Pachinian confirme : la directrice du Musée du Génocide a été démise de ses fonctions pour avoir abordé la question de l’Artsakh et offert un livre au vice-président américain
Lors d’un bref entretien avec des journalistes le 12 mars, le Premier ministre Pachinian a officiellement confirmé avoir personnellement exigé la démission de la directrice du Musée-Institut du Génocide arménien, Edita Gzoyan.
Le Premier ministre n’a pas nié que la véritable raison de son instruction était l’évocation de la question de l’Artsakh lors de sa conversation avec le vice-président américain J.D. Vance, en visite à Tsitsernakaberd il y a environ un mois, ainsi que le fait de lui avoir offert un livre sur ce sujet.
M. Pachinian a qualifié cette démarche « d’acte de provocation » à l’encontre de la politique étrangère du gouvernement. Mettant fin aux diverses hypothèses circulant dans la presse autour de ce limogeage – dont la principale concernait la nature insatisfaisante des travaux de rénovation en cours à Tsitsernakaberd –, M. Pachinian a sévèrement critiqué l’incident, déclarant : « Oui, je lui ai demandé de présenter sa démission. À quoi rime d’offrir un ouvrage sur la question de l’Artsakh à un dignitaire étranger, alors que le Premier ministre de ce pays déclare qu’il n’y a pas de mouvement du Karabakh ? Combien de personnes s’imaginent pouvoir diriger la politique étrangère ? En Arménie, c’est le gouvernement, et lui seul, qui la mène. Tout représentant de l’État dont les propos ou les actes iront à l’encontre de cette ligne sera limogé. Sommes-nous un État ou un club d’amateurs où chacun vient tester sa créativité ? L’État obéit à sa propre logique de gouvernance, et il n’y a absolument aucune place ici pour jouer les innocents ou chercher des excuses. »
Rappelons qu’après la visite du haut dignitaire américain, la presse avait rapporté l’incident, bien que M. Vance ne soit pas entré à l’intérieur même du bâtiment du musée. Avant cette révélation officielle de M. Pachinian, le personnel du musée avait sonné l’alarme, indiquant que la directrice démissionnerait sous la pression du ministère. En signe de protestation, l’ensemble des 74 employés de l’Institut s’étaient élevés, avec une solidarité sans précédent, contre la décision de limoger Edita Gzoyan.
