L’Arménie se dit prête à élargir ses liens avec Israël

ՀՀ-Իսրայէլ

Et ce, malgré les tensions liées à la reconnaissance du génocide et à la coopération militaire avec l’Azerbaïdjan

Le ministère arménien des Affaires étrangères a félicité le gouvernement et le peuple israéliens à l’occasion de la fête de l’Indépendance du pays, exprimant sa volonté de développer les liens avec Israël, en dépit des tensions profondes et de longue date qui subsistent entre les deux parties.

Dans un message diffusé sur le réseau X, le ministère des Affaires étrangères a noté : « Nous adressons nos félicitations au gouvernement et au peuple d’Israël à l’occasion du Jour de l’Indépendance. L’Arménie est prête à élargir les liens arméno-israéliens et à explorer de nouvelles possibilités de coopération. »

Les relations diplomatiques entre l’Arménie et Israël ont été établies le 4 avril 1992. En décembre 2021, Arman Hakobian a été nommé ambassadeur d’Arménie en Israël, avec résidence à Tel-Aviv.

Depuis l’établissement de ces relations, les liens sont restés globalement prudents et parfois tendus. La principale source de crispation a été la vaste coopération militaire d’Israël avec l’Azerbaïdjan, incluant des ventes massives d’armes s’élevant à des milliards de dollars.

Pour de nombreux Arméniens, cela demeure un problème central. Depuis de nombreuses années, Israël est l’un des principaux fournisseurs d’armes de l’Azerbaïdjan, livrant des munitions sophistiquées à un régime qui a recouru à la force contre les Arméniens à de multiples reprises. Du point de vue arménien, le partenariat de défense approfondi d’Israël avec Bakou n’est pas une simple question géopolitique abstraite : il est directement lié à la mort, au déplacement et à la douleur nationale des Arméniens.

Le partenariat d’Israël avec Bakou est dicté par des considérations stratégiques plus vastes, telles que la sécurisation de l’accès aux ressources énergétiques azerbaïdjanaises et le renforcement de ses positions face à l’Iran dans la région. Mais du point de vue arménien, ces intérêts ont souvent été garantis au détriment direct de la sécurité de l’Arménie, des vies arméniennes et de la justice régionale.

Un autre point de friction persistant est la position d’Israël sur le génocide des Arméniens. Le pays s’est traditionnellement abstenu de le reconnaître officiellement au niveau de l’État ; une attitude qui s’explique en partie par le souci de ne pas nuire à ses relations avec la Turquie. Cela reste une question d’une importance capitale pour la diaspora arménienne mondiale, non seulement en tant que vérité historique, mais aussi comme pierre de touche de la clarté morale, particulièrement de la part d’un État fondé par une nation ayant subi un sort similaire.

Dans le même temps, la présence arménienne séculaire à Jérusalem demeure un trait d’union culturel et historique majeur entre les deux peuples. Le quartier arménien, l’un des quatre quartiers de la vieille ville, est le cœur de la communauté arménienne depuis au moins le IVe siècle. Centré autour de la cathédrale Saint-Jacques et du Patriarcat arménien, le quartier continue de servir de centre religieux et culturel, reflétant l’héritage arménien de longue date dans la région.

Ces dernières années, cependant, des tensions sont apparues autour d’une section du quartier arménien connue sous le nom de « Pré des Vaches », en raison d’une transaction foncière très controversée. Au cœur de la discorde se trouve un bail signé entre le Patriarcat arménien et un promoteur privé, auquel les membres de la communauté arménienne locale se sont farouchement opposés.

Cette question a également pris une large dimension politique, ajoutant une nouvelle couche de sensibilité aux relations entre l’Arménie et Israël, car les inquiétudes concernant la préservation du patrimoine arménien à Jérusalem ont trouvé un écho bien au-delà de la communauté locale, touchant l’ensemble de la nation arménienne.