L’épouse de Ruben Vardanian écrit à Pachinian, à l’UE, à la Croix-Rouge et à une responsable azérie pour visiter les otages arméniens à Bakou

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Veronika Zonabend, l’épouse de l’homme d’affaires et philanthrope arménien Ruben Vardanian – illégalement incarcéré –, a sollicité les canaux officiels et diplomatiques pour faire avancer son initiative d’envoyer une délégation humanitaire internationale, exclusivement féminine, à Bakou afin de rendre visite aux otages arméniens qui y sont détenus.

Dans une déclaration publiée le mercredi 8 juillet, elle a indiqué avoir adressé des lettres ouvertes à quatre hauts responsables, espérant obtenir leur soutien pour l’organisation et la sécurisation de cette visite :

  • Sabina Alieva, Commissaire aux droits de l’homme d’Azerbaïdjan, priée d’organiser la visite sous son égide.
  • Mirjana Spoljaric Egger, Présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), invitée à participer ou à soutenir cette démarche.
  • Nikol Pachinian, Premier ministre de la République d’Arménie, sollicité pour l’appui pratique et la coordination de son gouvernement.
  • Kaja Kallas, Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, interpellée pour attirer l’attention diplomatique des institutions européennes.

Mission humanitaire et garanties de sécurité

Cette initiative, annoncée pour la première fois le 15 juin dernier, revêt un caractère strictement humanitaire. L’objectif est de rencontrer les otages arméniens incarcérés dans le complexe pénitentiaire d’« Umbaki », près de Bakou, de rétablir le contact avec leurs familles, et de leur remettre des lettres, des photographies ainsi que des effets personnels.

Mme Zonabend a souligné qu’une telle visite est irréalisable sans garanties de sécurité officielles, incluant l’entrée en Azerbaïdjan, l’accès aux prisonniers et le retour en toute sécurité des participantes. Elle a ajouté que cette question doit désormais être traitée par les voies officielles, et non plus comme une simple requête privée.

L’appel lancé au CICR est d’autant plus crucial que les autorités azerbaïdjanaises ont fermé le bureau de la Croix-Rouge à Bakou en septembre 2025, coupant ainsi le seul lien humanitaire indépendant permettant d’accéder aux otages. Parallèlement, bien que le gouvernement arménien ait obtenu la libération de quatre civils en janvier 2026, Erevan est critiqué pour ne pas avoir mis en place de mécanismes clairs en faveur des autres prisonniers.

19 otages arméniens

L’Azerbaïdjan détient actuellement 19 otages arméniens, capturés en septembre 2023 lorsque, après un blocus de neuf mois, les forces azerbaïdjanaises ont attaqué l’Artsakh, forçant la population arménienne à fuir sa terre natale.

Parmi les captifs figurent d’anciens dirigeants de l’Artsakh. Ruben Vardanian et les anciens présidents Arkadi Ghoukassian et Bako Sahakian ont été condamnés à 20 ans de prison. L’ancien président Arayik Haroutunian, l’ancien ministre des Affaires étrangères David Babayan, l’ancien président de l’Assemblée nationale David Ichkhanian, ainsi que d’autres hauts commandants militaires, ont écopé de la réclusion à perpétuité à l’issue de simulacres de procès, dénoncés comme criminels par Amnesty International.

Veronika Zonabend a appelé le monde entier à envoyer des lettres de soutien, qui seront remises aux otages avec les colis familiaux. Ces messages (rédigés dans n’importe quelle langue) peuvent être envoyés à l’adresse contact@freearmenianprisoners.com, en précisant dans l’objet « Letter of Support, Armenian Detainees » (s’il s’adresse à une personne en particulier, son nom doit y être ajouté). « C’est un droit humain fondamental de leur montrer qu’ils ne sont pas oubliés », a-t-elle conclu.