Des jeunes à la conquête de la présidence du CCAF
Entretien avec les chefs de file de la liste « Rassembler, construire et transmettre » : Aurélie Deyirmendjian et François Devedjian
À l’occasion de l’élection des représentants des particuliers du CCAF
Le CCAF — Conseil de coordination des organisations arméniennes de France — après des années de tergiversations, a enfin consenti à intégrer dans sa structure de gouvernance un nombre limité de Particuliers pour siéger au Conseil national du CCAF aux côtés des représentants des organisations, et des élections ont été fixées.
Pour prendre part à ce scrutin, un premier groupe de sept personnes s’est constitué, composé de François Devedjian, Aurélie Deyirmendjian, Alain Navarra-Navassartian, Arsène Mekinian, Christel Dekermandjian, Sophie Samour-Cachian et Léna Jabourian. Les élections se dérouleront du 6 au 8 février de cette année.
Une seconde liste s’est également constituée sous la conduite des actuels dirigeants du CCAF, Ara Toranian et Mourad Papazian ; composée de 15 membres, elle s’intitule « Unis pour l’Arménie ».
Des rumeurs ont circulé sur les réseaux sociaux quant à l’invalidité de cette seconde liste. En effet, selon l’article 7-1-C des statuts, les présidents en exercice, élus représentants des associations des CCAF régionaux, ne peuvent participer simultanément aux élections des Particuliers.
« Aucun Conseiller national désigné par un CCAF régional ne peut faire acte de candidature au Conseil national au sein du collège des Particuliers », stipule ledit article.
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Bonjour, Aurélie Deyirmendjian, ingénieure et François Devedjian, avocat
NH – Nous allons avoir un entretien concernant les élections des représentants des particuliers du CCAF. Vous avez formé la liste « rassembler, construire et transmettre » pour ces élections. Une autre liste concurrente s’est formée sous l’appellation « Unis pour l’Arménie » qui a pour motto « fédérer, défendre et rayonner ».
Ma première question serait, pourquoi êtes-vous engagé à participer aux élections des représentants du Collège des particuliers ?
FD – Bonjour, merci d’abord de nous recevoir. La raison est d’abord personnelle. Nous avons des parcours qui sont assez différents mais en réalité nos engagements pour l’Arménie sont profonds et viennent de loin. L’un comme l’autre et comme toutes les personnes qui participent à notre liste. Nous avons eu le sentiment que depuis la guerre de 2020 en particulier, il y a un nouveau paradigme dans la relation diasporique et dans la relation arménienne. Il y a un besoin de changement. C’est à ce besoin de changement que nous avons souhaité répondre, non pas pour balayer le passé comme s’il n’existait pas mais pour construire quelque chose de plus moderne et de plus tourné vers l’avenir. L’avenir de notre diaspora ne peut pas seulement être la continuation des combats d’hier, même s’ils restent nécessaires.
AD – Ma raison est également très personnelle. Depuis que je suis toute petite, j’ai grandi dans différentes associations arméniennes. J’ai eu quelques responsabilités, notamment quand j’étais étudiante ou jeune professionnelle. Ce qui guide mon engagement aujourd’hui, c’est l’envie de passer à une nouvelle échelle et d’arriver à mieux structurer le paysage associatif arménien en France. C’est aussi de porter un discours complémentaire de celui qui est porté aujourd’hui par le CCAF. Parce que je suis intimement convaincue que la Diaspora arménienne en France et ses amis ont également d’autres éléments de préoccupation et en tout cas d’autres axes de travail que ceux qui sont portés aujourd’hui par la voix du CCAF.
NH – Vous avez choisi pour motto : « rassembler, construire et transmettre ». C’est un beau programme. Mais les questions fusent, rassembler qui ? Alors, construire quoi ? Quel héritage transmettre ?
