Azerbaïdjan : religion, œcuménisme et dialogue inter-religieux sous haute surveillance

la délégation avec les hiérarques catholiques

Parmi les nombreuses violations des droits de l’homme observés et dénoncés en République d’Azerbaïdjan, certaines pourraient passer inaperçues si nous nous en tenions aux apparences. Il s’agit en particulier de celles concernant la vie religieuse, dans au moins deux de ses aspects : la liberté de conscience et la liberté de culte.

Depuis l’accession d’Ilham Aliev au pouvoir en 2003, un système de propagande rigoureusement organisé et financé par la Fondation Aliev déverse dans le monde entier et de manière permanente, par le biais des multiples canaux qui sont à sa disposition, un narratif dont l’axiome principal est que l’Azerbaïdjan serait une « terre de tolérance »[1].  Conformément au récit élaboré et diffusé, ce pays serait pratiquement le seul au monde à permettre une coexistence harmonieuse de toutes les cultures et de toutes religions[2]. Mais la réalité est toute autre.

Dans ce pays dont la constitution affirme qu’il constitue un État démocratique, laïc qui repose sur la primauté du droit, mais qui est directement ou indirectement dirigé depuis près de 50 ans par la famille Aliev, l’exercice des libertés fondamentales inhérentes aux droits de l’homme relève de l’exploit.

Sur le plan religieux, le pouvoir exerce un contrôle absolu sur toutes les institutions et tous leurs responsables, indépendamment de leur appartenance confessionnelle. Ainsi, aucune structure religieuse œuvrant dans le pays, qu’elle soit musulmane ou non-musulmane, n’échappe à la mainmise de l’État. C’est le prix que les diverses confessions paient afin de pouvoir exister et développer leurs activités dans le pays. L’une des expressions manifestes de cette inféodation est la participation obligatoire de tous les responsables religieux aux grands événements nationaux comme la commémoration du « Janvier noir » qui commémore chaque année la répression par les troupes soviétiques des émeutiers auteurs du pogrom anti-arménien de janvier 1990, ou la fête de la « Victoire du 9 novembre » au terme de la « Guerre des 44 jours ».[3]

Commémoration du Janvier noir

Un exemple de l’interventionnisme de l’État : le choix du primat de l’Église russe

Comme dans l’ensemble des états modernes, en Azerbaïdjan les confessions doivent disposer de statuts enregistrés et validés par la puissance publique. La particularité de l’Azerbaïdjan est qu’au-delà cet acte de reconnaissance étatique, toutes les confessions sont strictement contrôlées dans les moindres aspects de leurs activités, qu’elles soient pastorales, éducatives ou caritatives. L’organe d’État chargé de ce contrôle est le Comité d’État des affaires avec les associations religieuses [Azərbaycan Respublikası Dini Qurumlarla İş üzrə Dövlət Komitəsi ] créé sous la présidence de Heydar Aliev le 21 juin 2001[4]. Bien que se présentant comme un pays laïc dans lequel les institutions religieuses et l’État sont strictement séparés, on peut constater que cette ingérence des autorités est omniprésente et permanente.

Elle a par exemple été flagrante durant le long processus de nomination d’un nouveau primat pour le diocèse de l’Église orthodoxe russe du pays depuis 2021, l’année du décès de l’archevêque Alexandre Ishchein, jusqu’en 2024[5], date à laquelle était enfin nommé un nouveau primat. Durant ce long laps de temps la vie du diocèse a été marquée par une lutte sourde entre deux factions opposées. Elle opposait, et continue toujours d’opposer, deux groupes. Le premier est celui que l’on pourrait qualifier de « Russo-azerbaïdjanais », c’est dire des fidèles russes nés en Azerbaïdjan et entièrement dévoués au pouvoir, le deuxième, celui de ceux que l’on pourrait caractériser de « légitimistes » fidèles partisans du Patriarcat de Moscou et par extension, de l’État russe.

