Allahchukur Pachazadé, un « chef spirituel » à l’image de l’Azerbaïdjan des Aliev
Il est omniprésent dans tous les sommets du monde islamique, mais également auprès des responsables d’Églises comme les papes François et Léon XIV, des patriarches Bartholomée Ier de Constantinople et Cyrille Ier de Moscou, et jusqu’au cœur des instances européennes à Strasbourg. Malgré des rumeurs récentes autour d’une présumée « disgrâce » qui aurait pu entraîner sa destitution, celui qui est – depuis le décès du Catholicos Élie II de Géorgie – le dernier responsable religieux nommé à l’époque de la défunte Union soviétique, Allahchukur Pachazadé, paraît plus que jamais solidement installé à la tête de l’organisme appelé Bureau des musulmans du Caucase, en tant que « chef spirituel » des musulmans d’Azerbaïdjan et du Caucase.

L’archétype du cacique religieux soviétique
Né en 1949 dans le village de Djil, dans la région de Lenkoran (sud du pays), il serait d’origine talyche, une population appartenant au groupe des peuples iraniens vivant dans le sud-est de l’Azerbaïdjan et le nord de l’Iran.
Après avoir été initialement formé « sur le terrain » auprès de religieux de sa région, il se rend en 1968 en Ouzbékistan, où il s’inscrit à la célèbre médersa Mir-i-Arab de Boukhara, l’un des rares instituts supérieurs musulmans ouverts pendant la période soviétique. Allahchukur Pachazadé poursuit ensuite ses études à l’université d’État de Tachkent. En 1975, il regagne son pays et devient secrétaire par intérim du Bureau des musulmans de Transcaucasie. Promu cheikh, il est nommé adjoint au recteur de la célèbre mosquée Taza Pir de la capitale azerbaïdjanaise. En 1980, il est « élu » président du Bureau des musulmans du Caucase et est proclamé « Cheikh ul-Islam », un titre honorifique accordé aux érudits musulmans faisant autorité et reconnus pour leur connaissance du Coran et du droit islamique. En tant que président de cette administration, il reçoit la responsabilité spirituelle de tous les musulmans d’Azerbaïdjan, de Géorgie, du Daghestan, de Kabardino-Balkarie, d’Ingouchie, de Tchétchénie, de Karatchaïévo-Tcherkessie et d’Adyguée. Son statut est très singulier, puisqu’il est le seul dignitaire musulman au monde ayant à la fois juridiction sur les croyants chiites et sunnites.
Collectionnant les titres honorifiques, les décorations (1) et les fonctions, il est membre du conseil d’administration du Congrès islamique mondial et du Conseil islamique eurasien, secrétaire général du Centre international de Bakou pour la coopération interreligieuse et inter-civilisationnelle (2), coprésident du Conseil interreligieux de la Communauté des États indépendants (CEI), membre du Conseil musulman des sages, ainsi que du conseil d’administration du Centre international du roi Abdallah de Jordanie pour le dialogue interreligieux et interculturel. Consécration suprême : en novembre 2009, il a été inclus dans l’ouvrage intitulé « Les 500 musulmans les plus influents du monde ».

L’Azerbaïdjan, un État laïc pour un pays musulman en recherche d’identité
Malgré les affirmations de la propagande azerbaïdjanaise, qui diffuse tous azimuts un récit lénifiant sur la « coexistence pacifique des cultures et des religions » dans un pays qualifié de « terre de tolérance », la part des « minorités » et des religions autres que l’islam n’a cessé de s’amenuiser. Cette tendance a même connu une sensible accélération à partir de l’indépendance du pays en 1991. Les chiffres parlent d’eux-mêmes (3).
En 1959, les Azerbaïdjanais représentaient 67,5 % de la population totale du pays ; au recensement de 2009, ils en constituaient près de 92 %. En 1959, 26,7 % de la population se déclarait chrétienne (Arméniens, Orthodoxes russes, Ukrainiens et Géorgiens) et 1,3 % de confession israélite (membres des deux communautés : Judéo-Tates et Juifs de Bakou). En 2009, ils ne représentaient plus que 0,38 % de la population totale de l’Azerbaïdjan (4).
