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Piège pour le Kremlin : trois options possibles
Le 14 juin, la Commission électorale centrale a publié les résultats définitifs des élections législatives. Selon ces résultats, trois formations entreront à l’Assemblée nationale. L’alliance « Contrat civil » formera un gouvernement avec une majorité qualifiée, tandis que les alliances « Arménie forte » et « Arménie » constitueront l’opposition institutionnelle. Le parti « Arménie prospère » n’aura pas atteint le seuil de la majorité, faute de voix suffisantes.
De plus, la Commission électorale centrale a décidé de ne pas organiser de nouveau scrutin dans les trois bureaux de vote dont les résultats ont été invalidés. Or, selon les calculs effectués dans ces bureaux, le parti « Arménie prospère » aurait pu franchir le seuil électoral et entrer au Parlement. Quelle que soit la portée juridique ou politique de cette décision, dans la situation actuelle, l’opposition pro-russe dispose de trois options :
Accepter les résultats des élections. Dans ce cas, les candidats des blocs « Arménie » et « Arménie forte » acceptent leurs mandats et se rendent à l’Assemblée nationale, pour tenter de freiner autant que possible le déclin de l’influence russe et la diversification de la République d’Arménie. Le parti « Arménie prospère » se résigne à son échec et reste en dehors de l’Assemblée nationale. Cela signifie que non seulement ces forces, mais aussi le Kremlin, admettent leur défaite et la légitimité du gouvernement de Pachinian.
Refuser de reconnaître les résultats et déclencher une lutte de rue. Cette option est peu probable, car les forces politiques pro-russes savent qu’elles ne disposent pas de la masse critique nécessaire pour espérer un succès. De plus, toutes les tentatives précédentes de lutte de rue avec des moyens limités se sont soldées par un échec.
Refuser de reconnaître les résultats des élections et saisir la Cour constitutionnelle pour demander leur invalidation. Dans ce cas, les chances de succès sont limitées et, en théorie, de nouvelles élections pourraient être organisées. Cependant, cette option soulève plusieurs problèmes peu réjouissants pour les forces pro-russes et le Kremlin. Premièrement, ils devront accepter la légitimité de la Cour constitutionnelle, quel que soit le résultat de la procédure. Deuxièmement, si les élections sont invalidées et que de nouvelles élections sont convoquées, les pro-russes perdront les acquis obtenus au prix d’importants investissements.
Il est peu probable qu’il soit possible de ramener en Arménie plusieurs dizaines de milliers de citoyens arméniens résidant en Russie, ni d’utiliser les mêmes fonds. Les poursuites pénales engagées contre les dirigeants de l’opposition pourraient également poser problème. Samuel Karapetian, Narek Karapetian, Robert Kotcharian et Gaguik Tsaroukian sont déjà interdits de quitter l’Arménie et sont accusés de plusieurs crimes. En cas de nouvelles élections, leur liberté d’expression, ou tout simplement, leur liberté pourrait être restreintes, ce qui limiterait considérablement leurs possibilités.
En substance, aucune des trois options n’est souhaitable. Le Kremlin est confronté à un choix difficile, et il est peu probable que les forces qui servent ses intérêts politiques en Arménie osent prendre une décision unilatéralement. Elles attendront vraisemblablement de nouvelles instructions, qui, dans tous les cas, poseront des problèmes.
Source : Armenian Council
