La Turquie souhaite organiser un front anti-israélien

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Vahram ATANESSIAN

1in.am, Erevan le 28 mars 2026

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Le 27 mars, Hakan Fidan, le ministre turc des Affaires étrangères, a accordé une interview à la chaîne « A Haber TV ». L’agence « Anadolu » a rendu compte de l’événement en détail. Plusieurs points clés ressortent de son intervention. Le ministre turc a qualifié la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran « d’illégale et de contraire au droit international ».

Le deuxième point important, selon le même Fidan, est que la Turquie savait dès janvier que les États-Unis et Israël préparaient une frappe contre l’Iran et a tenté de l’empêcher. Il a cité des négociations avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, au cours desquelles il a proposé une médiation, qui a été d’emblée rejetée.

Le troisième point important soulevé par Fidan concerne « l’influence structurelle » d’Israël sur la politique étrangère américaine, qui, comme l’a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, n’est plus « un secret pour la communauté internationale ». À ce sujet, il a formulé une généralisation géopolitique et affirmé que l’objectif principal d’Israël est de « semer les graines de la division parmi les États islamiques de la région ».

Il a révélé que, durant les trois semaines de guerre, il n’avait donné qu’un seul conseil à l’Iran : « Faites preuve de retenue et ne lancez pas de frappes de missiles contre les pays arabes du Golfe persique. » De toute évidence, la Turquie craint qu’après le conflit, les pays arabes n’oublient pas les frappes iraniennes et que, dans ce cas, la solidarité islamique ne puisse jamais s’instaurer dans la région.

L’interview de Fidan a précédé une rencontre entre le président américain Donald Trump et des milieux d’affaires saoudiens en Floride. Lors de cette rencontre, comme l’a révélé la presse américaine, il a tenu des propos très durs à l’égard du prince héritier Mohammed Ben Salmane. L’avenir dira quelle sera la réaction suscitée par ce « compliment » de Trump à l’égard de ce dernier. Dans ce contexte, le message publié sur les réseaux sociaux par l’ancien Premier ministre israélien Bennett[1], dans lequel il avertit qu’« après l’Iran, ce sera au tour de la Turquie », revêt une importance capitale. La veille, l’ancien ministre turc de l’Intérieur et député du Parti de la justice et du développement (AKP), Suleyman Soylu, avait menacé Israël d’une invasion terrestre. Il a clairement indiqué qu’une telle attaque « coûterait à la Turquie entre trois et quatre cent mille victimes, mais que l’État juif serait détruit ».

Fidan a conclu son entretien avec « A Haber TV » par un sous-entendu aux allures de prédiction: « Viendra peut-être le moment où l’effronterie des réseaux sionistes devra être stoppée par la solidarité internationale ».

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  1. Naftali Bennett, homme politique d’extrême droite, premier ministre d’Israël du 13 juin 2021 au 30 juin 2022.