Dans ce pays aujourd’hui pratiquement « mono-ethnique », la population se déclare très majoritairement musulmane. Mais, selon tous les spécialistes, faute de pouvoir travailler sur des sources accessibles et fiables, il est extrêmement difficile d’analyser les comportements religieux et l’état de l’islam dans le pays (5). Selon les historiens et sociologues qui se sont penchés sur la question, cette appartenance à l’islam semble avant tout de type « identitaire » ou « culturelle ». En cela, la population de l’Azerbaïdjan peut être comparée à celles de l’Arménie et de la Géorgie, ses deux voisines chrétiennes.

Les chiites représenteraient de 60 à 65 % des croyants musulmans, et les sunnites, 35 à 40 %. Héritage de la période d’athéisme soviétique, un certain nombre de ces fidèles seraient dans l’incapacité de se revendiquer d’une appartenance confessionnelle (6). Les premiers seraient majoritaires à Bakou et dans les régions occidentales, centrales et méridionales du pays, tandis que les sunnites seraient concentrés dans les régions septentrionales, proches des républiques musulmanes de la Fédération de Russie.

Dans le même temps, les membres de la dynastie des Aliev, qui règne sur le pays depuis un demi-siècle (7), ne semblent pas faire preuve d’une grande piété, même si Ilham Aliev favorise la construction de mosquées dans tout le pays (8).
Si sa Constitution fait de l’Azerbaïdjan un « État laïc » (9), son modèle s’apparente assurément plus à une « laïcité à la turque » qu’au modèle français (10). Depuis juin 2001, le « Comité d’État pour le travail avec les organisations religieuses de la République d’Azerbaïdjan » [Azərbaycan Respublikası Dini Qurumlarla İş üzrə Dövlət Komitəsi] (11) organise et contrôle étroitement l’activité de toutes les organisations religieuses du pays, si bien qu’il est difficile d’évaluer la marge de liberté d’action de leurs responsables, y compris du Cheikh-ul-Islam Allahchukur Pachazadé.
Autre point commun entre les deux « États-frères » : tout comme la Turquie, l’Azerbaïdjan utilise largement cette carte de la « laïcité » et d’un « islam modéré » sur le plan international, alors qu’il a reçu l’aide de contingents islamistes syriens et d’États islamiques comme le Pakistan lors de la « guerre des 44 jours » contre l’Arménie en septembre 2020.
Chef spirituel ou administrateur d’un « islam domestiqué » ?
Docteur en histoire et professeur de théologie, Allahchukur Pachazadé est présenté par ses partisans comme un « éminent érudit » et comme « l’auteur de nombreux ouvrages et travaux de recherche en théologie ». On le présente aussi souvent comme « le premier historien azerbaïdjanais à avoir entrepris des recherches dans le domaine des études islamiques » (12). Cependant, la biographie qui figure sur le site du Bureau des musulmans du Caucase aligne bien plus de décorations et de prix divers que de travaux personnels et de textes exprimant une quelconque pensée spirituelle ou théologique (13).
En réalité, depuis sa nomination en 1980, Allahchukur Pachazadé a été, et demeure avant tout, un serviteur zélé du pouvoir : d’abord soviétique, puis, depuis 1991, de la République d’Azerbaïdjan. À ce titre, son nom est inséparable du clan Aliev, qu’il sert de manière continue depuis Heydar Aliev jusqu’à son fils Ilham.
Bien qu’ayant participé à plusieurs entrevues et tentatives de dialogue avec des officiels arméniens, dont le catholicos Karékine II, ses positions sont toujours étroitement alignées sur celles du pouvoir (14). Ses discours ont malheureusement toujours un caractère belliqueux et peu conforme à ceux d’un religieux, d’un pasteur digne de ce nom (15). Le moins que l’on puisse dire de lui est qu’il n’est assurément pas un « artisan de paix ».
