Aliev a franchi la « ligne rouge » dans ses relations avec Poutine

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La Russie court-elle désormais vers une défaite définitive ?

Vahram ATANESSIAN

« 1in.am », le 13 juillet 2026

Le 13 juillet, Ilham Aliev a assisté à l’ouverture du « Quatrième Forum mondial des médias » dans la ville occupée de Chouchi et a prononcé un long discours devant les participants. Plusieurs « aveux » ressortent de cette intervention.

Aliev a d’abord souligné que les relations entre la Turquie et l’Azerbaïdjan sont « sans équivalent dans le monde » et a insisté sur le fait qu’à la suite de la signature de la « Déclaration de Choucha » en 2021, les deux pays sont « non seulement des frères, mais également des alliés ». Il a ensuite déclaré publiquement, pour la première fois, que des « guerres » se déroulent « aux frontières sud et nord de l’Azerbaïdjan », faisant clairement référence aux conflits armés russo-ukrainien et irano-américain. Il a également, pour la première fois, déclaré publiquement que l’Ukraine « ne doit jamais se résigner à l’occupation » et a affirmé que l’Azerbaïdjan soutiendrait sans relâche sa souveraineté et son intégrité territoriale.

Concernant l’Iran, Aliev a fait remarquer que si l’Azerbaïdjan prône la solidarité islamique, il se heurte malheureusement trop souvent à des « critiques infondées ». Il semble qu’« aucun terrain d’entente n’ait été trouvé » dans les relations irano-azerbaïdjanaises. Aliev a ainsi clairement indiqué qu’il était favorable à une réconciliation entre l’Iran et les États-Unis, mais qu’il ne soutient pas, et ne soutiendra jamais, la position officielle de Téhéran.

Selon toute évidence, il a fait cette « révélation » pour s’attirer les bonnes grâces du président américain Donald Trump. Aliev a souligné à plusieurs reprises que, contrairement à Biden, Trump est un « partisan de la paix ». Dans ce contexte, il a de nouveau évoqué l’« injustice » que représente la section 907 du « Freedom Support Act », insistant sur le fait que cet amendement « anti-azerbaïdjanais » avait été adopté en 1992 avec l’aide de Joe Biden, alors sénateur démocrate.

Il ne fait aucun doute qu’Aliev envisage cette question cruciale sous l’angle des relations entre les États-Unis et la Turquie. Selon sa logique, si la Turquie et l’Azerbaïdjan sont « non seulement des frères, mais également des alliés », alors la levée des sanctions américaines contre Ankara devrait également s’étendre à la section 907. Il convient de noter que cette loi, adoptée par le Congrès américain, désigne l’Azerbaïdjan comme un pays ayant mené une guerre contre le Haut-Karabakh et imposé un blocus à l’Arménie, des agissements incompatibles avec le statut d’allié des États-Unis.

Aliev a aussi déclaré que l’Azerbaïdjan « répondait aux critères d’un pays de taille moyenne ». Bien que cet avis ne corresponde en rien à la réalité, il révèle son objectif : pris en étau entre l’Iran et la Russie, il cherche à nouer une alliance stratégique avec les États-Unis et à garantir la sécurité à long terme de l’Azerbaïdjan. Déterminer quels contrepoids ou mécanismes d’équilibrage l’Arménie possède, ou pourrait acquérir, constitue donc le défi majeur des années à venir.

Pour l’heure, on peut affirmer que le 13 juillet, Ilham Aliev a « franchi la ligne rouge » dans ses relations avec Vladimir Poutine.

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