Selon le journal « Kantsasar » basé à Alep, des consignes de sécurité strictes ont été diffusées ce 7 janvier, jour de la Commémoration des défunts (Merelots). Il a été demandé aux habitants de ne pas quitter leur domicile et de prier pour leurs défunts chez eux, en raison de l’insécurité.

Rappelons qu’en décembre déjà, des tirs et des pilonnages avaient été signalés en provenance des quartiers kurdes d’Alep, limitrophes des quartiers arméniens. Ces violences résultaient d’affrontements entre groupes kurdes et forces gouvernementales. Le calme était revenu temporairement dans la région à la suite d’un accord conclu entre les chefs des factions kurdes et le gouvernement.

Cependant, les hostilités ont repris le 6 janvier, jour de Noël, heureusement après la fin des offices religieux. Le gouverneur a ordonné la fermeture des écoles et des institutions gouvernementales, exhortant la population à se tenir à l’écart des zones kurdes. La situation demeure préoccupante.

À la suite de ces combats opposant les troupes du gouvernement de transition syrien aux unités kurdes des « Forces démocratiques syriennes » (FDS), plusieurs habitations appartenant à des Arméniens d’Alep ont été endommagées.

Déjà 17 morts et de nombreux blessés : le pouvoir exige le départ des combattants kurdes

Mercredi, les autorités syriennes ont exigé le retrait des combattants kurdes de deux quartiers sous leur contrôle dans le nord d’Alep. Ces zones sont actuellement encerclées par les forces gouvernementales, poussant des milliers d’habitants à la fuite.

Selon la Défense civile syrienne, les combats qui ont éclaté mardi entre les autorités islamistes et les forces kurdes ont fait 17 morts – 16 civils et un militaire – ainsi que de nombreux blessés.

Ces violences surviennent alors que les deux parties peinent à mettre en œuvre l’accord conclu en mars dernier, qui visait à intégrer les institutions de l’administration autonome kurde au sein du nouvel État syrien.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, par la voix de son porte-parole Stéphane Dujarric, a appelé les parties à la « retenue » et à une reprise « rapide des négociations » pour l’application de l’accord de mars.

L’armée syrienne a pilonné à l’artillerie les quartiers de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh mercredi après-midi, après les avoir déclarés « zone militaire » à partir de 15h00. Si l’intensité des frappes a diminué en soirée, des chars et des militaires restent déployés aux abords des deux quartiers.

En bref :

  • Les civils fuient massivement les quartiers kurdes d’Alep.
  • La salle de l’église Saint-Grégoire l’Illuminateur a été mise à la disposition des familles arméniennes se retrouvant sans abri.