S’opposent donc ici deux visions diamétralement opposées de la place et du rôle de l’Église russe dans la vie du pays. La première est celle des autorités de Bakou qui considèrent que toutes les structures religieuses présentes dans le pays doivent agir dans le cadre strictement établi par l’État azerbaïdjanais, sans aucune affiliation à un siège extérieur au pays. La deuxième est celle de l’Église de Russie qui considère que tous ses membres, indépendamment du pays dans lequel ils vivent, doivent témoigner d’une soumission absolue, voire exclusive, à l’Église et à l’État russes. Ce débat n’est pas sans rappeler la lutte qui se développa en France entre les Ultramontains et les Gallicans du 17e au 19e siècle, à la différence notable qu’il se produit dans ce cas précis dans un État tiers. L’une des principales figures dans ce débat qui ressemble en réalité bien plus à une véritable lutte, est l’évêque Alexis Nikonorov. Durant toute la période de vacance du siège primatial de l’Église russe d’Azerbaïdjan, ce dernier a été le « champion » déclaré de l’État azerbaïdjanais. Cette candidature était d’autant plus souhaitée par Bakou que l’archimandrite, puis évêque, Nikonorov apporte depuis de nombreuses années son concours à la propagande anti-arménienne de l’Azerbaïdjan sous couvert de « travaux scientifiques » de nature historique ou théologique. Ce dernier n’hésitait également pas à manifester son soutien aux autorités sous des formes plus directes et plus agressives [6]. `

Évêque Alexis Nikonorov

Le 27 décembre 2023, par décision du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe, le hiéromoine Philaret Tikhonov, originaire du diocèse de Kolomna (région de Moscou), était présenté comme le nouvel évêque de Bakou sur le site du patriarcat de Moscou. Mais rapidement, celui-ci était écarté du siège épiscopal de la capitale azerbaïdjanaise. On apprit un peu plus tard que sa nomination avait été annulée en raison d’hypothétiques « origines arméniennes ». On peut légitimement penser que le parti pro-régime de la communauté russe d’Azerbaïdjan qui avait pour candidat l’évêque Nikonorov n’a pas été étranger à ce rétropédalage du patriarcat de Moscou.

Après de multiples tractations et de nouvelles manœuvres de toutes sortes, c’est finalement l’archimandrite Alexis Smirnov, un « pur produit » de l’Église de Russie, qui a été nommé à la tête du diocèse russe d’Azerbaïdjan. Au terme de cet épisode fratricide qui opposa durant plusieurs mois le clergé et les fidèles orthodoxes russes, l’évêque Nikonorov a été nommé recteur de la paroisse russe saint Paul de Malte. Une nomination qui aurait sans doute fait rêver d’autres ecclésiastiques, mais il n’est pas interdit d’interpréter le déplacement de ce clerc entièrement dévoué à Bakou sur cet archipel de la mer Méditerranée comme une forme d’exil sur le mode « île d’Elbe ».

Cet épisode, s’il avait lieu ces derniers mois, n’aurait sans doute pas connu le même épilogue. Il semblerait qu’encouragé par la récente dégradation des relations entre Bakou et Moscou, l’évêque Nikonorov cherche à reprendre l’offensive pour faire destituer l’évêque Alexis et prendre la tête du diocèse russe. Cette nouvelle crise qui est née d’un événement qui semblait à priori n’être qu’une affaire ecclésiale d’ordre purement local, révèle en réalité une tension bien plus importante. Elle dépasse la sphère ecclésiale russe pour devenir une véritable affaire d’État pour l’Azerbaïdjan, s’inscrivant de surcroit dans la crise diplomatique qui oppose depuis plusieurs mois ce pays et la Russie.

