La pseudo élite politique de Stepanakert a « fait son sale boulot », elle doit maintenant se retirer
Vahram ATANESSIAN
« 1in.am », Erevan, le 27 juillet 2026
Deux jours avant les élections du 7 juin dernier, Achod Tanielian, président de l’Assemblée nationale d’Artsakh, avait publié une déclaration dans laquelle il exprimait sa conviction que les Arméniens d’Artsakh participant au vote –ainsi que l’immense majorité de nos compatriotes – étaient capables de distinguer la vérité du mensonge et que « .par conséquent… ils choisiront les forces politiques capables d’enrayer le désastre. Je suis convaincu que les Arméniens de l’Artsakh qui participent à ces élections, tout comme l’écrasante majorité de nos compatriotes, savent distinguer le vrai du faux, la tromperie et les manœuvres illusoires, le silence de mort de la véritable paix, la servilité envers les étrangers et les adversaires de la collaboration, et l’aventurisme irréfléchi d’une véritable politique. Le 7 juin, ils choisiront les forces politiques capables d’enrayer le désastre et… de garantir un avenir véritablement pacifique et digne. »
Dans le même temps, il affirmait qu’il continuerait à « œuvrer pour la défense des droits de la population de l’Artsakh et à la réalisation des aspirations à retourner sur [ses] terres ancestrales et à rétablir ’[son] État. »
Ainsi, Achod Tanielian nourrissait une conviction inébranlable sur deux points: l’opposition triompherait en Arménie, et l’Assemblée nationale de l’Artsakh, en coopération avec les nouvelles autorités, mettrait en œuvre une politique visant à protéger les droits des personnes déportées et à réaliser leur aspiration au retour sur leurs terres ancestrales, ainsi qu’au rétablissement de la souveraineté de l’Artsakh.
Cette explication aurait été tout à fait acceptable si l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée nationale de l’Artsakh avait suivi la démission d’Achod Tanielian. Or, rien de tel n’a eu lieu depuis près d’un mois. Mais plus encore, la presse a révélé qu’aucun des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale de l’Artsakh n’avait de candidat pour ce poste de président.
La situation est donc désormais dans une impasse et il est évident que le processus initié à Stepanakert en 2023 visant à la dissolution du Haut-Karabakh touche à sa fin, privant ainsi les populations déportées de leur droit à avoir des représentants élus.
La logique politique suggère que si l’opposition avait remporté les élections en Arménie, Achod Tanielian serait resté en fonction. Autrement dit, l’Assemblée nationale d’Artsakh est de facto dissoute, vraisemblablement pour « rendre service » aux forces qui ont été vaincues.
On peut donc en conclure que le décret de dissolution du Haut-Karabakh avait été signé conformément à cette même logique.
