Abandon de l’agenda de la justice historique et nouvelle Constitution
La conférence de presse du Premier ministre Pachinian
À l’issue de la séance du gouvernement du 26 mars, le Premier ministre Nikol Pachinian a tenu un point de presse, au cours de laquelle il a abordé plusieurs questions cruciales.
Il a déclaré qu’en tant que dirigeant de l’Arménie, il renonçait à l’agenda de la restauration de la justice historique, soulignant plutôt la nécessité de poursuivre l’instauration d’une réalité juste. Selon lui, la quête de la justice historique ne mène qu’à de nouvelles injustices, et le peuple doit désormais adopter cette nouvelle stratégie.
« Si la nouvelle Constitution n’est pas adoptée par référendum, nous en organiserons un autre »
Si la nouvelle Constitution n’est pas adoptée par voie référendaire, le Premier ministre Nikol Pachinian annonce qu’il recourra de nouveau aux urnes.
Répondant à une question de la radio Azatutyun, M. Pachinian a directement indiqué que la volonté du pouvoir de s’assurer les deux tiers des voix lors des futures élections législatives est intimement liée à l’adoption de la nouvelle Constitution.
« À cet égard, pour changer la Constitution, nous organiserons un nouveau référendum, nous irons vers notre peuple, nous lui expliquerons, nous le convaincrons et nous lui parlerons à nouveau », a ajouté le Premier ministre.
Pachinian a souligné qu’une nouvelle Loi fondamentale, exempte de toute référence à la Déclaration d’indépendance, est avant tout nécessaire à l’Arménie pour exister en tant qu’État pérenne dans la région. Le chef du gouvernement a d’ailleurs qualifié la Déclaration d’indépendance non pas de texte fondateur de l’indépendance, mais plutôt de « déclaration de conflit » (sources de conflits – « NH »).
Bakou exige que la Constitution arménienne soit modifiée et que toute référence à la Déclaration d’indépendance en soit expurgée. Pachinian avait précédemment déclaré que sa formation politique convenait que le texte de la nouvelle Constitution ne devait comporter aucune mention à ce document historique.
Le pouvoir a également fait part de son intention d’organiser le référendum constitutionnel après les élections législatives, bien qu’aucune date précise n’ait encore été fixée. Le projet de loi doit au préalable être ratifié par le Parlement ; un vote pour lequel la majorité simple ne suffit pas, l’approbation des deux tiers des députés étant requise.
Les événements de septembre 2023 en Artsakh
Évoquant les événements survenus à l’automne 2023 en Artsakh, Pachinian a indiqué que les enquêtes menées par le Conseil de sécurité révèlent que 80 à 90 % des armes et munitions présentes sur place n’ont pas été utilisées. Dès lors, les affirmations selon lesquelles une résistance a été menée « jusqu’au bout » ne correspondent pas à la réalité.
Il a accusé certains représentants de l’ancienne direction de l’Artsakh d’avoir entravé les solutions politiques et d’avoir orchestré un changement de pouvoir qui, selon lui, a précipité les événements de septembre. Le Premier ministre a également fermement condamné l’instrumentalisation du terme « génocide », appelant à mettre fin à cette surenchère pour se concentrer sur l’instauration de la paix en République d’Arménie. Il n’a pas exclu la déclassification future de données supplémentaires afin de déconstruire les « mythes » d’une résistance acharnée.
Une nouvelle stratégie de sécurité nationale
Le chef du gouvernement a par ailleurs annoncé que l’Arménie travaille à l’élaboration d’une nouvelle stratégie de sécurité nationale, le document actuellement en vigueur ayant largement perdu de sa pertinence face aux enjeux contemporains.
Une « guerre gelée » et non la paix
Rétorquant selon toute vraisemblance à la récente déclaration de Robert Kotcharian, qui affirmait que son mandat n’avait connu aucune guerre, Pachinian a martelé que l’Arménie n’a pas connu la paix jusqu’en 2020, mais qu’elle était enlisée dans une « guerre gelée ». Il a noté que ce report du conflit s’est fait au détriment de la souveraineté et du développement du pays, précisant qu’en 2016, tous les moyens de différer l’échéance militaire étaient déjà épuisés.
Enfin, le Premier ministre a dénoncé les tendances visant à maintenir le peuple arménien, et plus particulièrement les Artsakhiotes, dans un statut de « perpétuels exilés ». Selon sa conviction, les discours incessants sur un éventuel retour empêchent les citoyens de se construire une vie paisible et découlent d’une politique impérialiste et anti-arménienne, dont le but ultime est d’entraver le développement de l’Arménie en tant qu’État souverain et indépendant.