Le choix de la langue turque au nom de l’inculturation[7]

Les Arméniens invités à leur insu dans un débat interne de l’Église russe

L’origine de cette nouvelle crise s’ancre dans une modification liturgique hautement symbolique. Le 20 décembre dernier, pour la première fois dans l’histoire de la communauté russe d’Azerbaïdjan, la Divine Liturgie [messe] a été célébrée en langue azerbaïdjanaise en la cathédrale des saintes Femmes myrophores de Bakou. La nouvelle a visiblement créé quelques remous dans la communauté russe du pays, et au-delà même de ses frontières, jusqu’en Russie. La crise précédente liée au choix d’un nouveau primat s’en est trouvée réactivée avec cette fois un enjeu liturgique puisqu’il s’agissait de renoncer au slavon, la langue liturgique de l’Église russe, pour la remplacer par le turc dans sa version azérie. Or, les deux factions allaient de nouveau s’affronter, cette fois autour de la question linguistique qui constitue un véritable enjeu qui dépasse en réalité le stricte cadre liturgique.

Sur son compte Facebook l’évêque Nikonorov relayait cette information en défendant le choix du turc azéri contre les positions du camp adverse qui étaient, selon lui, soutenues depuis la Russie par une faction appelée « Communauté russe du Haut-Karabakh ». À travers les lignes du plaidoyer de Nikonorov, on apprenait que ces Russes qui avaient quitté le Haut-Karabakh après 2023 avaient fini par s’installer dans le sud de la Russie, faute d’avoir pu s’intégrer en Azerbaïdjan[8]. Pour l’évêque Nikonorov, les membres de cette communauté seraient, en particulier par le biais des réseaux sociaux, les principaux opposants à cette réforme liturgique. Il en déduit immédiatement que ces derniers seraient inspiré et « manipulés » par l’Arménie et les Arméniens. « Chassez l’Arménien et il revient au galop » pourrait être sa devise.

L’œcuménisme et le dialogue inter-religieux au service de la diplomatie de Bakou

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Ilham Aliev, tous les responsables religieux du pays ont été enrôlés dans un véritable « kit » créé pour servir sa propagande. Ce « kit des religieux » est largement utilisé, et de manière permanente, dans le cadre du « soft-power » azerbaïdjanais pour des fins internes, comme dans le cadre des relations diplomatiques, ou du dialogue inter-religieux.

Sa composition englobe les évêques Alexis Smirnov, primat du diocèse de l’Église orthodoxe russe, Vladimir Fekete, ordinaire de la préfecture apostolique de l’Église catholique romaine, Robert Mobili, un laïc auto-proclamé « président » de la « Communauté chrétienne albanienne des Oudis  d’Azerbaïdjan», les rabbins Milikh Yevdaev, de la « Communauté juive des montagnes » et Zamir Isaev, de la « Communauté juive séfarade » de Bakou. Il est présidé « de droit » par le Cheikh ul-Islam Allahchukur Pachazadé, chef religieux de l’Azerbaïdjan et des Musulmans du Caucase. Mais sa composition peut varier selon les besoins du moment, ou selon les affinités et les intérêts des uns et des autres. Plusieurs articles publiés dans « Nor Haratch » et d’autres organes de la presse arménienne évoquent régulièrement les pérégrinations de ses membres à travers le monde (Pologne, Vatican, France, États-Unis d’Amérique, Russie).Très récemment, au mois de janvier et de février, cet outil de la propagande azerbaidjanaise a de nouveau été utilisé à Bakou à l’occasion de la « Semaine de prière pour l’unité des chrétiens » et au Vatican à l’occasion d’une visite de l’ensemble des chefs religieux de l’Azerbaïdjan.

Un œcuménisme limité et un dialogue inter-religieux tous azimuts

Depuis 1908, une « Semaine de prière pour l’unité des Chrétiens » est organisée du 18 au 25 janvier de chaque année. Comme son nom l’indique, durant toute cette période, les croyants et religieux de toutes les confessions chrétiennes sont invités à prier ensemble pour la réalisation de l’unité de l’Église du Christ. Ces célébrations ont lieu dans les lieux de culte des diverses communautés chrétiennes. À Bakou, depuis plusieurs années, cette célébration a lieu en l’église catholique sainte-vierge Marie, pour l’heure le seul lieux de culte catholique du pays[9]. Malgré les efforts de la communauté catholique et de sa hiérarchie, l’événement ne suscite visiblement pas un grand engouement parmi les chrétiens, en particulier des Russes qui constituent pourtant l’Église majoritaire à Bakou comme dans le pays. Cette absence des fidèles et ecclésiastiques russes s’explique par le refus de l’Église russe de toute forme d’œcuménisme, y compris avec l’Église apostolique arménienne qui continue d’être considérée comme hétérodoxe[10].