FD – C’est un programme ambitieux, effectivement. D’abord, ces trois concepts nous semblent importants et complémentaires. Rassembler, car aujourd’hui, au-delà des divisions qui peuvent exister, il y a en France beaucoup de personnes d’origine arménienne ou liées à l’Arménie qui ne sont pas impliquées dans des associations ou dans le soutien à l’Arménie. Ces personnes pourraient l’être et ne sont pas forcément hostiles à l’être. Elles ont d’abord besoin d’une nouvelle forme d’expression. Il faut les rassembler au sein de la maison CCAF qui a besoin d’être davantage institutionnalisée. C’est d’abord cette construction-là qui me vient à l’esprit. Et puis transmettre parce que nos parents nous ont transmis, nous devons transmettre à nos enfants. La transmission est un élément fondamental. Je vais vous faire une confidence personnelle. Mon engagement pour l’Arménie, il est aussi beaucoup lié à la mort de mon père, qui toute sa vie a eu un engagement pour l’Arménie. Quand il est mort, mes frères et moi, chacun à notre façon, nous sommes levés pour occuper cette place que mon père occupait dans la famille. C’est à notre tour d’apporter notre pierre à l’édifice. Transmettre, c’est aussi ça. J’espère que, lorsque l’heure arrivera – pas tout de suite – nos enfants seront là pour se lever à leur tour et transmettre à leurs enfants. Cette transmission est essentielle et nous la portons tous.
AD – En complément de ce que dit François, derrière chaque mot, il y a une intention et il y a des idées d’action. Derrière le mot « rassembler », il y a les valeurs qui nous guideront dans l’exercice de notre mandat : travailler et rassembler toutes les sensibilités dans le respect de chacun pour que le CCAF passe d’un conseil de coordination à un vrai conseil de représentation, large, qui va au-delà de clivages qui peuvent être partisans. Ce qui nous guide, c’est le bien commun, ce qui bénéficie à l’arménité. Derrière ce sujet de rassemblement, on a en tête des actions pour fédérer les associations arméniennes de France, développer la présence du CCAF dans toutes les régions de France, restaurer la confiance et le dialogue avec les institutions arméniennes. C’est très important de dire que nous souhaitons un dialogue transpartisan. Transpartisan signifie que quel que soit le gouvernement en place, son courant politique, nous voulons avoir un dialogue constructif. De la même manière qu’en France il y a un dialogue avec les institutions française, quel que soit le parti au pouvoir, il doit y avoir un dialogue avec les institutions arméniennes. Ce dialogue, mené sans ingérence dans la vie politique arménienne, nous semble essentiel. Un autre point de rassemblement qui me tient à cœur, est que le CCAF doit mieux jouer son rôle de catalyseur pour permettre à l’ensemble du tissu associatif arménien de poursuivre ses formidables actions dans tous ses domaines : éducatifs, sportifs, culturels, économiques, de santé mais aussi de spiritualité, en lien avec les églises et avec la jeunesse, etc. Voilà aussi ce que l’on met dans le terme rassembler, avec pour objectif d’être plus fort. Nous n’avons plus le luxe que chacun agisse isolement dans son pré carré et travaille sans prendre en considération les autres. Il faut vraiment rassembler à cet effet-là.
En matière de construction, il est un point qui compte beaucoup pour nous, en plus de ceux de l’organisation et de la gouvernance du CCAF dont parlait François : la refonte de la Charte du CCAF. Nous trouvons que la Charte actuelle est un texte polémique, politique, qui rassemble par la peur, par l’opposition, par le combat. Nous souhaitons apporter une vision plus positive et tournée vers l’avenir de l’Arménie et de sa Diaspora. La Charte doit être plus universelle. Enfin, nous souhaitons mettre en place d’autres actions très opérationnelles, en lien avec les institutions françaises et arméniennes pour faire en sorte que le CCAF soit un acteur institutionnel reconnu et apprécié, tant en France qu’en Europe.
