Konstantin Zatouline appelle à ne pas reconnaître les résultats des élections si…
« Si Nikol Pachinian remporte les prochaines élections, la Russie ne devrait pas en reconnaître officiellement les résultats »
Si Nikol Pachinian sort victorieux des élections législatives à venir, la Russie ne devrait pas en reconnaître officiellement les résultats. C’est ce qu’a déclaré à l’agence de presse NSN Konstantin Zatouline, vice-président de la commission de la Douma d’État russe chargée de la CEI.
« Le Premier ministre arménien n’a jamais dissimulé ses positions anti-russes, et la tendance à la rupture totale des relations entre la République d’Arménie et la Russie se poursuivra inévitablement en cas de réélection. Par conséquent, s’il est élu, la Russie ne devrait tout simplement pas reconnaître officiellement l’issue du scrutin », a affirmé M. Zatouline.
« Il est l’ennemi inconditionnel de la Russie »
Selon le responsable politique russe, M. Pachinian est un ennemi déclaré de la Russie, qui, une fois arrivé au pouvoir, s’est vu contraint de masquer ses véritables intentions pendant un certain temps.
« Nous nous sommes bercés d’illusions en croyant qu’il s’adapterait, qu’il se prendrait au jeu et qu’il ne s’éloignerait pas. Mais il s’est servi de nous. Pourtant, il ne cachait nullement ses opinions avant même de devenir Premier ministre », a-t-il expliqué, ajoutant : « Il écrivait qu’il fallait s’affranchir de tout le passé, de la Russie, se retirer de l’OTSC ainsi que de l’Union eurasiatique, et démanteler notre base militaire de Gyumri. C’était de la pure folie de notre part de penser qu’en accédant au pouvoir, il basculerait subitement dans notre camp ou oublierait ses convictions. »
Pour lui, Nikol Pachinian a fait preuve d’une totale cohérence dans sa démarche : « Incontestablement, il est rusé. Il n’était donc pas tenu de clamer tout cela haut et fort, surtout lors de ses rencontres avec Poutine au Kremlin. Mais aujourd’hui, il a jeté le masque. Les masques sont tombés en 2022, lorsque nous sommes entrés en confrontation avec cet Occident vers lequel il tend. Dès lors, il a commencé à mettre en œuvre sa ligne politique de manière de plus en plus éhontée et à grande échelle. Et son entourage n’éprouve d’ailleurs aucune gêne à afficher cette orientation. »
Konstantin Zatouline s’est également inquiété du fait que les agissements de l’équipe au pouvoir mènent les peuples russe et arménien droit vers une confrontation, ce qui détériorera les relations bien au-delà de la seule sphère politique.
Pour rappel, Nikol Pachinian avait précédemment accueilli à Erevan Volodymyr Zelensky ainsi que des dirigeants européens. Le conseiller du président russe, Iouri Ouchakov, avait alors souligné que les autorités arméniennes cherchaient à jouer sur les deux tableaux, une attitude qui, selon lui, impacte négativement les relations bilatérales avec la Russie. M. Zatouline reste persuadé que, le chef du gouvernement arménien n’ayant jamais occulté ses penchants anti-russes et restant fidèle à sa politique, il est vain d’espérer le voir faire un choix en faveur de Moscou.