Cette année, cette célébration a eu lieu le 19 janvier. Comme à l’habitude, le site de l’Église catholique en Azerbaïdjan relate l’événement : « La prière commune s’est déroulée en présence de Rasim Khalilov, président de la Société biblique d’Azerbaïdjan, de Robert Mobili, chef de la communauté chrétienne albanienne des Oudis, d’Emil Panakhov, pasteur de la communauté chrétienne “Vineyard’’, de Parviz Makhmudov, chef de la communauté presbytérienne, ainsi que de responsables et de représentants des communautés chrétiennes du pays ».

Une étude rapide des photographies et des maigres nouvelles publiées à cette occasion, révèlent la présence d’une assistance très clairsemée d’environ 20 à 25 personnes[11]. Aucun représentant du diocèse russe ne figure, au moins parmi les « officiels », et aucune relation de cette célébration n’est publié sur son site officiel. La nouvelle n’est pas non plus reprise sur le site de la Société biblique qui semble par ailleurs ne plus être actualisé depuis plusieurs années[12].

Une grande absente, l’Église apostolique arménienne

Alors qu’ils constituaient la première communauté chrétienne de la ville jusqu’en 1990, les Arméniens ont aujourd’hui entièrement disparu du paysage religieux de Bakou[13] et cette année encore, les participants n’auront eu aucun mot pour eux alors que le thème et les textes de cette « Semaine de prière pour l’unité des Chrétiens » ont été choisis par l’Église d’Arménie, en collaboration avec ses partenaires catholiques et protestants. Le maigre compte-rendu de cette célébration présenté sur le site de l’Église catholique ne précise d’ailleurs pas si les textes élaborés pour être utilisés au plan mondial l’ont été à Bakou. Mais on peut légitimement en douter, ne serait-ce qu’au regard du texte introductif qui évoquait, en particulier, le sort des Arméniens du Karabakh, un sujet tabou en Azerbaïdjan[14].

Le pape reçoit les responsables religieux d’Azerbaïdjan

Visite au Vatican et rencontre avec le pape Léon XIV

Un communiqué de la Direction des Musulmans du Caucase publié le 10 février informait que « Le Cheikh ul-Islam Allahchukur Pachazadé, président de la Direction des Musulmans du Caucase, avait rencontré le 9 février au Vatican Sa Sainteté le pape Léon XIV, chef du Saint-Siège et de l’Église catholique et que cette audience s’était tenue à l’invitation personnelle du pape ». Une nouvelle fois, lors de cette visite du chef spirituel des Musulmans, ce dernier était accompagné des autres responsables religieux d’Azerbaïdjan, à l’exception de l’évêque russe qui, pour des raisons évidentes, n’avait pas fait le voyage de Rome. Parmi les membres de la délégation figurait l’incontournable Robert Mobili, le président-fondateur de la « Communauté chrétienne albanienne des Oudis » qui, outre la traditionnelle documentation consacrée à son association, remettait au Pape un tapis sur lequel figurait l’église arménienne de la sainte Mère de Dieu de Nij présentée comme une église albanienne.

Mobili le faussaire

Si on peut penser que le Souverain pontife ne connait pas dans les détails l’histoires des chrétientés du Caucase, il n’est pas interdit d’imaginer que le cardinal Gugerotti, Préfet du dicastère aux Églises orientales et arméniste de renom, présent lors de cette entrevue, aura informé le Pape de cette grossière manipulation. Cette rencontre aura également été une nouvelle occasion de mêler le spirituel et le temporel puisque, s’étant coiffé d’un double turban, le Cheikh-ul-Islam a transmis les salutations du Président Aliev au Pape en évoquant l’anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre l’Azerbaïdjan et le Vatican, tout en l’invitant à Bakou pour la consécration de la deuxième église catholique de la ville actuellement en construction[15].

