mais que le prochain président russe, lui, le rappellera certainement à l’Azerbaïdjan ».
Pourquoi Poutine ne le rappelle-t-il pas à Aliev « ici et maintenant » ?
Le président russe a déclaré à maintes reprises qu’il n’y avait « plus rien à faire » au Haut-Karabakh à partir du moment où l’Arménie l’avait reconnu comme faisant partie intégrante de l’Azerbaïdjan. On ignore comment, et pourquoi, la Russie a cédé le Haut-Karabakh à Aliev. Peut-être Poutine ne peut-il pas se permettre ce rappel à Aliev parce qu’il redoute qu’on ne le lui rappelle, à lui, en retour ?
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Le célèbre col de Lars. ↑
