Robert Kotcharian : « Ceux qui parlent de paix ont infligé… »

Քոչարեան

À deux mois et demi des élections législatives, les forces politiques se positionnent autour du « spectre de la guerre » brandi par le pouvoir. Alors que le Premier ministre Nikol Pachinian assure que la porte de la guerre est solidement fermée et que la paix est désormais instaurée, l’opposition martèle qu’elle ne souhaite pas de nouveau conflit, mais aspire à « une autre paix, plus digne ».

Le débat s’est envenimé lorsque Nikol Pachinian a déclaré que les forces dirigées par Robert Kotcharian, Samvel Karapetian et Gaguik Tsaroukian tentent de remettre en cause la paix établie entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. « Ces forces parlent de renégocier la paix et de l’imposer par la force. Cela revient non seulement à rouvrir la porte à la guerre, mais à la rendre inévitable », a souligné le Premier ministre, prévenant qu’en cas de victoire de l’opposition, un nouveau conflit pourrait éclater dès cet automne. Qualifiant les forces d’opposition d’« agents de l’étranger », il a ajouté que leur rhétorique autour de la recherche de garants de sécurité n’est qu’une manœuvre visant à introduire des soldats de la paix étrangers dans le pays.

Face à ces accusations, le deuxième président de l’Arménie et candidat au poste de Premier ministre de l’alliance « Hayastan », Robert Kotcharian, a vivement répliqué lors d’une rencontre avec des citoyens à Achtarak : « L’homme qui a plongé notre peuple dans trois guerres n’a pas le droit de prononcer le mot “paix”. Sous ma présidence, pas même un incident frontalier de moyenne envergure n’a été enregistré. L’absurdité doit aussi avoir des limites. »

Selon Robert Kotcharian, les autorités instillent délibérément la peur de la guerre au sein de la population dans le but d’extorquer des voix. « C’est la thèse la plus dangereuse, mais aussi la plus humiliante : ils terrorisent la population en agitant la menace d’Aliev », a-t-il affirmé. L’ancien chef de l’État a souligné qu’il faut tout faire pour éviter une nouvelle guerre, sans pour autant mendier la paix par des concessions unilatérales ; cela exige au contraire une diplomatie digne et une paix garantie. À ses yeux, Nikol Pachinian ne cherche pas de véritables garanties de paix, car il souhaite que celle-ci soit exclusivement liée à son propre nom et au maintien de son pouvoir.

Revenant sur les critiques de Nikol Pachinian concernant la passivité des forces de maintien de la paix russes en Artsakh, Robert Kotcharian a précisé : « Le problème n’est pas que les garants n’ont pas agi, mais que Pachinian lui-même a violé les accords. Lorsque l’Arménie a reconnu l’Artsakh comme faisant partie de l’Azerbaïdjan, l’Artsakh est devenu une entité séparatiste aux yeux de Bakou, et l’Armée de défense a été assimilée à une unité terroriste, avec toutes les lourdes conséquences que cela implique. »

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