La quête de la reconnaissance d’un statut canonique pour « l’Église albanienne » se poursuit

Du 15 au 20 février, une petite délégation composée de 4 ou 5 membres de la « Communauté chrétienne albanienne des Oudis d’Azerbaïdjan » conduite par ses deux principales figures, Robert Mobili, son fondateur, et Raffik Danakari, son « prédicateur »[16], s’est une nouvelle fois rendue en Turquie. Dans la ville de Mardin, ses membres ont visité le célèbre monastère syriaque orthodoxe de Deir el-Zafaran où ils ont été reçus par le métropolite de Mardin-Midyat, Mgr Saliba Özmen.

Mobili et les Syriaques

A cette occasion, une brève publiée sur le site de la communauté des Oudis rappelle « la contribution significative des Syriaques à la propagation du christianisme en Albanie caucasienne, notamment auprès du peuple oudi ». Puis elle relate la rencontre des membres de la délégation avec les religieux du monastère, indiquant « qu’au cours d’un entretien cordial, la délégation oudie a informé le métropolite des célébrations à Nij du 1700e anniversaire de l’adoption du christianisme comme religion d’État en Albanie caucasienne et de la tenue traditionnelle de la XIIe Conférence internationale sur le patrimoine chrétien de l’Église apostolique albanienne ». De son côté le métropolite Saliba Özmen a « exprimé sa profonde satisfaction face au succès de la renaissance de l’Église albanienne des Oudis dans son berceau historique…. Le métropolite a souhaité que l’Église albanienne des Oudis prospère en Azerbaïdjan, son berceau historique, en servant sa petite communauté grâce à son riche héritage ». Les responsables de l’Église arménienne apprécieront cette marque de solidarité de l’une de leurs « Église-sœurs »[17].

Plusieurs nouveautés dans cette brève. La première est que les Syriaques auraient « contribué à la propagation du christianisme en Albanie du Caucase », ce qui ne manquera sans doute pas d’intéresser les spécialistes de cette question. La deuxième est que nous devrions prochainement assister aux célébrations du « 1700e anniversaire de l’adoption du Christianisme comme religion d’État en Albanie », sans plus de précisions.

Cette visite au siège de l’une des « Églises-sœurs » de l’Église apostolique arménienne s’inscrit dans un plan plus large de démarchage auprès de toutes les Églises chrétiennes, en particulier orthodoxes et orthodoxes orientales, pour tenter de leur arracher des ordinations de clercs sans lesquelles la « Communauté chrétienne albanienne des Oudis d’Azerbaïdjan » ne pourra jamais s’organiser en Église, avec un clergé propre. Faute d’obtenir des ordinations des sièges patriarcaux sollicités, cette « association » qui regroupe au plus deux ou trois cents « fidèles » ne parviendra jamais à se faire reconnaitre comme une Église autocéphale. Le rite de l’Église d’Albanétie, ou d’Albanie du Caucase, ayant disparu, on peut d’ailleurs se demander quelle est la valeur des « célébrations liturgiques » régulièrement organisées par cette association dans les lieux de cultes arméniens qu’elle a investis dans le village de Nij où résident les derniers représentants chrétiens de l’ethnie oudie en Azerbaïdjan.

Pour compléter cet état des lieux de l’activité des responsables religieux d’Azerbaïdjan, on notera que le « Centre international du multiculturalisme de Bakou » vient de publier une nouvelle brochure intitulée « Le christianisme en Azerbaïdjan ». Les auteurs de cette publication affirment y avoir rassemblé des informations sur l’histoire du christianisme en Azerbaïdjan et l’ensemble des communautés chrétiennes présentes dans le pays. Ils assurent avoir abordés à la fois l’histoire et la situation actuelle du christianisme en Azerbaïdjan. Il serait naturellement intéressant de pouvoir accéder à cette nouvelle publication pour découvrir la place qui y est donnée à l’Église apostolique arménienne dont les fidèles constituèrent jusqu’au début des années 90 du 20e siècle, la plus importante communauté chrétienne du pays.

