Netanyahou fait-il pression sur Erdogan pour relancer l’alliance turco-israélienne

Իսրայէլի Արտաքին գործոց նախարար

Du bon usage et de l’utilité du Génocide des Arméniens

Vahram ATANESSIAN

« 1in.am », Erevan, le 28 juin 2026

Des informations ont circulé dans la presse indiquant que Gideon Sa’ar, le ministre israélien des Affaires étrangères, « entend soumettre la question de la reconnaissance du génocide des Arméniens à un débat gouvernemental, et si une telle décision est prise, elle sera ensuite soumise à un vote du Parlement ».

La fiabilité de cette information reste incertaine[1]. Quoi qu’il en soit, les médias israéliens, turcs et azerbaïdjanais n’ont pour l’instant rien publié à ce sujet. Cela n’a toutefois pas empêché les médias arméniens de contacter le ministère arménien des Affaires étrangères « pour solliciter ses commentaires ». La réponse reçue était parfaitement adaptée à la situation : « Nous ferons un commentaire en cas de nécessité »

Des élections auront lieu en Israël dans quelques mois. Et même si l’initiative du ministre des Affaires étrangères Sa ‘ar reflète la « position du gouvernement de coalition », nul ne peut prédire quelle sera la situation politique à Jérusalem après octobre.

Pourquoi la question de la reconnaissance du génocide des Arméniens apparait-elle à ce moment précis dans l’agenda du gouvernement de coalition israélien ? La réponse semble évidente. La Turquie accuse Netanyahou de génocide à Gaza, les relations israélo-turques sont tendues et Jérusalem cherche à faire pression sur Ankara.

Explicitant la situation et les motivations du gouvernement Netanyahou, le célèbre blogueur israélien Alexander Lapshin déclare: « Il est temps que les gens comprennent qu’Israël se moque éperdument de savoir si le peuple arménien a besoin de la reconnaissance du génocide. Cette reconnaissance n’est pas faite pour les Arméniens. Et même si ces derniers suppliaient Israël de ne pas le reconnaître, Israël doit faire pression sur Erdogan, et le génocide sera reconnu de toute façon ».

Le message est formulé en termes très simples et compréhensibles, même pour « les esprits les moins éclairés ». Cependant, l’essentiel est que l’opinion publique arménienne comprenne que Netanyahou fait pression sur Erdogan pour qu’il réagisse.

Il est peu probable qu’Erdogan modifie sa position sur les questions de Gaza, de l’indépendance palestinienne, du statut historique de Jérusalem et de l’héritage ottoman.

La normalisation des relations avec l’Arménie pourrait être suspendue.

Mais dans ce cas, l’alliance israélo-turque sera-t-elle pour autant relancée ?

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  1. Au moment de la publication de ce billet, la nouvelle n’avait pas encore été confirmée.