Le skieur arménien s’explique sur le masquage du mot « Azerbaïdjan » sur sa tenue et sur l’amende reçue

Comme nous le rapportions précédemment, le skieur arménien Mikayel Mikayelian a écopé d’une amende lors du Tour de Ski en Italie pour avoir dissimulé le mot « Azerbaïdjan » sur sa combinaison à l’aide de ruban adhésif.

Au micro de Radio Azatutyun, le jeune athlète a raconté avoir reçu son équipement le matin même, environ deux heures avant le début de l’épreuve. En découvrant l’inscription « Azerbaïdjan », il a décidé qu’il ne prendrait pas le départ avec le nom de ce pays sur la poitrine.

« J’ai couvert l’inscription et je me suis rendu au départ. Pour moi, ma dignité et ma patrie sont au-dessus de tout. Naturellement, le jury l’a remarqué. Après la course, ils m’ont convoqué. Nous avons discuté et je leur ai expliqué la nature du problème et les raisons de mon geste. Ils m’ont répondu : « Nous te comprenons et nous l’acceptons, mais selon les règles de la Fédération internationale, tous les sponsors doivent être visibles » », a confié le skieur arménien.

Un cas de figure susceptible de se reproduire pour les athlètes arméniens

L’Agence nationale du tourisme d’Azerbaïdjan a signé, l’an dernier, un contrat de cinq ans avec la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS). Désormais, le nom du sponsor – en l’occurrence celui du pays – apparaît non seulement sur les drapeaux et les panneaux publicitaires, mais aussi sur les dossards des athlètes lors de plusieurs compétitions. Cela signifie que les sportifs arméniens risquent de se retrouver à nouveau confrontés à cette situation.

« Chaque athlète doit porter le nom de son pays aussi bien dans son cœur que sur sa tenue »

« Nous disputons environ 20 courses par an et, lors des épreuves de la Coupe du monde, les sponsors sont généralement les mêmes. Nous risquons donc de nous retrouver face à la même inscription « Azerbaïdjan ». Le jury m’a demandé de ne plus agir ainsi à l’avenir, mais je leur ai répondu que, pour l’heure, je ne pouvais rien promettre », a déclaré le skieur.

Tout en admettant qu’il faille dissocier le sport de la politique, l’athlète de 26 ans a ajouté que chaque sportif se doit de porter le nom de son pays, tant dans son cœur que sur ses vêtements.

Mikayel Mikayelian a conclu : « Lorsqu’un pays affiche une attitude agressive envers ma patrie, je ne peux pas considérer que cela relève uniquement du sport et prendre le départ sans masquer le nom de ce pays. J’espère qu’il n’y aura plus de guerre, mais comme la situation n’est pas encore claire, je continuerai à le couvrir avec du ruban adhésif. »

Notons par ailleurs que la Fédération arménienne de ski a exprimé son soutien à Mikayelian et a salué sa décision.