Les otages arméniens de Bakou et la tragi-comédie de la presse azerbaïdjanaise

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Le caractère « autoritaire », voire dictatorial, du pouvoir azerbaïdjanais ne fait aucun doute à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières de ce pays. Les nombreux rapports d’organisation de défense des droits de l’homme et de la presse le placent, années après années, dans la liste des pays les moins démocratiques, où l’on observe de nombreux cas d’arrestations et de détentions arbitraires, de violation des droits de la défense[1]. Ces entorses à la démocratie et violations des droits de l’homme ne se limitent cependant pas au seul territoire azerbaïdjanais mais ils dépassent les frontière du pays pour atteindre les opposants au régime aliévien jusque dans de lointains pays étrangers. [2]

C’est dans ce contexte répressif permanent et généralisé que survit un semblant de presse contrôlée d’une main de fer par le pouvoir. L’un de ces media, Minval Politika, qui se présente comme un « portail azerbaïdjanais d’actualités et d’analyses en langue russe » (fondé en 2013), concoure activement au travail de la propagande du régime.

Le 12 juillet, sous la signature d’un certain Fakhri Akifoglu, est paru un article consacré à Ruben Varadanyan, détenu à Bakou depuis bientôt trois ans avec 18 autres responsables de la République d’Artsakh. Nous le publions dans son intégralité. Son ton et les formulations utilisées – l’auteur de l’article attribue par exemple à « la presse internationale » l’appellation de « tribunal de Nuremberg » au procès des otages arméniens de Bakou- sont malheureusement l’illustration de la « tragi-comédie » permanente que représente la presse de ce pays.

Gorune

Le « martyr » Vardanian en quête de « justice » en Europe

L’issue devant la CEDH est d’ores et déjà prévisible

La frénésie de propagande entourant les criminels de guerre arméniens, figures de ce que la presse nationale a qualifié à juste titre de « procès de Nuremberg » azerbaïdjanais, a pris une nouvelle tournure. Toutefois, les partisans des dirigeants de la junte du Karabakh, condamnés à Bakou pour des chefs d’accusation graves en vertu du Code pénal azerbaïdjanais, n’ont jamais cessé leurs activités. L’agitation autour de leurs dossiers retombe périodiquement pour reprendre de plus belle, s’accompagnant de nouvelles déclarations et d’appels adressés à diverses instances internationales.

Cette fois, c’est Siranouch Sahakian, la prétendue représentante des intérêts des criminels de guerre arméniens auprès de la CEDH[3], qui a lancé une nouvelle initiative inutile. Selon elle, le cas de Ruben Vardanian sera bientôt soumis à la Cour européenne des droits de l’homme.

Mme Sahakian a annoncé « Nous avons pris cette décision notamment parce que nous ne considérons pas la Cour d’appel comme un mécanisme efficace », et M. Vardanian a également déclaré publiquement « qu’il n’avait pas l’intention de faire appel ».

Soulignons d’emblée que le refus de Vardanian de faire appel ne découle pas d’une prise de conscience de la gravité des crimes qu’il a commis, des crimes pour lesquels la peine ne serait allégée ni devant les tribunaux azerbaïdjanais ni devant ceux de n’importe quelle nation civilisée. La réalité est bien plus simple : cet individu, dont les activités criminelles ont laissé des traces non seulement en Azerbaïdjan, mais aussi en Ukraine et même en Occident, cherche à se forger une aura de martyr grâce à ce refus. Il veut dire : « Regardez, ce que j’endure au nom de la vérité », une posture qui s’apparente à une parodie pathétique de figures telles que Martin Luther King et Nelson Mandela.

Une telle farce incite ses partisans, en Arménie, en Europe, aux États-Unis et même en Russie, à entreprendre de nouveaux « exploits » pour sauver Vardanian, un criminel qui n’a rien d’ordinaire. Ils persistent dans leurs tentatives vaines et refusent de renoncer à l’espoir irréaliste d’obtenir la libération de Ruben Vardanian.

