L’Histoire refait surface
Լe recul du lac de Van révèle un ancien cimetière arménien et ses khatchkars
Le retrait sans précédent et continu des eaux du lac de Van, au-delà des préoccupations écologiques qu’il soulève, met étonnamment au jour des trésors historiques d’une valeur inestimable. Comme en témoignent les récentes données et photographies publiées par la plateforme médiatique arméno-américaine « US Armenians » et le projet local « Unexplored Armenia » (L’Arménie inexplorée), des centaines de khatchkars (croix de pierre) et de pierres tombales arméniens ont été découverts sur les rives asséchées du lac, où ils reposaient enfouis sous les eaux depuis des siècles.

Selon les premières études menées par des archéologues et des experts du patrimoine culturel, ces monuments mis au jour datent des XVe et XVIe siècles. Ils faisaient partie d’un immense cimetière historique de la communauté arménienne de Van, alors très peuplée. L’existence de ce cimetière réaffirme le statut de la province du Vaspourakan comme l’un des principaux centres spirituels et culturels arméniens, offrant ainsi une occasion rare de jeter un regard inédit sur la riche histoire de la région.

Ce n’est pas la première fois que la baisse du niveau du lac révèle des fragments disparus de notre patrimoine historique, mais cette découverte est particulièrement remarquable par son ampleur et sa signification. Il est aujourd’hui d’une nécessité impérieuse d’adopter une approche professionnelle pour documenter scientifiquement ces vestiges, avant que les éléments naturels et la négligence humaine n’infligent des dommages irréversibles à ces témoins éloquents de l’histoire arménienne.
