Des pots-de-vin déguisés en salaires
Mise au jour d’un réseau d’achat de votes et fuite d’enregistrements
Selon le quotidien Haykakan Zhamanak, les vastes opérations menées par les services de renseignement du Comité de lutte contre la corruption ont permis de rassembler des preuves tangibles concernant un réseau d’achat de voix. Un groupe d’individus s’était concerté pour distribuer des pots-de-vin à plusieurs citoyens de la région d’Armavir, dans le but de garantir leur participation aux élections législatives du 7 juin 2026 et de s’assurer de leur vote en faveur d’un parti spécifique.
Pour mettre à exécution leur plan, les suspects ont d’abord inauguré une antenne de l’organisation non gouvernementale « Mer Dzevov » (À notre manière) dans la commune de Metsamor. Par la suite, entre 2025 et 2026, ils y ont fictivement embauché divers habitants de la région, avec pour mission de recruter des électeurs prêts à voter pour le parti « Arménie Forte ». L’enquête a également révélé que ces pots-de-vin, promis à l’avance et versés de manière échelonnée, étaient comptablement maquillés en salaires, une manœuvre destinée à dissimuler l’infraction et à minimiser les risques de détection.
Fait révélateur, l’embauche au sein de cette ONG reposait sur des critères bien particuliers : il fallait avoir le droit de vote, mais aussi être issu d’une famille nombreuse et disposer d’un vaste réseau de connaissances.
Le dossier fait état d’une autre violation du code électoral. La loi stipule formellement qu’une fois la date des élections officiellement entérinée par décret présidentiel, toute forme de charité politique est interdite. Au mépris de cette règle, après le 7 février 2026 – période où l’interdiction était en vigueur –, plusieurs individus ont distribué des fonds aux électeurs de la région d’Armavir au nom du parti « Arménie Forte ». Ces versements, effectués entre février et mars, étaient grossièrement camouflés sous couvert d’œuvres de bienfaisance, prétextant une aide pour couvrir des frais médicaux.
Dans le sillage de ces découvertes, une procédure pénale a été ouverte en vertu des articles correspondants du Code pénal, conduisant à une dizaine de perquisitions et à l’arrestation de cinq personnes.
Le Comité de lutte contre la corruption exhorte à s’abstenir de toute distribution de pots-de-vin, qu’elle soit dissimulée ou non, ainsi que de toute infraction à la législation encadrant les activités de bienfaisance. Il appelle également les citoyens à ne pas se compromettre dans des délits électoraux ou des activités suspectes, notamment en acceptant d’être rémunérés pour des emplois fictifs.
Conscient de l’ampleur de ces manœuvres, le Comité a annoncé la mise en place d’une surveillance permanente. L’objectif : identifier au sein des organisations affiliées aux partis politiques toute personne impliquée, même de façon détournée, dans la planification ou l’exécution de délits électoraux.
