Ce n’est pas ainsi que le droit au retour en Artsakh se réalisera

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Vahram ATANESSIAN

1in.am, le 21 février 2026

Le 20 février, jour de la date anniversaire du « Mouvement pour le Karabakh », les factions de l’Assemblée nationale d’Artsakh ont publié une déclaration et assuré qu’elles « feraient tout leur possible pour réaliser le droit du peuple à retourner en Artsakh ».

Les parlementaires ont passé au crible la période historique passée et ont déclaré qu’au prix de milliers de vies de « fidèles et de la lutte héroïque des enfants de notre peuple, nous… étions proches de réaliser notre rêve séculaire ainsi que celui de nos ancêtres : l’unité et l’association totale entre la Mère-patrie et l’État. »

Mais qu’est-ce qui a interrompu ce « processus cohérent » ? 

Selon les factions de l’Assemblée nationale d’Artsakh, cela a eu lieu « en raison de la politique aventuriste des autorités arméniennes actuelles, des violations flagrantes des constitutions de la République d’Arménie et de la République d’Artsakh, et des normes fondamentales du droit international ». De ce fait, les habitants d’Artsakh ont « non seulement perdu ce qu’ils avaient gagné, mais les Arméniens d’Artsakh ont également été victimes d’un nettoyage ethnique et d’un génocide, et ont tous  émigré d’Artsakh. »

Le 15 février dernier, dans une interview accordée à la célèbre chaîne de télévision française « France 24 », le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a déclaré à la communauté internationale « qu’il y avait eu plusieurs contacts avec les représentants des Arméniens du Karabakh, mais qu’en fin de compte, ils avaient préféré s’installer en Arménie ».

Par leur déclaration, les factions de l’Assemblée nationale d’Artsakh confirment qu’à la fin du mois de septembre 2023, la population d’Artsakh n’aurait  non pas été soumise à une déportation forcée, mais aurait « émigré ». Et que cela se serait produit « à la suite de la politique aventureuse des autorités arméniennes actuelles et de leurs violations flagrantes des normes fondamentales du droit international ».

Si les auteurs de cette formulation méconnaissent la dangerosité des thèses qu’ils diffusent sur la scène internationale en imputant au gouvernement arménien actuel la responsabilité de la guerre terroriste contre l’Artsakh, de la dissolution de l’État du Haut-Karabakh et de la déportation totale de la population, alors il nous faut réellement nous inquiéter de leur « niveau de culture politique ». Mais si cela a été fait volontairement, conscient que cette contre-propagande pourrait profiter aux adversaires de Nikol Pachinian et du parti Contrat civil, alors nous serions face à une instrumentalisation de la liberté d’expression de la population arménienne du Haut-Karabakh et à une tentative de la contraindre à prendre parti. 

Dans ces conditions, l’exercice du  « droit au retour » des Artsakhiotes deviendrait tout simplement impossible.