Anticipant régulièrement les demandes des autorités, il a décidé en mai 2025 de « restaurer » le Ghaziat [l’administration islamique] de la « province d’Irevan ». Cette « décision » répondait évidemment aux revendications politiques d’Aliev sur un prétendu « Azerbaïdjan occidental », héritier du « Khanat d’Irevan ».
Pourtant, ses positions et son action très largement politique n’ont pas l’air de troubler outre mesure les responsables d’autres religions, en particulier ceux des différentes Églises, qui le reçoivent et l’honorent très régulièrement (16).
Le « porte-plume » de la propagande d’État azerbaïdjanaise
Deux documents récents émanant de ce dernier – un texte en date du 27 avril 2026 intitulé « Déclaration du conseil des musulmans du Caucase concernant les allégations de démolition de bâtiments illégaux à Khankendi »,
et une lettre datée du 29 avril adressée au secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises – illustrent à la perfection sa pensée et son action.
Dans le contexte actuel de recherche de paix entre les deux pays et les deux peuples, sa justification de la destruction de deux sanctuaires chrétiens de Stepanakert révèle le véritable visage d’un personnage qui agit, une nouvelle fois, en haut-fonctionnaire de l’État azerbaïdjanais, et plus particulièrement d’Ilham Aliev.
Nous publions ces deux documents « pour l’Histoire ».
Sahag SUKIASYAN ■
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(1) Parmi ses innombrables décorations, on trouve pêle-mêle, l’Ordre de Lénine, celui de « l’Amitié entre les peuples », de « Kadirov » , mais aussi plusieurs médailles décernées par différentes Églises (catholique, orthodoxe russe, biélorusse, géorgienne).
(2) https://multikulturalizm.gov.az/en
(3) Le pays compterait aujourd’hui plus de 2 000 mosquées, contre moins d’une dizaine pendant la période soviétique.
(4) Dans le même temps, l’Azerbaïdjan cherche par tous les moyens à promouvoir l’image d’un pays indemne de tout antisémitisme. Dans ces conditions, on peut se demander pourquoi la communauté juive a connu un tel déclin.
(5) Les études sur la situation religieuse dans le pays, en particulier sur les courants et les mouvements divers qui ont été réprimés après l’indépendance du pays en 1991, demeurent rares. Le travail des spécialistes est difficile du fait du contrôle étroit de la société, des milieux universitaires et scientifiques azerbaïdjanais.
(6) En 2017, un article d’un certain Paul Goble, publié sur le site « Eurasia Review », évoquait un débat qui aurait agité certains milieux religieux et politique azerbaïdjanais sur l’opportunité de faire de l’Azerbaïdjan un pays sunnite « afin que l’Azerbaïdjan s’allie à la Turquie et au Kazakhstan plutôt qu’à l’Iran ». https://www.eurasiareview.com/28022017-is-baku-transforming-azerbaijan-from-a-shiia-to-a-sunni-muslim-country-oped/
(7) Dont le fondateur, Heydar Aliev, était un pur produit de la nomenklatura soviétique.
(8) On a constaté la construction de mosquées dans les régions comme le Nakhitchevan où, le cas est avéré pour plusieurs monuments, des sanctuaires musulmans ont été édifiés sur l’emplacement d’églises arméniennes détruites. A Chouchi, on observe depuis plusieurs mois la construction d’une gigantesque mosquée baptisée « Yeni Shusha » [Nouvelle Chouchi]. Située à quelques dizaines de mètres de la cathédrale du Saint Sauveur de Tous, elle a été voulue par Ilham Aliev en personne pour commémorer sa « victoire » de 2020.
(9) L’article 48 garantit le droit à la liberté de conscience et de culte. L’article 18. sur la Religion et État , affirme « qu’en République d’Azerbaïdjan, la religion est séparée de l’État ».
(10) Ce « comité d’État » qui autorise et contrôle l’activité des organisations religieuses du pays semble avoir été largement inspiré par la structure turque de la « Direction des Affaires religieuses » [ Diyanet İşleri Başkanlığı], parfois appelée « Diyanet ».
