Zulfugarov prédit à Aliev un sort comparable à celui de Kadhafi

Zulfugarov

Vahram ATANESSIAN

« 1in.am », Erevan, le 14 août 2026

Ces derniers mois, des journalistes azerbaïdjanais en exil et des plateformes de réseaux sociaux en Europe ont publié des données statistiques contredisant la propagande officielle qui présente l’Azerbaïdjan comme le pays leader et dominant du Caucase du Sud. Il s’agit plus précisément d’indicateurs relatifs à la croissance du PIB, au PIB par habitant, aux salaires minimums et moyens, aux pensions de retraite ainsi qu’aux aides publiques destinées aux groupes socialement vulnérables dans les pays de la région. Sur tous ces points, l’Azerbaïdjan se classe derrière la Géorgie, mais aussi derrière l’Arménie.

Les opposants politiques d’Aliev soulèvent une question très logique: « Si l’économie azerbaïdjanaise se développe et que les recettes de l’État augmentent, pourquoi la population ne profite-t-elle pas de cette prospérité ? » Prenant l’Arménie pour exemple, ils concluent que le problème réside dans la « corruption des autorités ».

Il semble que ce discours récurrent ait eu un certain impact sur l’opinion publique en Azerbaïdjan. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Tofig Zulfugarov[1], a de nouveau pris la parole sur Facebook pour « réfuter les statistiques officielles de l’Arménie ». Allant plus loin, il a qualifié de « mensongère » l’idée d’une « confrontation économique et politique entre l’Arménie et la Russie ». Zulfugarov a proposé d’aborder la question non pas d’un « point de vue économique », mais plutôt sous l’angle du lien entre la stabilité sociale et la réalisation des objectifs stratégiques de l’État, étant donné qu’« il est avéré que les « Printemps arabes » n’étaient liés qu’en apparence aux causes affichées ».

L’ancien ministre des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan est orientaliste de profession. Après avoir obtenu son diplôme à l’université de Bakou, il a servi en tant qu’« interprète militaire » dans la marine de la République démocratique du Yémen, et la référence aux « Printemps arabes » s’inscrit, selon toute vraisemblance, dans ce contexte. En fait, il laisse entendre que la situation sociale actuelle en Azerbaïdjan « pourrait déclencher une grogne de la société civile ».

La mort brutale de Kadhafi, dirigeant de longue date de la Libye, a été l’un des symboles des « Printemps arabes ». Kadhafi avait pourtant bénéficié du soutien de dirigeants issus non seulement de l’U.R.S.S., puis de la Russie, mais aussi des nations occidentales. Pourtant, au moment décisif, tous l’ont abandonné.

Zulfugarov faisait-il allusion à cette situation en s’adressant à Aliev ?

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  1. Ministre des Affaires étrangères de Heydar Aliev de mars 1998 à octobre 1999.