La transmission enfin. Notre objectif est ici d’assurer la continuité, la mémoire, l’avenir en impliquant les générations tant présentes que futures. La réussite de cet objectif passe par l’impulsion d’une culture d’innovation au sein de la Diaspora. Il faut certes valoriser notre histoire, notre mémoire et notre culture arménienne mais aussi préparer la culture et l’arménité de demain. Cette culture vivante et active doit être valorisée et d’abord identifiée et diffusée. Des solutions existent, elles doivent être renforcées, appuyées et incitées. Nous devons également travailler sur l’offre de cours de langue arménienne dans les écoles et les collèges français : découverte, initiation, approfondissement. La transmission c’est enfin aussi accompagner et former notre jeunesse, notamment pour identifier et préparer les futurs dirigeants du CCAF. C’est en impliquant les jeunes, en leur donnant des responsabilités sur des projets innovants que se construisent les leaders de demain. Bien entendu, la transmission n’est pas exclusive des sujets relatifs à l’information, à la lutte contre le négationnisme et à la diffusion d’une information sérieuse et professionnelle sur l’Arménie.
NH – Merci pour ces précisions. Beaucoup s’interroge sur l’état actuel du CCAF, comme certaines associations membres ont quitté ce dernier. Et puis, ils se posent la question légitime de savoir : est-ce qu’il serait en crise et que cette élection viendrait d’une manière sauver le naufrage du bateau ? Est-ce que la réforme qui se veut démocratique et représentative, afin de renforcer son action et élargir sa base, moderniser son fonctionnement, pourrait le redynamiser ?
FD – C’est en tout cas l’objectif de cette réforme. Ce qui est clair, c’est que depuis 20 ans, le CCAF ne s’est pas réformé. Or, la réforme fait partie de tout corps vivant. Ce n’est pas à des Français qu’on va expliquer la nécessité des réformes constitutionnelles, il y en a eu plus de 25 depuis 1958 ! La réforme est un élément clé de la vie démocratique. La réforme du CCAF est évidemment insuffisante, mais c’est un premier pas. Je pense que la grande victoire de cette réforme, ce n’est pas ce qu’elle porte en elle-même, c’est le fait de pouvoir dire, on peut améliorer les choses, et on peut y aller étape par étape. C’est une première étape, elle est largement insuffisante à nos yeux, mais elle dit à chacun : « venez et participez ». Ce n’est pas en restant chacun dans son canapé et en ne s’impliquant pas tant que la réforme soit parfaite, qu’elle sera parfaite. Si vous voulez améliorer les choses, adhérez, votez, participez. C’est un mécanisme certainement frustrant mais c’est le seul qui permet aux réformes de se réaliser non pas pour les uns et contre les autres mais ensemble.
NH – Etant donné le nombre limité de représentants du collège des Particuliers dans le Conseil national, entre le quart et le tiers des élus, pensez-vous qu’en cas de victoire de votre équipe, elle aura les moyens de diriger ou bien d’agir sur les décisions ou d’avoir une action précise sur les décisions du Bureau National ?
FD – Si nous pensions que nous n’avions pas la possibilité de faire bouger les choses, nous ne nous engagerions pas. Ça, c’est quand même le principe de base. Après, il y a l’esprit et il y a la loi. Quand on regarde le texte de la réforme, effectivement, même si on faisait la totalité des suffrages, on restera minoritaire au Conseil national, qui est contrôlé par les associations. C’était une des conditions de la réforme. L’esprit de la réforme c’est d’apporter des têtes nouvelles. Je pense qu’Aurélie, moi et l’ensemble des membres de notre liste apportons du renouveau, une certaine jeunesse mais aussi de la parité qui n’est malheureusement pas toujours présente au sein de notre Diaspora. Selon nous, l’esprit de la réforme est que la liste arrivée en tête obtienne la présidence du CCAF à l’issue des élections. En tout état de cause, nous la revendiquerons si nous gagnons. Dans ces conditions, oui, nous aurons les moyens peut-être pas de tout faire, mais en tout cas de faire des choses.
