Guerre et géopolitique : l’Azerbaïdjan est-il avec ou contre l’Iran ?
Vahram ATANESSIAN
3 mars 2026
D’après le site d’information russophone israélien « Vesty », des représentants de l’armée israélienne ont déclaré le 3 mars que si la guerre contre l’Iran était couronnée de succès, Benjamin Netanyahou organiserait des élections législatives anticipées au mois de juin.
Cette information a permis aux analystes de conclure qu’Israël prévoyait de mettre fin à la guerre d’ici la fin avril.
En vertu de la loi israélienne, le Parlement se réserve le droit de convoquer des élections anticipées pour les élections centrales au moins trois mois avant la date du scrutin. On peut donc supposer qu’à la fin du mois d’avril, le Parlement transmettra cette autorisation à la Commission électorale centrale et que les élections se tiendront à la fin juin.
La presse israélienne a également été informée que le président américain Donald Trump effectuera une visite officielle à Jérusalem au mois de mai. Les analystes politiques estiment que si les objectifs fixés en Iran sont atteints, Trump présentera Netanyahu comme un héros de guerre victorieux, ce qui contribuera à une forte hausse de sa popularité.
Par ailleurs, la presse a rapporté que durant la guerre, Netanyahou « s’est efforcé d’assurer une présence publique maximale, en visitant les zones touchées par les tirs de roquettes et en rencontrant les citoyens ». D’un côté, cela est perçu comme une preuve de l’absence de panique en Israël, de l’autre, comme une manœuvre de campagne électorale.
Selon toute apparence, cette seconde observation est également proche de la réalité.
De son côté, Avigdor Liberman, le chef du parti d’opposition « Israël est notre maison », s’est rendu dans un établissement médical le 3 mars pour y donner son sang. À cette occasion, il écrivait sur son compte Facebook personnel : « J’ai appris qu’il y a une pénurie de sang dans les hôpitaux et j’ai donc fait mon devoir pour reconstituer les réserves du mieux que j’ai pu ». La guerre israélo-américaine contre l’Iran aura sans doute aussi une importance préélectorale pour le président américain Donald Trump. Les élections de mi-mandat au Congrès sont prévues le 3 novembre.
Alors que Trump parle de détruire les programmes nucléaires et balistiques iraniens et de protéger les citoyens américains contre les attaques de missiles balistiques iraniens, ses rivaux démocrates l’ont vivement critiqué et accusé d’être « dangereusement influencé » par le Premier ministre israélien Netanyahou.
La guerre pourrait également modifier la situation politique intérieure en Iran, ainsi que dans d’autres pays de la région. Les monarchies du Golfe persique se trouvent dans une situation délicate. Pour elles, se joindre aux attaques contre l’Iran représente une décision extrêmement difficile, mais, d’un autre côté, leur engagement envers les États-Unis est également significatif.
L’Iran a également tiré des missiles sur des bases militaires américaines et occidentales au Kurdistan irakien. La Turquie est elle aussi confrontée à un dilemme.
Il s’avère que la guerre israélo-américaine contre l’Iran ne résout pas tant les problèmes politiques qu’elle ne favorise la naissance de nouvelles alliances, rivalités et divisions au sein de la région et sur le plan international. Ces événements pourraient s’étendre du Moyen-Orient à l’Afrique, à l’Europe, à l’Asie centrale et au Caucase du Sud. Dans ce contexte, les récents contacts russo-azerbaïdjanais pourraient revêtir une importance fondamentale.
Pour l’Azerbaïdjan, la coopération stratégique avec Israël semble se transformer en un fardeau, mais Bakou perçoit en même temps les renforcement des liens entre la Russie et l’Iran comme peu désirable.
Les développements autour de l’Iran mèneront-ils à une alliance informelle Chine-Pakistan-Iran-Russie-Turquie, fondée sur des liens commerciaux, économiques et de communication ?
L’Azerbaïdjan y adhérera-t-il ?
