État des lieux suite aux élections du CCAF
L’élection de l’Assemblée des Particuliers du CCAF a eu lieu. Le résultat est triste, notamment le taux de participation de 0,32%, qui représente 1587 voix sur 500 000, si l’on estime la communauté arméno-française à ce nombre.
Les raisons de la faiblesse de cette participation sont profondes : elles s’expliquent par des décennies de désorganisation, d’indifférence et d’absence de programmes réfléchis. Le CCAF, organe représentatif, n’a pas eu, depuis sa création, de siège social indépendant, ni de capital, ni de budget annuel, ni de directeur exécutif, ni de programme culturel, ni de programme éducatif… Il n’a pas non plus fait de promotion pour encourager les associations arméniennes ne faisant pas partie du CCAF à adhérer, afin de renforcer son niveau de représentativité.
La faiblesse du résultat est également liée à la réforme des statuts du CCAF. La réforme a été effectuée sans consulter les associations arméniennes, sans débat public. Surtout lorsque l’on considère que ces élections concernaient les Individus, il n’y a eu aucun contact avec la société arménienne, aucun sondage pour prendre en compte son opinion et ses souhaits.
Quant aux résultats, il était déjà clair dès le départ que la liste «Unis pour l’Arménie» gagnerait ces élections, ses dirigeants ayant assumé la coprésidence du CCAF et comprenant les présidents des deux plus grandes organisations de France, la FRA et l’UGAB. Ce qui est surprenant, c’est qu’ils n’aient obtenu que 989 voix sur 1587. C’est là un autre indicateur important et regrettable : les membres des plus grandes organisations de la communauté arméno-française se sont montrés indifférents aux élections organisées par leurs dirigeants, à leurs appels à participer et à soutenir les programmes qu’ils présentaient.
En tout cas, les coprésidents sont satisfaits des résultats, ils ont obtenu la majorité, ce qui renforce leur position au sein du Conseil National du CCAF ; ils dominaient déjà l’Assemblée des Organisations, s’y est ajoutée celle des Individus.
La principale nouveauté de ces élections était la proposition par les listes de programmes d’actions, ce qui n’existait pas auparavant. Quant à savoir dans quelle mesure leur contenu est convaincant, pratique, réalisable, l’avenir le montrera.
En ce qui concerne le groupe «Rassembler, construire, transmettre», bien qu’il soit minoritaire, l’espoir est grand que cette première étape démocratique ouvre la porte à l’avenir à une plus grande avancée, comme le note le communiqué diffusé par ses responsables :
« Forts du mandat qui nous a été confié, nous entendons porter au sein du Conseil National du CCAF la voix du renouvellement que nous avons amorcée ces dernières semaines. Dans ce cadre, nous attachons une attention particulière à la mise en place d’une gouvernance modernisée, fondée sur la transparence et les bonnes pratiques reconnues dans les grandes organisations ».
Parmi les faiblesses de ces élections, il faut également ajouter celle de la candidature de deux listes seulement. Une communauté estimée à 500 000 personnes possède certainement des groupes ayant des intérêts différents, des orientations et des colorations politiques diverses. Le fait que d’autres listes électorales ne se soient pas constituées est un signe de défiance, de manque d’intérêt et peut-être aussi de confiance.
Il faut enfin souligner la grande nouveauté de ces élections, laquelle est louable : la création et le fonctionnement de la Commission électorale. Un pas significatif dans l’adoption d’une pratique démocratique.
J. Tch.■