(12) https://www.rfp.org/leadership_member/sheikh-ul-islam-allahshukur-pashazadeh/ Il aura donc fallu attendre près de 70 ans, depuis la soviétisation du pays, pour qu’un historien s’intéresse enfin aux « études islamiques »
(13) https://www.caucasus-muslims.org/en/sheikh/1?about=life
(14) En particulier à l’initiative des patriarches russes Alexis II et Cyrille Ier.
(15) On se souvient en particulier qu’il a exprimé à plusieurs reprises, et en des termes ni « spirituels », ni « diplomatiques », son refus de rencontrer le Catholicos de tous les Arméniens, estimant que c’était « contraire son honneur ».
(16) En novembre 2025, et plus récemment, le 9 février dernier, il était reçu par le Pape Léon XIV en même temps qu’une délégation des religieux chrétiens et juifs de son pays. A cette occasion, R. Mobili, le fondateur et animateur de la « Communauté chrétienne albanienne-oudie » avait remis au souverain pontife un tapis présentant l’église arménienne de la sainte Mère de Dieu du village de Nij comme un sanctuaire « albanien ». Nor Haratch, N°501, 26 février 2026.
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DÉCLARATION DU CONSEIL DES MUSULMANS DU CAUCASE CONCERNANT LES ALLÉGATIONS DE DÉMOLITION DE BÂTIMENTS ILLÉGAUX À KHANKENDI
le 27 avril 2026
La déclaration de l’Église d’Etchmiadzine du 23 avril concernant la démolition de deux bâtiments illégaux à Khankendi, en Azerbaïdjan, est une manifestation d’hostilité et de désinformation.
À un moment délicat où le processus de normalisation entre les deux pays est en cours, les accusations infondées portées contre l’Azerbaïdjan par Etchmiadzine, qui est restée silencieuse face à la destruction et à la profanation des monuments historiques, religieux et culturels azerbaïdjanais pendant des décennies durant l’occupation, constituent une tentative ratée de politiser la question.
La démolition de deux bâtiments construits illégalement à Khankendi pendant l’occupation des territoires azerbaïdjanais ne saurait être assimilée à la destruction d’un patrimoine religieux ou culturel. Ainsi, après avoir pleinement rétabli sa souveraineté sur ses territoires en 2023, l’Azerbaïdjan a maintenu ces constructions illégales, symboles de l’occupation, en l’état. Cependant, ces derniers mois, d’anciens déplacés, rentrés en grand nombre dans leurs foyers, ont multiplié les demandes auprès des autorités et des tribunaux locaux pour obtenir la démolition de toutes les structures qui n’existaient pas sur ces territoires avant l’occupation.
Il est de notoriété publique que, selon le droit international humanitaire, les constructions érigées par une puissance occupante sur un territoire occupé sans consentement sont considérées comme illégales, quelle que soit leur finalité, et doivent, en règle générale, être démolies aux frais de la puissance occupante. C’est pourquoi la démolition de toutes les constructions illégales érigées ultérieurement sur ces territoires, où des Azerbaïdjanais ont été tués et expulsés durant la première guerre du Karabakh, repose sur un fondement à la fois juridique et moral.
Il convient de souligner que l’Azerbaïdjan est l’un des rares pays où mosquées, églises et synagogues coexistent, témoignant ainsi de la profonde culture de tolérance religieuse et du respect de toutes les religions qui caractérisent notre peuple. Depuis des siècles, les lieux de culte et les communautés de diverses confessions, notamment orthodoxe, catholique et juive, vivent librement en Azerbaïdjan. Aujourd’hui, fidèle à cette tradition, l’Azerbaïdjan restaure à ses propres frais les monuments religieux et culturels détruits et profanés durant l’occupation.
Parmi ces initiatives, il convient de souligner la récente restauration de l’église arménienne de Gazanchi à Choucha, ainsi que la protection étatique de l’église arménienne de Bakou tout au long du conflit. De manière générale, la préservation, la restauration et la protection constantes des lieux de culte des différentes confessions à travers le pays ont toujours clairement démontré le respect de notre État et de notre société pour le pluralisme religieux.
