La Roseraie de Garabed de Corinne Zarzavatdjian

Roseraie

La Roseraie de Garabed— Un destin arménien de Corinne Zarzavatdjian Aux Presses de la Cité

Une œuvre de mémoire et de résistance

Plongée dans la vie d’une famille arménienne d’avant le génocide. L’histoire d’une famille pour illustrer celle de tout un peuple. C’est aussi l’histoire héroïque d’une femme. Cette quatrième œuvre de Corinne Zarzavatdjian porte en elle l’histoire de tout un peuple. La Roseraie de Garabed relate la chronique exceptionnelle d’une famille arménienne exilée à Paris en 1908.

La famille Hagopian est en exil à Paris. Cependant, la petite-fille, Rose, a refusé d’embarquer avec ses parents, préférant rester en Turquie pour combattre aux côtés des siens. À la suite d’un événement inattendu, le père de Rose, Haïk, décide de partir à sa recherche.

Le personnage de Rose est l’un des plus beaux paradoxes du roman : central et pourtant absent. Grande figure de la résistance arménienne, elle est celle autour de qui s’organise la mémoire familiale, le point de gravité invisible autour duquel gravitent les vivants. Corinne Zarzavatdjian avait déjà effleuré ce personnage dans un précédent ouvrage ; elle lui consacre ici toute la place qui lui revient, faisant de cette absence une présence absolue.

La résistance est le fil rouge de La Roseraie de Garabed, et c’est avant tout celle des femmes que l’autrice met en lumière. Une fiction empreinte d’aventure et de mémoire. Résistance à l’oubli, résistance à l’effacement, résistance à la disparition d’un peuple et d’une culture.

Corinne Zarzavatdjian est aussi comédienne, et cela se sent à chaque page. Elle excelle à décrire les corps, les silences, les gestes qui en disent plus long que les mots. Ses personnages existent dans leur chair autant que dans leur âme. L’exil, thème central de l’œuvre, n’est pas seulement raconté — il est incarné, ressenti, éprouvé dans toute sa dimension physique et affective. C’est précisément ce regard d’interprète qui confère à son écriture une puissance dramatique rare.

La Roseraie de Garabed est un livre magnifique, habité, nécessaire. Une lecture que l’on recommande sans réserve. Elle a cosigné avec son frère le livre Cuisine d’Arménie, préfacé par André Manoukian (Solar, 2017), et publié L’Arménie et les Arméniens de A à Z (Gründ, 2020) et Rose de Diarbékir (prix Pierre-Benoît de l’Association des Écrivains combattants, Les Presses de la Cité, 2023).

La Roseraie de Garabed de Corinne Zarzavatdjian Un destin arménien Aux Presses de la Cité