AD – Sachant que tout ne peut pas se faire facilement et du jour au lendemain. Cela va nécessiter un dialogue, d’apprendre à se connaître, que les associations acceptent les personnes physiques au sein du Conseil national. Cela implique aussi de s’accorder sur les lignes directrices que nous voulons pour l’institution qu’est le CCAF. L’institution ne pourra réussir que si tout le monde y met du sien et que cessent les querelles d’égos. Encore, je reviens à ce que je disais tout à l’heure, on se met vraiment dans cet objectif du bien commun, et le bien commun c’est celui des diasporas arméniennes de France avec l’ensemble de leurs enjeux étroitement liés, bien entendu, avec l’Arménie.
NH – L’autre liste « Unis pour l’Arménie » comporte certains dirigeants du CCAF actuels, qui sont encore en fonction, et des personnes qui sont à la tête de grandes structures de la communauté arménienne FRA Tachnagtsoutioun, l’UGAB… Ce qui veut dire qu’ils ont aussi un nombre d’électeurs qui sont acquis à leur cause. Sur quelle base électorale vous comptez pour gagner ces élections ?
FD – Tous les autres. Ça fait du monde ! Je plaisante. Mais c’est vraiment ça. Leur base est les associations, l’histoire. C’est une base essentielle et fondamentale. L’objet de cette réforme et de ces élections est d’apporter de la nouveauté et d’apporter des gens qui, historiquement et traditionnellement, ne participaient pas au CCAF. Et donc là, on leur propose de participer à l’aune de leur envie et de leur désir. Cela représente beaucoup de gens, donc à nous de savoir les mobiliser.
NH – Et puis, ils ont aussi les médias, donc c’est aussi des canaux de diffusion de l’information et de couverture de l’ensemble des communautés. Il faut aussi des ressources.
FD – Heureusement, il y a Nor Haratch !
NH – Oui, ça en est un, mais en tout cas, est-ce que c’est suffisant ? Et puis, il faut aussi des ressources humaines et financières, pensez-vous que vous êtes bien armé pour affronter sur tous ces terrains ?
AD – Nous ne détenons pas de médias, nous ne sommes pas en poste aujourd’hui. Donc effectivement, il y a un déséquilibre dans les moyens. L’enjeu est toutefois moins les moyens d’aujourd’hui que ceux que nous pourrons avoir demain, notamment par la mise en commun des moyens qui sont disponibles au sein du tissu associatif arménien et, plus largement, au sein de la diaspora arménienne, pour nous permettre de mettre en place les actions. Alors, pour cette campagne, c’est vrai qu’on est déjà le 14 janvier, les inscriptions sur les listes d’électeurs seront closes le 31 janvier au soir, les élections auront lieu du 6 au 8 février. C’est extrêmement rapide, avec des moyens assez limités. Nous espérons beaucoup que le bouche-à-oreille fonctionne. On est à la disposition de tous et s’il y a des questions, nous y répondons avec nos moyens. Nous tiendrons des réunions publiques en région parisienne, à Lyon et à Marseille et nous espérons pouvoir organiser un Zoom plus large pour présenter notre programme et les trois axes dont je parlais tout à l’heure. Voilà, en aussi peu de temps, on ne peut pas faire beaucoup plus.
NH – Et comment vous réagissez à la présence de personnalités politiques françaises, d’anciens élus dans la liste concurrente, comme François Rochebloine ou René Rouquet, ou même le représentant de la République du Haut-Karabakh ?
FD – Il s’agit de deux cas différents. Les hommes politiques français sont évidemment des amis de l’Arménie et de la cause arménienne sans aucune discussion possible. Ils ont leur histoire et leur engagement derrière eux. Ils sont aussi d’une génération dont le temps de l’action est passé. Ils sont certainement présents sur cette liste par fidélité. De notre côté, nous nous projetons vers l’avenir. Notre liste se veut jeune et dynamique, paritaire. Elle n’essaye pas simplement de rameuter tous ceux qui depuis 20 ans sont déjà identifiés comme militants de la cause arménienne.