Sahak SUKIASYAN


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  1. L’un des auteurs de cette formule est le photographe iranien d’origine azérie Reza Deghati et son épouse Rachel, co-fondatrice de l’agence photographique Webistan. 



  2. Lire à ce sujet https://www.nouvelobs.com/monde/20150904.OBS5319/l-azerbaidjan-une-terre-de-tolerance-vraiment.html



  3. À la différence de l’Arménie, où, sauf erreur de notre part, nous n’avons jamais assisté à des démonstrations de solidarité des responsables catholique et orthodoxes lors des cérémonies d’hommage au panthéon militaire de Yerablur.



  4. Par bien des aspects, il s’apparente à son équivalent turc, la Direction des Affaires religieuses [Diyanet İşleri Başkanlığı], parfois aussi appelée Diyanet.



  5. A la suite de la disparition de la totalité des fidèles Arméniens du territoire de la République d’Azerbaïdjan, soit près de 350 000 personnes, auxquels il faut ajouter les 150 000 Arméniens du Haut-Karabakh, les Russes sont devenus la première communauté chrétienne du pays. En 1959, un demi-million de Russes étaient présents en Azerbaïdjan. Aujourd’hui l’Église orthodoxe russe compterait moins de 150 000 fidèles.



  6. https://independent.academia.edu/AndreyNikonorov / https://www.azernews.az/nation/219949.html



  7. L’inculturation désigne une nouvelle conception de l’évangélisation par laquelle le missionnaire cherche à se rendre particulièrement attentif aux mœurs, à la mentalité, à la langue et aux traditions des peuples auprès desquels il est envoyé et pour lesquels son message doit être intelligible.



  8. Cette information inédite et intéressante mériterait naturellement d’être étudiée.



  9. Cette église porte le même nom qu’un précédent sanctuaire catholique bâti en 1908 et détruit dans les années 30.



  10. À titre d’exemple, sur le site officiel du Patriarcat de Moscou, un communiqué en date du 28 janvier dernier condamnant les « persécutions » de l’Église par les autorités arméniennes est classé dans la rubrique « nouvelles inter-religieuses ». https://www.patriarchia.ru/en/article/119459



  11. https://www.catholic.az/en/archives/4169



  12. https://bibliya.az/en/news/



  13. Des 5 églises arméniennes de la ville, ne subsistent plus que la cathédrale saint Grégoire l’Illuminateur, désacralisée, et le bâtiment de la « Société philanthropique arménienne » transformé en une annexe de la bibliothèque présidentielle.



  14. Le texte introductif se terminait par ces mots : « Aujourd’hui, face à des défis tels que le conflit du Nagorno-Karabakh et le déplacement de la population de l’Artsakh, l’Église continue d’être source de force et de réconfort pour la population».



  15. Le terrain pour la construction de la deuxième église catholique à Bakou a été attribué par un décret spécial du président de la République d’Azerbaïdjan, Ilham Aliev. Selon certaines sources, son financement serait en partie assuré par l’État azerbaïdjanais par le biais de la Fondation Heydar Aliev.



  16. En l’absence de la moindre ordination, le statut de cet homme qui se présente la plupart du temps en soutane, portant une croix pectorale et une coiffe d’ecclésiastique, demeure incertain.



  17. L’Église copte orthodoxe d’Égypte, l’Église apostolique arménienne, l’Église orthodoxe syrienne d’Antioche, l’Église orthodoxe éthiopienne, l’Église malankare orthodoxe syriaque d’Inde et l’Église orthodoxe d’Érythrée se considèrent comme des « Églises-sœurs » au sein de la famille appelée des « Églises orientales orthodoxes ».