Deux personnes interpellées à la suite d’un incident impliquant Alen Simonian
À la suite d’un incident survenu le 26 mars aux abords du Parlement et impliquant le président de l’Assemblée nationale, Alen Simonian, deux individus ont été interpellés rue Demirchyan et conduits au commissariat du district d’Arabkir.
Les motifs exacts de leur interpellation restent flous, la police refusant pour l’heure de faire le moindre commentaire. Arsen Ghukassian, proche d’un soldat porté disparu, a indiqué à Azatutyun que les personnes placées en garde à vue sont l’activiste Mikayel Margarian et Arsen Vardanian, membre du parti « Front panarménien ».
L’altercation, impliquant le président du Parlement et ponctuée d’insultes réciproques, s’est déroulée dans la rue Demirchyan. Depuis plusieurs jours, des proches de soldats disparus se rassemblent devant l’enceinte de l’Assemblée pour exiger la publication du rapport sur la guerre des 44 jours.
Une vidéo diffusée en direct sur la page Facebook de Mikayel Margarian montre que la dispute éclate au moment où le président de l’Assemblée nationale refuse de s’entretenir avec lui. Au cours de l’altercation, selon les images, des insultes à caractère sexuel sont échangées de part et d’autre.
Plus tard, le président de l’Assemblée nationale a publié une vidéo sur sa page Facebook pour clarifier la situation, qualifiant l’incident de « série de provocations ». Il a affirmé qu’après s’être entretenu avec les familles des disparus, un activiste du web de sa connaissance, accompagné d’un chef de parti, l’avait délibérément provoqué. Selon les dires de M. Simonian, il a simplement exigé de manière abrupte qu’ils gardent leurs distances, mais le jeune homme n’a pas obéi aux agents de sécurité et a proféré des insultes à caractère sexuel, auxquelles il a rétorqué, tandis que le second individu était écarté par les forces de l’ordre. Le président du Parlement a fermement condamné l’instrumentalisation de la douleur des familles de disparus par certains cercles politiques à des fins personnelles.
Auparavant, Andranik Kotcharian, président de la commission d’enquête sur les circonstances de la guerre des 44 jours, avait souligné que le rapport n’avait pas été rendu public en raison d’une décision d’Alen Simonian, et que ce document, ainsi que toutes les pièces justificatives, s’apprêtait à être transmis aux forces de l’ordre.
La commission d’enquête parlementaire sur la guerre des 44 jours avait été créée en 2022 à l’initiative du pouvoir et avait fonctionné sans la participation de l’opposition. Cette dernière l’avait boycottée d’emblée, arguant que « les responsables de la défaite ne peuvent mener une enquête objective ».
« Étant donné que le rapport de la commission d’enquête sur les circonstances de la guerre des 44 jours, en raison d’une incompatibilité de délais, est devenu juridiquement impossible à inscrire à l’ordre du jour des séances plénières, une décision a été prise, après concertation avec l’ensemble des parties prenantes juridiques, de transmettre le rapport au premier département de l’Assemblée nationale. Tout député disposant d’une habilitation de sécurité peut s’y rendre et en prendre connaissance », a fait savoir le Parlement à Azatutyun.
