Des responsables russes mettent en garde contre les risques d’un changement de gestion des chemins de fer arméniens
Récemment, la possibilité que le gouvernement arménien retire la gestion de ses chemins de fer à la Russie pour la confier à un autre État a suscité une vive réaction de la part de Moscou. Le secrétaire du Conseil de sécurité de la Russie, Sergueï Choïgou, et la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, ont fait des déclarations défendant le rôle de l’opérateur russe.
Selon Choïgou : « Le système ferroviaire pourrait s’effondrer du jour au lendemain »
Lors d’un entretien avec l’agence TASS, Sergueï Choïgou a déclaré que ce souhait des autorités arméniennes est une « solution irréfléchie », à cause de laquelle le système ferroviaire pourrait « s’effondrer du jour au lendemain ». Il a émis des doutes quant à la capacité d’une autre entreprise à remplacer pleinement la partie russe, qui travaille en Arménie depuis longtemps dans des conditions complexes. M. Choïgou a également mis en garde Erevan contre d’autres « décisions irréfléchies » (à l’instar de la coopération nucléaire avec les États-Unis), notant que les simples citoyens arméniens pourraient en subir les conséquences financières.

Zakharova rappelle les obligations contractuelles
Dans ce même contexte, Maria Zakharova a souligné que les chemins de fer arméniens sont sous la gestion de la compagnie des « Chemins de fer du Caucase du Sud » (SCR) depuis plus de 20 ans, et que l’entreprise remplit constamment ses obligations. « Probablement qu’à Erevan, ils ont oublié cela », a-t-elle déclaré, ajoutant que la partie russe ne prive pas l’Arménie d’opportunités concurrentielles, mais qu’au contraire, elle les crée.
Il convient de noter que les chemins de fer ont été confiés à la partie russe en 2008 pour une durée de 30 ans, avec la possibilité d’une prolongation de 10 ans. Le Premier ministre Nikol Pachinian avait précédemment déclaré qu’il préférerait qu’un pays ami de l’Arménie et de la Russie rachète les droits de gestion.
La restauration des tronçons ferroviaires menant vers la Turquie et l’Azerbaïdjan est également à l’ordre du jour. À la fin de l’année dernière, M. Pachinian avait indiqué à Vladimir Poutine que si Moscou ne réalisait pas les travaux dans des délais adéquats, l’Arménie était prête à le faire avec des fonds publics. En réponse à cette exigence, le vice-Premier ministre russe Alexeï Overtchouk a réagi positivement et s’est dit prêt à entamer des négociations. Mme Zakharova a également réitéré cette position d’Overtchouk formulée le 12 février, soulignant que la Russie restera fidèle à son engagement de restaurer les communications ferroviaires.
