Bakou nie le génocide des Arméniens et exige d’Israël le retrait de sa reconnaissance
L’Azerbaïdjan a condamné la décision d’Israël de reconnaître le génocide des Arméniens, qualifiant cette initiative de sujet de « vive préoccupation » et exigeant du gouvernement israélien qu’il revienne sur sa position. Cette réprobation intervient alors même que Bakou reste l’un des plus grands acheteurs de matériel militaire israélien, dont il s’est servi pour s’emparer de l’Artsakh arménien il y a deux ans.
Dans un communiqué, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a qualifié cette reconnaissance de « soi-disant génocide des Arméniens » et a jugé inacceptable « la déformation des faits historiques entourant les événements de 1915 ». Il a accusé Israël de réduire « une question historique complexe à une décision politique dépourvue de fondement juridique ou scientifique solide ». De telles actions, selon le ministère, « ne contribuent ni à la réconciliation ni à la compréhension mutuelle », mais « creusent les divisions existantes et compromettent les efforts visant à instaurer une paix et une stabilité durables dans la région », exhortant Israël à faire marche arrière.
Cette réaction s’inscrit en décalage avec l’interdépendance profonde unissant les deux pays. Le brut azerbaïdjanais a constitué près de la moitié des importations pétrolières d’Israël l’an dernier, s’imposant comme son premier fournisseur, tandis qu’Israël a doté l’Azerbaïdjan de technologies de pointe décisives lors des conflits contre les Arméniens. Le pétrole parvient à Israël via l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan et traverse le territoire turc. Bien que les analystes maritimes attribuent ces cargaisons à l’Azerbaïdjan, Bakou soutient officiellement ne pas vendre directement à Israël, rejetant la responsabilité de la destination finale sur les négociants.
Sur le plan militaire, selon de nombreuses estimations spécialisées, les armements israéliens ont représenté près de 70 % des importations d’armes de l’Azerbaïdjan autour de la guerre de 2020 et de l’offensive de septembre 2023. Les drones et munitions « kamikazes » de type « Harop » fabriqués en Israël sont largement considérés comme ayant conféré un avantage tactique décisif à Bakou. L’assaut de septembre 2023 a conduit au nettoyage ethnique de l’Artsakh occupé, contraignant plus de 100 000 Arméniens à fuir leur terre ancestrale en l’espace de quelques jours.
