À l’occasion de l’Appel du 18 Juin du Général de Gaulle

OrdreLibération I

Ordre de la Libération

En mai dernier, lors du Festival de Cannes, l’acteur arménien Simon Abkarian a suscité une immense admiration et de vibrantes ovations pour son interprétation du Général de Gaulle. Une véritable fierté !

C’est aussi une fierté de savoir que, durant la Seconde Guerre mondiale, des Arméniens n’ont pas hésité à suivre le Général de Gaulle, allant même jusqu’au sacrifice suprême.

Le 18 juin 1940, depuis Londres, le Général de Gaulle lance son célèbre appel aux Français et à ses sympathisants, où qu’ils se trouvent. Par ce discours, il exhorte tous ceux qui désirent se battre pour la libération de la France à le rejoindre. Des volontaires, des soldats, des régiments et des villes entières répondront à cet appel. La même année, pour les honorer, le Général crée l’Ordre de la Libération, qui ne comporte qu’un seul grade : celui de « Compagnon de la Libération ». Au total, 1 036 personnes, ainsi que des unités militaires et des communes, obtiendront ce titre prestigieux.

En 1967, le musée de l’Ordre de la Libération est inauguré à l’Hôtel national des Invalides à Paris. Sur deux de ses murs, les noms de ces 1 036 premiers héros sont gravés pour la postérité, accompagnés de leurs portraits. Parmi eux figurent deux Arméniens : Roger Séférian (dit De Rauvelin) et Alexandre Ter Sarkisoff.

Roger SÉFÉRIAN (dit DE RAUVELIN)

Né le 16 décembre 1915 à Clisson (Loire-Atlantique). Son père, Archag, est originaire de Constantinople, et sa mère, Germaine, de Bretagne. Après ses études primaires, il poursuit un cursus en lettres et philosophie à Paris. En 1939, il est mobilisé et intègre le 32e régiment d’artillerie de campagne hippomobile. En 1940, il obtient le grade d’aspirant.

Cette même année, il participe à l’évacuation de Dunkerque, avant d’être embarqué à destination de Madagascar. Préférant la lutte pour la libération de la France à l’armistice imposé, il s’évade en se jetant à la mer lors du trajet vers l’Afrique du Sud. Répondant à l’appel de De Gaulle, il s’engage dans la France Libre en octobre 1940 à Durban. Sous le pseudonyme de Roger de Rauvelin, il intègre les Forces Françaises Libres (FFL). Il est ensuite affecté comme officier adjoint à Damas, en Syrie. De janvier à juin 1942, en tant qu’officier d’artillerie du 4e régiment, il combat avec bravoure et fougue lors de la campagne de Libye, faisant preuve d’un remarquable sang-froid dans le commandement.

Le 10 juin 1942, lors de la bataille de Bir Hakeim, alors qu’il dirige son unité, il est grièvement blessé par des explosions. Transféré à l’hôpital militaire britannique de Sollum, en Égypte, il y rend son dernier soupir le 13 juin. Pour rappel historique, les Arméniens ont compté 9 martyrs lors de cette bataille. Il repose aujourd’hui au cimetière militaire britannique.

Déclaré « Mort pour la France », il a été honoré des distinctions suivantes :

Croix de Guerre (1939-1945) avec palme

Chevalier de la Légion d’Honneur

Compagnon de la Libération (par décret du 11 mai 1943)

Alexandre TER SARKISSOFF

Né le 14 décembre 1911 dans le 13e arrondissement de Paris. Après sa scolarité, il intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, d’où il sort avec le grade de sous-lieutenant. Il s’engage dans l’armée en 1934. En 1939, l’officier Ter Sarkisoff est affecté à Alger. En 1940, refusant la défaite, il rallie le mouvement de la France Libre. Rejoignant l’Angleterre en juillet 1940, il intègre les Forces Françaises Libres (FFL). De retour à Agadir, ses activités clandestines lui valent d’être arrêté et transféré en France. Après trois années de dure captivité, il parvient finalement à s’évader et rejoint Gibraltar, puis Alger.

En novembre 1944, il intègre la 13e Demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE) dans les Vosges et participe à la bataille des Ardennes. En 1945, il prend part avec courage aux violents combats de la campagne d’Alsace, puis, dans les derniers jours de la guerre, à la reconquête du massif de l’Authion, dans les Alpes.

Il achève la guerre avec le grade de capitaine.

En novembre 1945, Alexandre Ter Sarkisoff quitte l’armée et est nommé administrateur de la France d’outre-mer. Il officie en Indochine ainsi que dans divers pays africains. De retour en France, il s’installe à Nice, où il s’éteint le 17 octobre 1981. Il est inhumé dans cette même ville.

Il a été honoré des distinctions suivantes :

Croix de Guerre (1939-1945) avec palme

Chevalier de la Légion d’Honneur

Médaille de la Résistance

Compagnon de la Libération (par décret du 20 juin 1946)

Saluons avec un profond respect leur courage, leurs sacrifices et ceux de tous leurs compagnons d’armes.

Hrant Norsen

N.D.L.R. – Malgré les recherches effectuées dans les archives officielles, aucune photographie de Roger Séférian n’a pu être retrouvée à ce jour.

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Hôtel national des Invalides

129, Rue de Grenelle – 75007 PARIS