L’Ayatollah Khamenei accuse sévèrement Trump et condamne le « complot américain »

En Iran, après trois semaines d’une situation chaotique, de manifestations massives et de violences terribles exercées pour les réprimer, la situation semblait relativement calme dimanche 18 janvier, d’un point de vue général.

Cependant, parallèlement à ce calme relatif, l’état de forte tension entre Téhéran et Washington perdure.

Le Guide suprême de l’Iran, l’Ayatollah Ali Khamenei, a accusé samedi 17 janvier le président des États-Unis, Donald Trump, le tenant pour responsable des victimes enregistrées lors des récentes manifestations en Iran. « Nous tenons le président des États-Unis pour coupable des victimes, des dégâts et des accusations qu’il a portées contre la nation persane », a-t-il déclaré devant une foule de partisans lors d’un discours prononcé à l’occasion d’une fête religieuse.

« C’était un complot américain », a-t-il ajouté, précisant que « l’objectif des États-Unis est d’avaler l’Iran (…), l’objectif est de replacer l’Iran sous domination militaire, politique et économique ».

Ces dernières semaines, Donald Trump avait multiplié les menaces d’intervention. Vendredi, le chef de l’État américain a remercié le gouvernement iranien d’avoir annulé « toutes les exécutions » de manifestants, après avoir menacé Téhéran de « sérieuses conséquences » si la répression des manifestations venait à continuer.

Au moins 3 428 morts

La vague de protestation en Iran, qui avait débuté le 28 décembre, a été étouffée par une violente répression. Pour la première fois, les autorités ont publié vendredi un chiffre concernant les arrestations : environ 3 000 personnes ont été interpellées selon l’agence de presse iranienne « Tasnim », qui a cité les déclarations des responsables de la sécurité du pays ; ces derniers évoquent des « individus armés » et des « membres d’organisations terroristes ». L’un d’entre eux, entrant même dans les détails, a affirmé qu’une rétribution allant jusqu’à 3 500 dollars avait été versée, ou promise, à chaque « émeutier ».

L’organisation « Iran Human Rights » (Droits de l’homme en Iran), qui opère depuis la Norvège, fait état d’environ 20 000 arrestations et d’au moins 3 428 morts, des cas vérifiés par elle-même ou par des sources indépendantes. D’autres évaluations indiquent plus de 5 000 victimes, la coupure d’Internet en vigueur depuis le 8 janvier ayant rendu difficile le travail de vérification des organisations non gouvernementales et des médias.

Au cours de son discours, Ali Khamenei a également déclaré que les autorités devaient « briser le dos des provocateurs ». « Nous n’avons pas l’intention de mener le pays à la guerre, mais nous n’épargnerons pas les criminels nationaux (…), et pire que les criminels nationaux, les criminels internationaux : nous ne les épargnerons pas non plus », a-t-il déclaré à ses partisans.

Trump assure avoir décidé de ne pas frapper l’Iran sans influence extérieure

Le président des États-Unis, Donald Trump, a assuré qu’il avait décidé sans influence extérieure de ne pas porter de frappes militaires contre l’Iran, compte tenu du fait que Téhéran a annulé les exécutions annoncées précédemment.

« Personne ne m’a convaincu, je me suis convaincu moi-même », a déclaré le chef de la Maison-Blanche lorsque les journalistes lui ont demandé si des responsables arabes et israéliens l’avaient persuadé de ne pas recourir à une action militaire, alors qu’il menaçait d’une telle démarche depuis des jours. « L’autre jour, 800 exécutions étaient prévues, ils n’ont pendu personne. Ils ont annulé les pendaisons. Cela a eu une grande influence », a déclaré Donald Trump.

Auparavant, il avait déclaré que les États-Unis étaient « prêts et parés » à engager des actions si les autorités iraniennes tuaient les manifestants. Par la suite, il avait également averti : « nous recourrons à des mesures très fortes » s’ils pendaient les manifestants en Iran.

Avant ce commentaire de Washington, les médias américains, citant des sources régionales, avaient écrit que ces derniers jours, le Qatar, l’Arabie saoudite, Oman et l’Égypte avaient appelé l’administration Trump à ne pas attaquer l’Iran, avertissant que des actions militaires pourraient aboutir à un conflit régional plus large. Selon les mêmes sources, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, lors d’un entretien téléphonique avec Donald Trump le 15 janvier, lui avait demandé de reporter les éventuelles frappes afin qu’Israël puisse se préparer à une probable riposte iranienne.