L’Azerbaïdjan s’attendrait à « certains développements »
Vahram ATANESSIAN
« 1in.am », Erevan, le 12 juillet 2026
Le 8 juillet, alors que le sommet de l’OTAN se tenait encore à Ankara, pour la première fois de son histoire, le Parlement européen a adopté une résolution condamnant les agissements des forces armées turques dans le nord de Chypre en 1974. Le document souligne tout particulièrement le fait que des femmes et des jeunes filles chypriotes grecques ont été victimes des « atrocités » commises par des militaires turcs.
On a révélé à la fin du mois dernier que Mme María Angela Holguín Cuéllar, Envoyée personnelle du Secrétaire général des Nations unies pour le règlement de la question chypriote, avait présenté aux parties un plan visant à réunifier l’île sous la forme d’un État fédéral. À cet égard, M. Tufan Erhürman, dirigeant du régime d’occupation turc dans le nord de Chypre[1], a déclaré que « rien n’en sortira sans le consentement de la Turquie, puissance garante ».
La résolution du Parlement européen concernant des événements survenus dans le nord de Chypre il y a plus d’un demi-siècle constitue sans aucun doute un exemple d’« exercice de soft power » à l’égard de la Turquie. Ankara a réagi avec une grande fermeté, qualifiant de « vile fabrication » les termes employés pour décrire les militaires turcs. Dans une déclaration publiée à ce sujet, le ministère turc des Affaires étrangères a accusé le Conseil de l’Europe, en particulier le Parlement européen, d’aborder la question chypriote en « s’éloignant de plus en plus des réalités historiques et de l’impartialité » [2].
Dans le même temps, citant des sources « bien informées », plusieurs médias progouvernementaux de Bakou ont rapporté que le Parlement européen, le ministère français des Affaires étrangères et des organisations de défense des droits de l’homme basées en Pologne auraient « élaboré un plan hybride anti-azerbaïdjanais sur le point d’être lancé ». Dans ce cadre, « les institutions européennes prévoiraient de mettre en avant » les questions relatives au retour des personnes déplacées d’Artsakh, aux prisonniers politiques en Azerbaïdjan et à la protection des droits de l’ancienne direction politico-militaire du Haut-Karabakh. Le commentateur du site « Minval Politika » en déduit que « La guerre hybride exige une réponse hybride, et que l’Azerbaïdjan y est prêt ».
Dans ce contexte, la tournée effectuée le 11 juillet par Ilham Aliev dans plusieurs localités du Haut-Karabakh occupé retient l’attention. Dans le village de Hin Chen (Berdadzor), il a déclaré aux « colons » qu’il espérait qu’il ne serait plus nécessaire de recourir au «poing d’acier »[3] tandis que dans la ville de Djardar du district de Martuni, il a affirmé que l’Azerbaïdjan est un « pays fort doté d’une armée puissante, et que plus personne ne pourra jamais faire du mal au peuple azerbaïdjanais »[4]. Le même jour, il a été rapporté que le ministre azerbaïdjanais de la défense, M. Hasanov[5], s’était rendu en Turquie.
Il semblerait qu’en Azerbaïdjan, on s’attende « à certains développements » découlant de décisions qui devraient être prises en Turquie.
Commentant les résultats du sommet de l’OTAN, journaliste du « Jerusalem Post » a fait remarquer que le président américain n’avait pas désigné Erdoğan «superviseur de la région » …
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Le prétendu « président de la République turque de Chypre ». ↑
https://www.aa.com.tr/fr/turkiye/turkiye-cevdet-yilmaz-rejette-la-résolution-du-parlement-européen-sur-lopération-de-paix-à-chypre/3994408 ↑
Déclenchée le 27 septembre 2020, l’opération Poing d’Acier (Dəmir Yumruq əməliyyatı) avait conduit au déclenchement de la « Guerre des 44 jours ». ↑
https://azertag.az/fr/xeber/ilham_aliyev__notre_etat_est_fort_notre_armee_est_forte_notre_volonte_est_inebranlable-4313169 ↑
Zakir Asker oghlu Hasanov, ministre de la défense depuis le 22 octobre 2013. ↑