Le cas d’Hovhannès Guévorkian est un peu différent. D’abord, c’est un ami et une personne que j’estime beaucoup. Nous partageons évidemment la même ambition et le même intérêt pour l’Artsakh. Je pense que c’est plus à lui qu’il faudrait poser la question de son engagement sur la liste de nos concurrents. Mais je n’ai aucun doute, quel que soit le résultat de l’élection, que comme nous avons travaillé ensemble par le passé, nous travaillerons ensemble dans l’avenir. Avec Hovhannès comme avec l’ensemble des membres de l’autre liste.
NH – Alors maintenant si on considère le nombre d’inscrits et puis l’absentéisme, pour vous, pour la réussite de cette élection, quel serait le nombre minimal d’inscrits pour que ces élections soient réputées représentatives. C’est un premier essai, on le sait bien, mais c’est important ?
FD – Le plus grand nombre sera mieux et le chiffre à la fin sera sans doute décevant. Mais ce n’est pas ce qui est important. S’il sera décevant dans l’absolu, il sera aussi un encouragement pour le futur. Nous y verrons une promesse, quel que soit le chiffre. Je n’ai aucune idée de ce que sera ce chiffre. J’aimerais vous dire, il va être élevé, mais je n’en sais rien.
AD – Considérant une hypothèse basse de 500 000 personnes d’origine arménienne en France, je pense qu’on sera très loin d’atteindre des niveaux de représentativité par rapport à ce chiffre-là. En France, il n’est pas possible de faire de statistiques sur les origines ethniques des personnes. Il est donc impossible de connaitre notre base de travail ! C’est donc très compliqué de se prononcer. Je partage vraiment ce que François a dit. C’est une première étape et forcément, elle sera déceptive. Mais en même temps, je pense que ce sera la première fois qu’au sein de la Diaspora arménienne de France, autant de personnes physiques se seront mobilisées pour participer au choix qui donne la voix pour une instance de représentation de la Diaspora arménienne de France. Rien que ça, ce sera une victoire.
NH – Vous avez déjà évoqué votre position vis-à-vis de l’État arménien, étant donné qu’actuellement le CCAF là aussi, a quelques problèmes de communication avec l’État arménien. Quelle serait votre position vis-à-vis de l’État arménien et vis-à-vis de la politique du gouvernement arménien ?
FD – Je crois qu’Aurélie l’a très bien dit tout à l’heure. le CCAF a une position transpartisane en France, qui va de la droite à la gauche, et pour seule boussole le respect des valeurs de la République. Nous ne voyons pas pourquoi il en serait autrement pour l’Arménie. Le CCAF discutait avec le gouvernement quand M. Sarkozy était président de la République, quand M. Hollande était président de la République, quand M. Macron est président de la République. C’est très bien comme ça. Notre position est de faire exactement la même chose avec l’Arménie et de cesser d’avoir une position qui est celle d’un des partis d’opposition au gouvernement. L’opposition au gouvernement d’Arménie dans une démocratie, c’est tout à fait légitime, elle ne nous pose aucun problème, mais elle ne peut pas être l’expression du CCAF qui doit rassembler tout le monde.
NH – Et puis finalement, accepteriez-vous d’avoir un débat public face à face. Avec le chef de file de la liste électorale concurrente « Unis pour l’Arménie » ?
FD – Je vous confirme qu’un débat aura lieu sur Ayp-FM. Il sera enregistré vendredi et diffusé samedi. Malheureusement Aurélie ne pourra pas joindre à nous, mais j’y serai présent avec Alain Navarra-Navassartian face à Ara Toranian et Mourad Papazian.
NH – Très bien. Merci pour cet entretien. Merci à vous. Je vous souhaite de bonnes élections, la réussite dans votre action.
