À l’occasion de son 17e anniversaire : « Nor Haratch – Nouvel élan »

Editorial

À l’occasion du 17e anniversaire de Nor Haratch, nous lançons sur la plateforme HelloAsso notre campagne de financement participatif 2026-2027, intitulée « Nor Haratch – Nouvel élan ». Notre objectif est d’élargir le champ d’information du journal et d’offrir un contenu plus riche. Nous voulons ainsi mieux répondre aux attentes de nos lecteurs, rendre plus largement compte de la vie culturelle arménienne en France et diffuser une information équilibrée sur les relations entre l’Arménie et la diaspora, ainsi qu’entre la France, l’Europe et l’Arménie. Nous invitons nos lecteurs à participer à cette campagne et à la faire connaître autour d’eux.

Il y a 17 ans, le 27 octobre 2009, paraissait le premier numéro de Nor Haratch. Pour beaucoup, l’initiative relevait de l’aventure. Un groupe de jeunes gens, sans grande notoriété et sans dépendre d’aucune organisation politique ou caritative, osa se présenter comme l’héritier de Haratch, surprenant même Arpik Missakian.

Vus de l’extérieur, les défis qui se dressaient devant Nor Haratch paraissaient immenses, voire insurmontables. Dans la pratique, une partie au moins d’entre eux fut surmontée plus facilement que prévu. Un cercle de mécènes restés fidèles à Haratch et d’intellectuels animés d’une conscience collective se manifesta et facilita les premiers pas du journal. Il suffisait de s’adresser à ces personnes pour qu’elles répondent présentes ; beaucoup proposèrent même spontanément leur aide. Nor Haratch doit son existence à ces figures de la communauté arménienne de France et de l’intelligentsia de la diaspora, profondément attachées à leur identité arménienne. Parmi elles figuraient des responsables d’associations pour qui l’existence d’une presse arménienne était une nécessité, notamment pour assurer la couverture des activités culturelles de la communauté.

Il y avait aussi un grand nombre de lecteurs qui avaient vécu douloureusement l’arrêt de Haratch. Pour eux, retrouver la possibilité de lire quotidiennement, en arménien, des nouvelles concernant le monde arménien fut un véritable bonheur.

Avec Nor Haratch se poursuivait la tradition de la presse indépendante de la diaspora, en arménien occidental et dans l’orthographe classique de Haratch. À cette publication s’ajoutèrent l’hebdomadaire en français NH Hebdo, puis le site Internet et les réseaux sociaux. À la naissance du journal, les conditions favorables qui avaient permis de reprendre l’héritage transmis par les anciens relevaient davantage de la bénédiction que du défi. Le véritable défi était ailleurs : avancer au rythme des temps nouveaux, intégrer les innovations technologiques au travail de la rédaction et, bien sûr, trouver les moyens de dialoguer avec la jeune génération. L’ère du numérique et des réseaux sociaux représente un défi de taille. Dans ce domaine, le travail à accomplir est immense et exige une adaptation permanente.

Au cours des trois dernières années, Nor Haratch a dû faire face aux divisions apparues parmi ses lecteurs à la suite de la dernière guerre d’Artsakh et de la perte de ce territoire. Désenchantés, des lecteurs et certains donateurs ont mis fin à leur abonnement ou à leur soutien. Mais lors d’une réunion publique à Paris, une nouvelle vague de sympathisants s’est manifestée. Encouragés par cet élan, nous avons organisé une première campagne de financement sur HelloAsso. Celle que nous lançons aujourd’hui est la troisième.

Autrefois, le journal vivait en grande partie grâce à ses lecteurs, qui couvraient près de 70 % de ses dépenses annuelles. Aujourd’hui, cette part a diminué de moitié, tandis que celle des dons a naturellement augmenté. Dans le même temps, comme chacun peut le constater au quotidien, la hausse du coût de la vie a fait doubler les dépenses. L’ancien ordre mondial vacille, un nouvel ordre est en train de naître, et l’information y occupe une place essentielle. L’information arménienne y tient elle aussi une place singulière, qu’aucun média local non arménien ne saurait occuper. Les médias d’Arménie ne peuvent pas davantage remplacer ceux de la diaspora.

L’appel de notre rédaction est simple : soutenez Nor Haratch.

J. Tch.■