Exercer ou non les mandats parlementaires
L’opposition n’a pas encore tranché
Au lendemain des élections législatives, la question d’exercer ou de renoncer aux mandats parlementaires fait l’objet de vifs débats et de discussions au sein de l’opposition. Nombreuses sont les voix à réclamer que les candidats élus de l’opposition rejettent et refusent d’exercer leurs mandats, afin d’entraver le processus normal d’un pouvoir qu’ils jugent illégitime, ou du moins néfaste et indésirable pour le pays.
Dans ce contexte, le chef de file de l’alliance « Arménie » et deuxième président de la République, Robert Kotcharian, a fait savoir qu’aucune décision définitive n’avait encore été prise concernant l’acceptation des mandats. Cette décision sera prise à l’issue de consultations avec d’autres forces de l’opposition. « Si la lutte doit se poursuivre, alors il faut utiliser tous les outils possibles, et les mandats constituent un outil sérieux », a-t-il souligné, ajoutant que le combat se poursuivrait également dans la rue.
Selon M. Kotcharian, la légitimité du pouvoir actuel est sérieusement remise en question, ce qui crée un climat inédit au sein de la société : même les électeurs ayant voté pour le parti au pouvoir « voient ce qui s’est passé ». Il s’est dit convaincu que le parti « Contrat civil » finira enseveli sous les décombres de sa propre politique et de ces élections.
Recours auprès de la Cour constitutionnelle
L’alliance « Arménie » contestera les résultats des élections du 7 juin devant la Cour constitutionnelle. Bien que M. Kotcharian n’ait pas de grandes attentes, il juge la démarche essentielle afin de dénoncer et d’exposer au grand jour les irrégularités commises lors du scrutin.
De son côté, le dirigeant de l’autre force d’opposition, « Arménie Forte », Samuel Karapetian, a annoncé que sa formation saisirait également la Commission électorale centrale et la Cour constitutionnelle pour exiger l’annulation des élections et la tenue d’un second tour. En réponse à la question de savoir s’ils siégeraient au Parlement en cas de rejet de leur recours, M. Karapetian a souligné : « Notre objectif n’est pas le Parlement, mais l’éviction de Pachinian. Si nous jugeons que le Parlement nous permet de l’écarter plus rapidement, alors nous y siégerons. »
