Vatican : Le Catholicos Aram Ier conférencier sur les défis des Églises d’Orient
Dans le cadre de sa visite officielle et à l’invitation des directions des universités pontificales Grégorienne et Orientale, Sa Sainteté le Catholicos Aram Ier a tenu, le mardi 19 mai au Vatican, une conférence publique intitulée « Les défis auxquels sont confrontées les Églises du Moyen-Orient ». Lors de cet événement – sa quatrième intervention au sein de cette institution – étaient présents des universitaires, des ambassadeurs, des dignitaires religieux et des membres de sa délégation.
En préambule, Aram Ier a dressé un panorama de la situation géopolitique volatile du Moyen-Orient et des épreuves traversées par les Églises locales. Il a particulièrement insisté sur deux maux majeurs : le déni des droits civiques des communautés chrétiennes dans leurs pays respectifs (à l’exception du Liban) et l’hémorragie migratoire des chrétiens fuyant la région. Face à ces menaces existentielles, le Souverain Pontife a appelé la chrétienté orientale à adopter une stratégie claire, pragmatique et adaptée aux nouvelles réalités géopolitiques.

Le Catholicos a ainsi décliné sa vision en sept axes fondamentaux : l’enracinement dans les pays de résidence, la revitalisation de la vie communautaire, l’interdépendance des identités religieuse et nationale, la redéfinition du concept de minorité, le passage du simple dialogue islamo-chrétien à une coopération concrète, l’abandon d’une posture passive pour devenir un acteur engagé, et enfin, le refus de l’auto-isolement au profit d’une pleine participation à la vie de la société.

Dans la seconde partie de son allocution, le Catholicos s’est concentré sur les relations inter-ecclésiastiques, érigeant en priorité la consolidation de la coopération et la recherche de terrains d’entente. Il a notamment souligné l’urgence de fixer une date commune pour la célébration de Pâques et de repenser la mission éducative des Églises.
Pour conclure, Aram Ier a lancé une série d’appels : aux Églises du Moyen-Orient pour qu’elles approfondissent leurs liens et redynamisent leur relation avec les fidèles ; aux dirigeants de la région pour qu’ils garantissent à leurs citoyens chrétiens une participation effective à la vie nationale ; aux pays occidentaux pour qu’ils traduisent leur solidarité en actes concrets ; et aux diasporas pour qu’elles soutiennent activement leurs Églises mères et leurs patries d’origine. La conférence s’est achevée par un dîner offert en son honneur par la direction de l’université.