Les tentatives d’Etchmiadzine de déformer cette réalité, qui existe en Azerbaïdjan depuis des siècles, en cette période délicate, ne font que compromettre les efforts visant à instaurer une paix durable dans la région.
Il est impératif de mettre un terme définitif à la pratique consistant à recourir à des provocations politiques héritées du passé et à de telles tentatives visant à empêcher l’établissement d’une paix durable dans la région. ■
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Sa Sainteté Cheikh-ul-Islam a adressé une lettre
au Secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises
Le 29 avril 2026
À l’attention du Révérend Professeur Docteur Jerry Pillay
Secrétaire général
Conseil œcuménique des Églises
Monsieur le Secrétaire général,
Je vous adresse mes salutations les plus sincères.
Je vous écris afin de répondre à plusieurs allégations anti-azerbaïdjanaises figurant dans la déclaration publiée par le Conseil œcuménique des Églises (COE) le 23 avril.
Malheureusement, cette déclaration déforme gravement la réalité des récents événements dans la région concernant notre pays, et une telle attitude est inacceptable.
Lors de nos précédents échanges, vous aviez reconnu que les Églises arméniennes tentaient régulièrement de vous influencer. Malheureusement, il semble que ces efforts portent leurs fruits et que le COE soit instrumentalisé à des fins de propagande incendiaire qui ne reflète pas la réalité, compromet le processus de paix et tente d’introduire artificiellement une dimension religieuse au conflit.
Lors de la réunion du 8 février 1993 à Montreux, sous la médiation du COE, nous avons signé un communiqué conjoint avec le Catholicos de tous les Arméniens de l’époque, Vazken Ier, déclarant que « malgré certaines tentatives de présenter ce conflit, qui a entraîné des pertes innocentes, comme une confrontation entre chrétiens et musulmans, il ne s’agit pas d’un conflit religieux. Les Arméniens chrétiens et les Azerbaïdjanais musulmans doivent continuer à vivre en paix, dans le respect mutuel et la convivialité ».
Le COE a alors soutenu sans équivoque notre position.
La position adoptée par le Conseil durant cette période, ainsi que ses visites dans les camps de réfugiés et de personnes déplacées et l’aide humanitaire qui leur a été apportée, ont été accueillies avec une profonde gratitude par nos citoyens et nos religieux qui avaient souffert de l’agression arménienne. Elles ont été perçues comme une contribution précieuse à la paix et à la justice, ainsi qu’aux efforts de dialogue interreligieux.
Malheureusement, sous votre direction du COE, votre organisation n’a pris aucune mesure contribuant à la réconciliation entre l’Église arménienne et nous.
Comme chacun le sait, l’agression militaire arménienne contre l’Azerbaïdjan a entraîné l’occupation de 20 % du territoire azerbaïdjanais pendant près de 30 ans, des atrocités de masse contre les Azerbaïdjanais et le déplacement forcé de plus d’un million de nos compatriotes. Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté quatre résolutions condamnant fermement cette agression et exigeant le retrait immédiat, complet et inconditionnel des forces armées arméniennes des territoires occupés.
En 2020, l’Azerbaïdjan a libéré ses terres ancestrales de l’occupation, conformément au droit international, à la Charte des Nations Unies et aux résolutions susmentionnées du Conseil de sécurité. En septembre 2023, en réponse à des provocations armées de grande ampleur menées par les forces armées arméniennes dans plusieurs régions de son territoire, l’Azerbaïdjan a mené une opération antiterroriste d’une journée, à l’issue de laquelle il a pleinement rétabli sa souveraineté.
