Mary Vartanian, l’une des dernières survivantes du génocide des Arméniens, s’est éteinte à l’âge de 112 ans

Մարի Վարդանեան

Mary Vartanian, l’une des dernières rescapées du génocide des Arméniens, est décédée à l’âge de 112 ans. C’est sa petite-fille, Natalie Vartanian, qui a annoncé la nouvelle ce week-end sur sa page Facebook.

Née Mary Ouzkouchian le 17 août 1914 à Aintab, en Cilicie historique, elle a vu le jour juste avant le Génocide de 1915. Sa famille a échappé à la déportation grâce au soutien d’un parent du côté paternel, le Dr Garabed Yesayan, avec l’aide duquel la famille a pu trouver refuge à Alep au début des années 1920, abandonnant derrière elle sa maison et tous ses biens.

À Alep, elle a appris le tricot, la couture, ainsi que le tissage de tapis dans le style d’Aintab, un savoir-faire qui l’a ensuite aidée à subvenir à ses besoins. Des décennies plus tard, des échantillons de ses travaux d’aiguille ont été exposés au musée du Catholicossat de la Grande Maison de Cilicie, à Antélias.

En 1935, elle a épousé un compatriote, le violoniste et compositeur Hovhannes Vartanian, avec qui elle a eu six enfants, quatre garçons et deux filles. En 1965, la famille s’est installée à Beyrouth. Après la mort de son mari en 1969, Mary a déménagé aux États-Unis, dans la ville de Watertown (Massachusetts), où elle a vécu pendant 45 ans.

Aux États-Unis, elle a été un membre très actif de la Guilde des femmes de l’église arménienne Saint-Jacques de Watertown, obtenant même le titre de « Mère de l’année » de l’association en 1997. Demeurée dynamique jusqu’à un âge très avancé (elle a vécu de manière autonome jusqu’à 101 ans, a voyagé en Europe à 90 ans et s’est rendue à Beyrouth à 100 ans), elle répétait souvent que le secret de sa longévité résidait dans le travail acharné et la prière quotidienne, et son message principal était de ne jamais oublier le 24 avril. Rappelons qu’en avril 2024, elle avait été honorée au sein de l’assemblée législative de l’État du Massachusetts, recevant une ovation debout de la part de l’assistance.

Laissant derrière elle une nombreuse descendance d’enfants, de petits-enfants et d’arrière-petits-enfants—véritable incarnation de la pérennité de sa lignée—  dispersés à travers toute la diaspora, son décès tourne l’une des dernières pages de l’histoire de la génération ayant survécu au génocide et ayant été le témoin vivant de cette tragédie.