Les diplomates accrédités à Bakou visitent Gandzasar
Les diplomates étrangers au complexe monastique de Gantzasar
Hadjiev le déclare lui aussi « albanien »
Les représentants du corps diplomatique accrédité en Azerbaïdjan ont effectué, le 12 septembre, une visite au monastère de Gandzasar. Selon l’agence de presse APA, les diplomates se sont vu exposer l’« histoire » du monastère. L’agence azerbaïdjanaise avance que les fondations de l’église de « Ganjasar » auraient été posées par le « prince albanien Hasan Jalal » entre 1216 et 1238.
Hikmet Hadjiev, conseiller en politique étrangère du président azerbaïdjanais, a diffusé une vidéo de ce déplacement à Gandzasar et Dadivank, déclarant à son tour que « Ganjasar » et « Khudaveng » faisaient partie intégrante de l’héritage chrétien de l’« ancienne Albanie du Caucase ».
Après avoir réitéré la thèse de la fondation de Gandzasar par le « prince albanien », M. Hadjiev a affirmé que, sous couvert de restauration durant les « années d’occupation », ces deux monuments historiques auraient subi diverses interventions extérieures ayant altéré leur authenticité architecturale et leur aspect originel. Le conseiller d’Ilham Aliev a assuré que l’État azerbaïdjanais était voué à la préservation, à la protection et à la restauration des édifices historiques, culturels et religieux, indépendamment de leur origine ou de leur confession. Il a poussé le cynisme jusqu’à affirmer que l’expérience de l’Azerbaïdjan en la matière avait acquis une « reconnaissance internationale », ajoutant que son pays était prêt à partager son expertise avec d’autres nations, y compris ses voisins.

Le responsable azerbaïdjanais a également invité « les médias propageant de fausses informations et des récits déformés à ce sujet » à se rendre sur place pour constater la réalité de leurs propres yeux. « Voir, c’est croire », a-t-il martelé.

Pourtant, la réalité sur le terrain dresse un tout autre tableau. Le Saint-Siège d’Etchmiadzine et les experts en patrimoine culturel arménien n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme depuis la guerre de 2020, et plus encore depuis le nettoyage ethnique de l’Artsakh, dénonçant la destruction, l’altération et l’« albanisation » des églises, des cimetières et d’autres monuments arméniens. À titre d’exemple, l’église Kanach Zham de Chouchi a été rasée. En avril dernier, des images satellitaires ont par ailleurs confirmé la destruction de la cathédrale de la Sainte-Mère-de-Dieu et de l’église Saint-Jacques à Stepanakert, un acte que les autorités azerbaïdjanaises ont justifié en qualifiant ces lieux de culte de « symboles de l’occupation ».


D’après les images satellitaires, le cimetière historique de Chouchi a également été détruit