Une petite remarque s’impose ici. Avez-vous remarqué que diverses organisations, des instances européennes, des députés européens et certains membres du Congrès américain élèvent la voix uniquement pour défendre Ruben Vardanian, alors que ses complices sont traités comme de simples « faire-valoirs» ? Et ce n’est nullement parce qu’il jouit d’une stature internationale, bien qu’une poignée de politiciens corrompus l’aient proposé pour le prix Nobel et le prix Václav Havel. Non, c’est tout simplement parce que les « trésors de guerre » des autres criminels font pâle figure face à côté de la fortune qu’il a amassée par des moyens criminels. Or, comme le dit l’adage, c’est celui qui paie qui commande.

Mais revenons aux efforts de Sahakian et des autres admirateurs des talents criminels de Vardanian, qui entendent orienter le « procès de Nuremberg » vers des « voies juridiques européennes ». Certes, sur le plan formel, en tant que membre du Conseil de l’Europe, l’Azerbaïdjan est tenu de respecter les obligations découlant des traités internationaux. Toutefois, il convient d’apporter une nuance importante : les relations entre Bakou et plusieurs institutions européennes sont restées tendues ces dernières années, et ce, entièrement par la faute des Européens « civilisés ».

Cela pose une question : qu’espèrent obtenir Sahakian et ses associés en annonçant avec jubilation que le cas de Vardanian sera porté devant la CEDH ? S’attendent-ils à ce que Bakou se précipite pour appliquer un arrêt de la Cour ?

Il ne fait aucun doute que l’Europe «démocratique» tranchera inévitablement en faveur de l’homme « injustement condamné ». On peut même supposer que le verdict de la CEDH sera rendu à une vitesse record, alors même que les procédures au sein de cette institution prennent généralement des années. Mais l’argent a le dernier mot, du moins lorsqu’il s’agit d’éléments corrompus en Europe.

Il ne s’agit pas là de simple rhétorique, c’est une conclusion tirée de l’attitude partiale, voire parfois hostile, des organisations européennes à l’égard de l’Azerbaïdjan.

L’Azerbaïdjan a souligné à maintes reprises le caractère politique de certaines décisions et déclarations des institutions européennes concernant le pays. Compte tenu du fait que de nombreuses instances européennes ont été impliquées dans des scandales de corruption, que certains députés européens restent à la botte du tristement célèbre Luis Ocampo et que notre pays a fréquemment fait face à des résolutions anti-azerbaïdjanaises violant le droit international, il serait d’une extrême naïveté de croire que la CEDH est restée à l’abri d’un tel parti pris politique[4].

Un exemple récent suffit : l’arrêt rendu par la CEDH concernant l’affaire du commandant Hayk Toroyan, des forces armées arméniennes, tué lors des hostilités d’avril 2016. Il convient de noter que le texte de l’arrêt abondait en termes tels que « ligne de contact entre l’Azerbaïdjan et la RHK[5] », « armées », « autorités », « procureur général » et « médiateur » de l’ancien régime séparatiste, entre autres.

Cet exemple suffit à lui seul à démontrer que l’arrêt de la CEDH ne reposait pas sur des fondements juridiques mais était motivé par des considérations politiques. Par conséquent, et cela mérite d’être répété, l’issue de la décision de la CEDH dans l’affaire Vardanian est d’ores et déjà prévisible.

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  1. https://www.amnesty.fr/pays/azerbaidjan/

  2. Voir : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/secrets-d-info/secrets-d-info-du-samedi-25-janvier-2025-7167399 / https://www.snj.fr/apres-trois-tentatives-dassassinat-un-journaliste-azerbaidjanais-en-exil-interdit-dinterviews-au

  3. Cour européenne des Droits de l’homme.

  4. L’auteur de l’article parle naturellement en connaissance de cause puisque son pays apparait très régulièrement dans des affaires de corruptions, de « pots de vin », dans certains parlements nationaux et dans les instances européennes. On peut même sans se tromper affirmer qu’ils occupent des places de choix dans les palmarès mondiaux de la corruption. Voir, par exemple : https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/09/04/diplomatie-du-caviar-comment-l-azerbaidjan-s-offre-l-amitie-de-responsable-politiques-europeens_5180962_3216.html?srsltid=AfmBOoofcrjsm7ywWZI6AOXgNr-xRbyP3e1TKxkXc1Ii6wAdN2Z4L11i et. https://auvio.rtbf.be/live/la-caviar-connection-551500

  5. La République du Haut-Karabakh.