À cet égard, présenter le territoire historique de l’Azerbaïdjan comme un territoire arménien constitue une violation du droit international et un mépris des réalités historiques. La déclaration publiée à l’issue de la rencontre de Prague entre le Président de la République d’Azerbaïdjan et le Premier ministre de la République d’Arménie en octobre 2022 soulignait que les deux parties reconnaissaient mutuellement leur intégrité territoriale et leur souveraineté, et le Premier ministre arménien a officiellement déclaré que le Karabakh faisait partie intégrante de l’Azerbaïdjan. L’accord de paix conclu entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie lors du sommet de Washington en août dernier témoigne clairement du respect mutuel de l’intégrité territoriale et de la souveraineté des deux pays. Néanmoins, l’Église arménienne, comme toujours, refuse de reconnaître le Karabakh comme un territoire souverain de l’Azerbaïdjan et appelle les Arméniens à poursuivre une politique d’occupation, de séparatisme agressif et de revanchisme, ce qui constitue un obstacle majeur au processus de paix entre les deux pays.
Dans le même temps, les allégations du communiqué du COE selon lesquelles les résidents arméniens auraient été expulsés de force du Karabakh et que leurs droits auraient été bafoués sont totalement infondées.
Je tiens à souligner que les missions des Nations Unies qui se sont rendues dans la région immédiatement après les mesures antiterroristes de 2023 ont confirmé qu’aucune violence n’avait été perpétrée contre la population civile ni contre les infrastructures civiles.
Malgré la désinformation de la propagande arménienne, et comme l’ont également confirmé les observateurs internationaux, aucune pression ni violence n’a été exercée contre la population civile de la région du Karabakh en Azerbaïdjan, et celle-ci a quitté la région volontairement.
Les allégations formulées dans la déclaration concernant le traitement du patrimoine religieux et culturel par l’Azerbaïdjan sont tout aussi infondées. Depuis des siècles, les lieux de culte et les communautés de diverses religions, notamment orthodoxe, catholique et juive, fonctionnent librement en Azerbaïdjan. L’Azerbaïdjan assure la protection et la restauration de tous les monuments religieux sur son territoire, y compris les mosquées, les églises et les synagogues, sans discrimination. Il convient également de souligner la récente restauration de l’église arménienne Ghazanchi de Choucha ainsi que la protection étatique de l’église arménienne de Bakou tout au long du conflit. Il est toutefois regrettable que les destructions systématiques de mosquées et d’autres monuments religieux et culturels d’Azerbaïdjan pendant l’occupation n’aient pas été prises en compte par les organisations religieuses internationales.
Concernant les allégations relatives aux prisonniers arméniens, nous tenons à souligner que l’Azerbaïdjan, faisant preuve de bonne volonté, a libéré la grande majorité des détenus après la guerre de 2020 et les mesures antiterroristes de 2023. Les prisonniers actuellement détenus sont des individus condamnés pour de nombreux crimes graves, notamment le terrorisme, le sabotage et les crimes de guerre, et leurs peines, prononcées dans le cadre légal, relèvent de la justice divine.
Il est regrettable que la déclaration n’ait pas tenu compte de ces points importants et ait présenté les événements de manière partiale. Une telle approche compromet la confiance déjà fragile dans la région et nuit au processus de paix.
Nous appelons les organisations religieuses internationales influentes, telles que le Conseil œcuménique des Églises, à fonder leurs positions sur des informations équilibrées, objectives et vérifiées lorsqu’elles se positionnent sur la région. La politisation des plateformes religieuses et les approches sélectives ne contribuent pas au processus de paix et de réconciliation.
Par la volonté du Créateur unique, servir la Vérité et contribuer aux idéaux d’humanisme – paix, coexistence et compréhension mutuelle – est l’un des actes les plus vertueux pour les personnalités religieuses.
J’espère que le COE, tout en ne cédant pas aux provocations politiques héritées du passé, fera preuve d’équité face aux tentatives de l’Église arménienne d’inciter à la discorde et ne permettra aucune action susceptible d’entraver l’instauration d’une paix durable dans notre région.
Nous réaffirmons notre volonté de coopérer de manière constructive, dans le respect des principes du dialogue interreligieux et du respect mutuel.
Que le Tout-Puissant vous vienne en aide !
Cordialement,
Cheikh-ul-Islam Allahchukur Pachazadé ■
