Nouvelle « punition » russe envers l’Arménie

Ռուսաստան զգուշացուցած

La Russie inclut l’Arménie dans la liste des pays à haut risque d’arrestation de citoyens russes à la demande des États-Unis

Nous sommes pleinement conscients de la nouvelle réalité qui s’est installée : il faut désormais, à chaque aube, s’attendre et se préparer à de nouvelles « ruses » politiques et surprises de la part de la Russie. L’objectif de cette stratégie est flagrant : infliger, par tous les moyens possibles, le maximum de dommages à l’Arménie, entraver sa marche normale et discréditer le pays sur la scène internationale. Dans les faits, tous les leviers disponibles sont actionnés pour que l’Arménie soit impérativement « sanctionnée » pour la ligne politique qu’elle a adoptée.

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Grigori Loukiantsev, directeur du département de la coopération multilatérale pour les droits de l’homme au ministère russe des Affaires étrangères, a déclaré que les citoyens russes voyageant à l’étranger devaient garder à l’esprit le risque d’être arrêtés dans des pays tiers et extradés vers les États-Unis.

« De nombreux États, et pas seulement au sein de l’Union européenne mais bien au-delà, ont certaines obligations en matière d’extradition. Tout cela doit être pris en considération au moment d’évaluer les risques encourus par les citoyens lorsqu’ils voyagent à l’étranger », a souligné M. Loukiantsev.

Le diplomate a insisté sur le fait que le ministère des Affaires étrangères ne décide pas des destinations autorisées ou interdites pour les citoyens russes. Le ministère se contente de déconseiller de se rendre dans certains pays si les citoyens estiment qu’ils pourraient rencontrer des problèmes avec les autorités américaines ou européennes.

Selon les données publiées par la diplomatie russe, parmi les pays présentant un risque élevé d’arrestation de ressortissants russes à la demande de Washington figurent la majeure partie de l’Europe et de l’Amérique latine, ainsi que l’Australie, le Canada, Israël, les Maldives, la Corée du Sud, Singapour, la Thaïlande, les Fidji, le Sri Lanka, le Libéria, le Maroc et… l’Arménie.

Parallèlement, le ministère précise que cette liste n’est pas exhaustive et qu’il existe d’autres pays ayant conclu des traités d’extradition avec les États-Unis.

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Ironie de la situation, on en viendrait presque à se dire que cette mise en garde de Moscou pourrait avoir l’effet d’un boomerang. Il y a fort à parier que les citoyens russes qui caressent depuis toujours le « rêve américain » y verront une aubaine inespérée pour tenter le tout pour le tout. Pour emprunter à nos compatriotes d’Arménie leur fameuse expression du mi ban k’anenk(« on trouvera bien un moyen / on s’arrangera ») — pur symbole de cette culture du « système D » héritée de l’époque soviétique —, ces candidats russes au départ seraient prêts à reléguer le spectre d’une arrestation et d’un passage par la case prison au second plan, pourvu qu’à la clé, ils finissent par fouler le sol de l’Eldorado américain. À ce compte-là, l’Arménie se transforme paradoxalement, pour les Russes, en l’antichambre la plus accessible pour espérer décrocher le fameux « visa » américain…